{"id":5373,"date":"2025-10-13T10:03:30","date_gmt":"2025-10-13T08:03:30","guid":{"rendered":"https:\/\/great-artmag.com\/?p=5373"},"modified":"2026-03-20T14:51:51","modified_gmt":"2026-03-20T13:51:51","slug":"yayoi-kusama-a-la-fondation-beyeler-peindre-linfini-pour-ne-pas-sy-perdre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/great-artmag.com\/en\/yayoi-kusama-a-la-fondation-beyeler-peindre-linfini-pour-ne-pas-sy-perdre\/","title":{"rendered":"Yayoi Kusama \u00e0 la fondation Beyeler : &#8220;Peindre l\u2019infini pour ne pas s\u2019y perdre&#8221;"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00c0 la Fondation Beyeler, l\u2019infini se d\u00e9cline en points, en miroirs et en fleurs. Pour la premi\u00e8re fois en Suisse, une r\u00e9trospective d\u2019envergure rend hommage \u00e0 Yayoi Kusama, 96 ans, artiste japonaise dont l\u2019\u0153uvre n\u2019a cess\u00e9 d\u2019osciller entre hallucination et lucidit\u00e9, dissolution et renaissance. Jusqu&#8217;au 25 janvier 2026.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019exposition, con\u00e7ue en \u00e9troite collaboration avec l\u2019artiste et son studio, d\u00e9ploie plus de 300 \u0153uvres venues du monde entier. Elle retrace un parcours de plus de sept d\u00e9cennies, depuis les dessins fragiles de Matsumoto jusqu\u2019aux environnements monumentaux d\u2019aujourd\u2019hui, o\u00f9 le spectateur se trouve litt\u00e9ralement happ\u00e9 dans le champ visuel de l\u2019artiste. En franchissant le seuil du mus\u00e9e con\u00e7u par Renzo Piano, le visiteur entre dans une exp\u00e9rience totale : celle d\u2019une femme qui, depuis l\u2019enfance, peint pour survivre \u00e0 ses visions.<\/p>\n<p>N\u00e9e en 1929 dans une famille de p\u00e9pini\u00e9ristes, Yayoi Kusama grandit entour\u00e9e de fleurs et de semences. L\u2019univers v\u00e9g\u00e9tal devient t\u00f4t le th\u00e9\u00e2tre de ses premi\u00e8res hallucinations : les p\u00e9tales envahissent son champ de vision, se d\u00e9multiplient, se r\u00e9p\u00e8tent jusqu\u2019\u00e0 la dissolution du r\u00e9el. Cette exp\u00e9rience fondatrice \u2014 voir le monde se couvrir d\u2019un motif de fleurs et de points \u2014 n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019impr\u00e9gner son \u0153uvre. Elle raconte avoir compris, \u00e0 cet instant, que sa mission serait de \u00ab peindre l\u2019infini pour ne pas s\u2019y perdre \u00bb. Ce geste inaugural, \u00e0 la fois th\u00e9rapeutique et m\u00e9taphysique, d\u00e9finit une trajectoire singuli\u00e8re : celle d\u2019une artiste qui fait de la r\u00e9p\u00e9tition un langage, de la peur un moteur, de l\u2019art un rempart contre le chaos int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>\u00c0 la Fondation Beyeler, l\u2019exposition s\u2019ouvre sur les \u0153uvres des ann\u00e9es 1950, r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 Matsumoto puis \u00e0 Kyoto, avant son d\u00e9part pour les \u00c9tats-Unis. Ces dessins \u00e0 l\u2019encre et pastels r\u00e9v\u00e8lent un trait d\u00e9j\u00e0 obs\u00e9d\u00e9 par la prolif\u00e9ration organique : yeux, fleurs, cellules, points et filaments s\u2019entrem\u00ealent dans un d\u00e9sordre ma\u00eetris\u00e9. On y per\u00e7oit le germe de tout ce qui viendra ensuite : une exploration de la fronti\u00e8re entre microcosme et cosmos, entre mati\u00e8re et esprit. Ce sont aussi des \u0153uvres d\u2019une rare intensit\u00e9 introspective \u2014 elles traduisent l\u2019enfermement psychique d\u2019une jeune femme dans le Japon d\u2019apr\u00e8s-guerre, o\u00f9 les conventions sociales et familiales pesaient sur toute vell\u00e9it\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance f\u00e9minine. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette oppression que Kusama choisira de fuir. En 1955, elle \u00e9crit \u00e0 Georgia O\u2019Keeffe, qu\u2019elle admire sans la conna\u00eetre, pour lui demander conseil : \u00ab Comment cr\u00e9er librement ? Comment exister comme femme artiste ? \u00bb. Yayoi Kusama arrive \u00e0 New York en 1958, avec quelques centaines de dessins roul\u00e9s dans ses valises et une d\u00e9termination f\u00e9roce. Dans l\u2019effervescence du downtown new-yorkais, elle se confronte \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration de Donald Judd, Claes Oldenburg ou Andy Warhol.