{"id":8949,"date":"2026-06-03T10:43:18","date_gmt":"2026-06-03T08:43:18","guid":{"rendered":"https:\/\/great-artmag.com\/?p=8949"},"modified":"2026-06-10T19:43:30","modified_gmt":"2026-06-10T17:43:30","slug":"film-bouchra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/great-artmag.com\/en\/film-bouchra\/","title":{"rendered":"Bouchra, le film d\u2019Orian Barki et Meriem Bennani"},"content":{"rendered":"<p><strong>Apr\u00e8s avoir fait sensation avec la mini-s\u00e9rie <i data-path-to-node=\"3\" data-index-in-node=\"53\">2 Lizards <\/i>(2020), le duo de r\u00e9alisatrices Orian Barki et Meriem Bennani est de retour sur grand \u00e9cran. Disponible en salles depuis le 3 juin 2026, leur long-m\u00e9trage \u00ab Bouchra \u00bb dresse le portrait d&#8217;une cin\u00e9aste de 35 ans install\u00e9e \u00e0 New York. En pleine crise existentielle et cr\u00e9ative, un simple appel de sa m\u00e8re va r\u00e9veiller ses souvenirs et bouleverser son rapport \u00e0 l&#8217;intime.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-8951 alignleft\" src=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra.jpg\" alt=\"\" width=\"240\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra.jpg 310w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-221x300.jpg 221w\" sizes=\"(max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/>Entre exil intime, \u00e9loignement familial et fractures symboliques, Bouchra explore une dizaine d\u2019ann\u00e9es de rupture sans renoncer \u00e0 la question de l\u2019attachement. Port\u00e9 par une esth\u00e9tique pop, animale et tr\u00e8s construite, le film invente un langage visuel singulier pour dire la marge, la morale, le lien \u00e0 la m\u00e8re et le d\u00e9sir de se r\u00e9inventer. En arri\u00e8re-plan, une r\u00e9sonance discr\u00e8te mais troublante avec l\u2019\u0153uvre de Nicolas de Sta\u00ebl, o\u00f9 la couleur oscille entre tentative de lien et solitude radicale, \u00e9claire autrement le parcours d\u2019une femme de 35 ans, lesbienne, qui cherche \u00e0 habiter pleinement son d\u00e9sir. Bouchra s\u2019inscrit dans un contexte o\u00f9 la question de l\u2019exil (g\u00e9ographique, familial, intime) revient avec insistance dans le cin\u00e9ma contemporain. Ici, l\u2019exil ne se r\u00e9duit pas au changement de pays : il devient aussi exil de la maison, exil de la m\u00e8re, exil de la norme h\u00e9t\u00e9rosexuelle. Le d\u00e9part ne se mesure pas seulement en kilom\u00e8tres, mais en ann\u00e9es de silence, en malentendus accumul\u00e9s, en conversations interrompues. Produit entre deux rives, entre pays d\u2019origine et pays d\u2019accueil, le film porte en lui cette tension : comment se raconter quand on vit dans l\u2019entre-deux, quand le lien avec la famille, la langue, la tradition est \u00e0 la fois vital et<br \/>\ndouloureux ?<\/p>\n<h3>Exil, m\u00e8re, homosexualit\u00e9 : une histoire de longue dur\u00e9e<\/h3>\n<p>Le r\u00e9cit se d\u00e9ploie par strates, parfois d\u00e9routantes. Bouchra refuse la ligne droite et pr\u00e9f\u00e8re les d\u00e9tours, les retours en arri\u00e8re, les glissements entre temps et espaces. Cette structure fragment\u00e9e \u00e9pouse la complexit\u00e9 des th\u00e8mes abord\u00e9s : l\u2019\u00e9loignement, la proximit\u00e9 (spatiale, temporelle, affective), la relation \u00e0 la m\u00e8re, la d\u00e9couverte et l\u2019acceptation de son homosexualit\u00e9, et le \u00ab parler vrai \u00bb face \u00e0 la morale et aux traditions. On sent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une histoire de longue dur\u00e9e : une dizaine d\u2019ann\u00e9es de rupture, de distance, de tentatives d\u2019arrachement, mais aussi de fid\u00e9lit\u00e9 souterraine au lien maternel. Cette temporalit\u00e9 \u00e9tir\u00e9e donne au film une densit\u00e9 particuli\u00e8re : l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue finit par s\u2019affranchir de la morale dominante, non pas dans un geste brutal de rejet, mais par un lent d\u00e9placement qui ouvre de nouveaux imaginaires. Ces imaginaires offrent un espace o\u00f9 chacun peut s\u2019approprier ses choix ( aimer une femme, partir, revenir ) , les assumer, et inviter les autres \u00e0 inventer leurs propres r\u00e9cits plut\u00f4t que de subir ceux qu\u2019on leur impose.