Oliviero Toscani choque à nouveau le monde des médias. Le photographe des campagnes publicitaires de Benetton suscite une vive polémique. Son calendrier publicitaire met en scène une douzaine de sexes féminins en gros plan. Cette provocation soulève une question essentielle sur la véritable valeur artistique de sa démarche. Le créateur franchit-il la ligne entre l’art révolutionnaire et le simple coup marketing ?
Le retour fracassant du maître du scandale médiatique
Le photographe italien n’en est pas à son premier coup d’éclat publicitaire. Le grand public se souvient de ses clichés marquants pour la marque Benetton. Il avait notamment photographié un homme mourant du Sida entouré de sa famille. Ses images de couples homosexuels s’embrassant fougueusement avaient également marqué les esprits. En 2007, il exposait le corps nu d’Isabelle Caro pour dénoncer les ravages de l’anorexie. Avec ce nouveau calendrier de pubis féminins, l’artiste réussit son opération de communication globale. Les médias s’emparent immédiatement du sujet et créent le buzz attendu.
Une provocation artistique loin d’être une nouveauté historique
La démarche graphique de l’artiste manque pourtant cruellement de nouveauté. Le monde de l’art a déjà exploré cette thématique intime depuis très longtemps. Le peintre Gustave Courbet avait choqué le XIXe siècle avec son tableau majeur nommé L’Origine du monde. Cette œuvre de 1866 possédait une portée politique autrement plus révolutionnaire. Plus tard, le spécialiste Gérard Zwang publiait son Atlas du sexe féminin en 1967. Le photographe niçois Henri Maccheroni a également capturé près de 2 000 sexes de femmes en noir et blanc. Cette série intime s’intitulait sobrement Vulves. La revue artistique Cargo avait d’ailleurs publié une dizaine de ces clichés historiques.
La réduction du corps féminin en simple objet commercial
La démarche de l’ancien photographe de Benetton ne s’inscrit pas dans cette lignée artistique. Son projet actuel fait la promotion de l’Association Italienne des Artisans du Cuir. Le photographe ne cherche pas à sublimer le corps de la femme. Il choisit au contraire de le soustraire et de le réduire à un simple objet de consommation. Cette vision stéréotypée rappelle les dérives de l’art contemporain snob. Le réalisateur Jean-Michel Ribes s’en moquait d’ailleurs avec beaucoup d’humour dans son film Musée haut, Musée bas. Le cinéaste y filmait une exposition satirique de cent photographies de sexes masculins.
Maison & Objet : Un rendez-vous avec le roi de la provocation à Paris
Le public parisien pourra bientôt rencontrer ce créateur controversé. Le célèbre photographe se déplacera dans la capitale française lors du salon Maison et Objet 2011. Il partagera la scène avec le talentueux chef étoilé italien Davide Scabin. Ce cuisinier réputé dirige le fameux restaurant Combal Zero situé dans le centre d’art contemporain de Rivoli. Cette rencontre exclusive se déroulera lors de l’événement Paris des Chefs sur le site de Villepinte. Les passionnés de design et de gastronomie ont rendez-vous pour cette performance unique à seize heures.
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