<\/p>\n<p>Sans s\u2019y fondre, Yayoi Kusama invente un territoire parall\u00e8le : celui d\u2019une abstraction obsessionnelle, r\u00e9p\u00e9titive, qui fr\u00f4le la transe. Ses <em>Infinity Nets<\/em>, peintures blanches de grand format r\u00e9alis\u00e9es entre 1958 et 1961, constituent un tournant. Ces toiles couvertes d\u2019un r\u00e9seau ininterrompu de petites mailles peintes \u00e0 la main semblent flotter entre surface et profondeur. Leur neutralit\u00e9 apparente dissimule un geste compulsif, presque rituel, que l\u2019artiste d\u00e9crira comme une mani\u00e8re de \u00ab mesurer l\u2019infini \u00e0 partir de soi \u00bb. \u00c0 travers ces trames, Kusama cherche \u00e0 se dissoudre, \u00e0 effacer le moi dans la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Yayoi Kusama peint non pas des formes, mais l\u2019exp\u00e9rience de leur disparition \u00bb<br \/>\nDonald Judd<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 partir de 1961, Yayoi Kusama\u00a0recouvre des objets de tissus rembourr\u00e9s, cr\u00e9ant les premi\u00e8res <em>Accumulation Sculptures<\/em>. Fauteuils, valises, chaussures ou canots sont envahis de formes phalliques blanches cousues main. Ce qui pourrait passer pour un jeu formel est en r\u00e9alit\u00e9 une catharsis. Kusama y exorcise ses peurs, son d\u00e9go\u00fbt du sexe masculin, tout en interrogeant le rapport au corps et au pouvoir. Elle transforme la banalit\u00e9 domestique en th\u00e9\u00e2tre du d\u00e9sir et de la r\u00e9pulsion. En 1963, avec <em>Aggregation: One Thousand Boats Show<\/em>, elle pousse cette logique \u00e0 l\u2019extr\u00eame : un canot couvert de protub\u00e9rances blanches est plac\u00e9 devant une photographie d\u00e9multipli\u00e9e du m\u00eame objet couvrant les murs de la galerie. Le spectateur se trouve pris dans une boucle optique o\u00f9 l\u2019objet devient image de lui-m\u00eame, dans une prolif\u00e9ration sans fin. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019art immersif. Deux ans plus tard, <em>Infinity Mirror Room \u2013 Phalli\u2019s Field<\/em> (1965) marque un basculement. Pour la premi\u00e8re fois, Kusama cr\u00e9e une pi\u00e8ce enti\u00e8rement tapiss\u00e9e de miroirs o\u00f9 le sol est jonch\u00e9 de formes phalliques rouges et blanches. Cette \u0153uvre condense l\u2019essence de son langage : la fusion du corps et de l\u2019espace, de l\u2019intime et du cosmique.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1960, dans le <em>Self-Obliteration Show<\/em>, elle peint les corps nus de participants de pois color\u00e9s, effa\u00e7ant leur individualit\u00e9 dans une communion sensorielle. Ses actions sont \u00e0 la fois subversives et mystiques : il s\u2019agit d\u2019abolir les fronti\u00e8res entre soi et le monde. L\u2019exposition de la Fondation Beyeler reconstitue avec pr\u00e9cision ce parcours, tout en r\u00e9v\u00e9lant les continuit\u00e9s souterraines entre les \u00e9poques. Apr\u00e8s New York, Yayoi Kusama rentre au Japon en 1973, \u00e9puis\u00e9e par la fr\u00e9n\u00e9sie occidentale et ses propres d\u00e9mons. Elle s\u2019installe volontairement dans un h\u00f4pital psychiatrique \u00e0 Tokyo, o\u00f9 elle vit toujours, continuant \u00e0 travailler chaque jour dans un atelier voisin. Ce choix, souvent romanc\u00e9, n\u2019a rien d\u2019un retrait : il t\u00e9moigne d\u2019une lucidit\u00e9 extr\u00eame. Kusama ne fuit pas le monde ; elle le reconstruit de l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Yayoi Kusama repr\u00e9sente le Japon \u00e0 la Biennale de Venise en 1993, installe ses citrouilles monumentales et multiplie les <em>Mirror Rooms<\/em>. <em>Ses Pumpkins<\/em>, jaunes et noires, deviennent des ic\u00f4nes de r\u00e9silience : formes rondes et g\u00e9n\u00e9reuses, elles incarnent la fertilit\u00e9, la patience et la lumi\u00e8re. Dans les ann\u00e9es 1990 et 2000, elle transpose ses motifs sur des structures gonflables et des environnements lumineux o\u00f9 le visiteur se perd dans un bain de couleur et de reflets. Ces espaces, \u00e0 la fronti\u00e8re du r\u00eave et du design, ont contribu\u00e9 \u00e0 la popularit\u00e9 mondiale de Kusama, parfois jusqu\u2019\u00e0 la caricature. Les files d\u2019attente pour p\u00e9n\u00e9trer dans une <em>Infinity Room<\/em> ont souvent transform\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience en rituel photographique, plus consum\u00e9riste que contemplatif.<\/p>\n<p>La Fondation Beyeler, avec son architecture transparente et ses murs de verre, devient un prolongement naturel de l\u2019univers de Yayoi Kusama : un lieu o\u00f9 l\u2019art, la nature et le corps humain se r\u00e9pondent. L\u2019exposition restitue l\u2019\u00e9paisseur d\u2019une vie travers\u00e9e par la maladie, la solitude et la pers\u00e9v\u00e9rance. Kusama a souvent dit que peindre \u00e9tait pour elle une \u00ab fi\u00e8vre n\u00e9e du d\u00e9sespoir \u00bb. \u00c0 travers la r\u00e9p\u00e9tition des points et des filets, elle a b\u00e2ti un monde o\u00f9 le chaos devient ordre, o\u00f9 la souffrance se transforme en motif. Les grandes toiles color\u00e9es de la s\u00e9rie <em>My Eternal Soul<\/em>, aux visages na\u00effs et fleurs stylis\u00e9es, marquent une forme de r\u00e9conciliation : le geste s\u2019y fait plus libre, plus joyeux, presque enfantin.\u00a0Ce qui frappe dans cette r\u00e9trospective, c\u2019est la coh\u00e9rence d\u2019un \u0153uvre pourtant multiforme. Tout chez Yayoi Kusama proc\u00e8de d\u2019une m\u00eame obsession, celle de se fondre dans le monde. Ses motifs incarnent un rapport au r\u00e9el o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment devient particule de l\u2019univers. Le point, chez elle, est \u00e0 la fois cellule, \u00e9toile et pri\u00e8re. Dans ses \u00e9crits, elle compare souvent le polka dot \u00e0 une unit\u00e9 de vie : \u00ab un seul point, une seule personne, un seul moment, mais r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019infini \u00bb. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que son art touche si directement : parce qu\u2019il parle d\u2019effacement, de renaissance et de communion, \u00e0 une \u00e9poque satur\u00e9e d\u2019individualisme.<\/p>\n<p>Sur le plan critique, l\u2019exposition \u00e9vite deux \u00e9cueils fr\u00e9quents : la f\u00e9tichisation du \u00ab ph\u00e9nom\u00e8ne Kusama \u00bb et la r\u00e9duction de son \u0153uvre \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne Instagram. Le choix sc\u00e9nographique, sobre et a\u00e9r\u00e9, refuse la spectacularisation pour privil\u00e9gier la contemplation. L\u00e0 o\u00f9 les mus\u00e9es de Londres ou de New York avaient parfois transform\u00e9 les <em>Mirror Rooms<\/em> en attractions, la Fondation Beyeler restitue leur dimension m\u00e9taphysique. Le silence y est palpable, presque sacr\u00e9. L\u2019infini n\u2019y est plus un effet optique, mais une pr\u00e9sence. En cela, l\u2019exposition r\u00e9ussit un pari rare : r\u00e9concilier la popularit\u00e9 de Kusama avec la profondeur de son \u0153uvre. Cette r\u00e9trospective consacre Yayoi Kusama non seulement comme une artiste majeure du XXe si\u00e8cle, mais comme une philosophe de la perception. Elle a transform\u00e9 le motif le plus simple en syst\u00e8me cosmique, et l\u2019espace d\u2019exposition en exp\u00e9rience existentielle. En se fondant dans les fleurs, dans les miroirs et dans la lumi\u00e8re, elle a su faire de la fragilit\u00e9 un art de vivre. Son \u0153uvre, travers\u00e9e de solitude et de joie, continue d\u2019irradier bien au-del\u00e0 des mus\u00e9es. \u00c0 Beyeler, l\u2019infini n\u2019est pas une abstraction : c\u2019est une sensation, celle d\u2019une respiration commune entre l\u2019artiste et le monde.<\/p>\n<p><iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mxA-c_oTmKY?si=dM5cPi0Ax4SUdSah\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la Fondation Beyeler, l\u2019infini se d\u00e9cline en points, en miroirs et en fleurs. Pour la premi\u00e8re fois en Suisse, une r\u00e9trospective d\u2019envergure rend hommage \u00e0 Yayoi Kusama, 96 ans, artiste japonaise dont l\u2019\u0153uvre n\u2019a cess\u00e9 d\u2019osciller entre hallucination et lucidit\u00e9, dissolution et renaissance. Jusqu&#8217;au 25 janvier 2026. 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