<\/p>\n<h3><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-8952 alignleft\" src=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1.png\" alt=\"\" width=\"409\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1.png 1254w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-300x169.png 300w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-1024x577.png 1024w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-768x432.png 768w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-746x420.png 746w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-696x392.png 696w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-1-1068x601.png 1068w\" sizes=\"(max-width: 409px) 100vw, 409px\" \/>Un parti pris esth\u00e9tique singulier : la m\u00e9moire-placard satur\u00e9e de post-it<\/h3>\n<p>Le choix esth\u00e9tique dans Bouchra est d\u00e9terminant : le film m\u00eale r\u00e9alit\u00e9 et fiction avec une audace assum\u00e9e. Le color\u00e9 et l\u2019obscur s\u2019y c\u00f4toient, port\u00e9s par une palette de couleurs pop qui surgissent parfois comme des rappels visuels, \u00e0 la mani\u00e8re de post-it coll\u00e9s sur la m\u00e9moire. Des \u00e9changes sonores en \u00ab blue note \u00bb font irruption par touches, transpos\u00e9s visuellement en petits rectangles de couleur sur fond noir. L\u2019image \u00e9voque une m\u00e9moire satur\u00e9e d\u2019instructions et d\u2019injonctions maternelles : comme l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un placard ou d\u2019un frigo couvert de notes, o\u00f9 s\u2019entassent, p\u00eale-m\u00eale, rappels, interdits, \u00ab il faut \u00bb et \u00ab tu dois \u00bb, mais aussi d\u00e9sirs et projets d\u2019\u00e9mancipation. On a le sentiment d\u2019ouvrir ce placard et de fouiller dans un trop-plein de consignes, de souvenirs, de phrases entendues mille fois. Brouillard identitaire en \u00e9bullition, m\u00e9moire au bord de la crise de nerfs : fragments de ce qui a \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9, le d\u00e9sir lesbien, l\u2019envie de partir ou chercher une issue. \u00c0 d\u2019autres moments, l\u2019image bascule vers l\u2019obscurit\u00e9, les teintes sourdes, comme si le film lui-m\u00eame h\u00e9sitait entre d\u00e9voilement et retrait. Dans plusieurs plans-s\u00e9quences plus sombres, des touches de couleurs vives surgissent comme des signaux discrets, presque furtifs. On pense \u00e0 de v\u00e9ritables post-it coll\u00e9s sur la nuit : petits rectangles d\u2019\u00e9clat qui semblent rappeler quelque chose au personnage autant qu\u2019au spectateur. Comme les notes qu\u2019on entasse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une armoire, ces post-it de lumi\u00e8re fonctionnent comme des rappels mentaux : fragments de m\u00e9moire et de d\u00e9sir qui r\u00e9sistent au refoulement. On y devine des phrases de la m\u00e8re, des interdits appris, mais aussi des \u00e9lans pour s\u2019en affranchir.<\/p>\n<h3>Animation, cyberpunk et \u201cchaleur sonore\u201d<\/h3>\n<p>Si Bouchra touche autant, c\u2019est aussi parce l\u2019animation n\u2019y est pas seulement un voile pudique pos\u00e9 sur une histoire intime, mais l\u2019affirmation d\u2019un style \u00e0 part enti\u00e8re. L\u2019environnement visuel, volontiers cyberpunk, compose un monde humide, obscur, parfois hostile : architectures nocturnes, mati\u00e8res luisantes, corps et surfaces trait\u00e9s avec une pr\u00e9cision presque clinique. Cette froideur num\u00e9rique, assum\u00e9e, est pourtant constamment contrebalanc\u00e9e par une forme de sensualit\u00e9, des textures, et par une bande sonore. La voix de Bouchra, spontan\u00e9e, presque juv\u00e9nile, enveloppe le film. Toujours bienveillante envers sa m\u00e8re rest\u00e9e \u00e0 Casablanca, elle traverse les conversations \u00e0 distance o\u00f9 se rejoue le moment douloureux de l\u2019aveu de son homosexualit\u00e9. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre : image froide, son chaud, n\u2019est pas un simple effet : il organise la mani\u00e8re dont le film fait coexister d\u00e9stabilisation intime et d\u00e9sir de compr\u00e9hension mutuelle. On retrouve ici quelque chose de l\u2019univers d\u00e9j\u00e0 explor\u00e9 par Meriem Bennani et Orian Barki dans la s\u00e9rie 2 Lizards : un monde visuellement glac\u00e9, auditivement habit\u00e9, o\u00f9 la fragilit\u00e9 des voix vient fissurer la duret\u00e9 des d\u00e9cors. Sous ses atours de film travers\u00e9 par la tension et la rupture, Bouchra s\u2019offre ainsi comme une ode lumineuse \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019un dialogue entre g\u00e9n\u00e9rations, entre villes, entre langues, entre vies queer et cadres familiaux, depuis une place r\u00e9solument contemporaine.<\/p>\n<h3><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-8954 alignright\" src=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3.png\" alt=\"\" width=\"525\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3.png 1242w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-300x170.png 300w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-1024x579.png 1024w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-768x434.png 768w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-743x420.png 743w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-696x393.png 696w, https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/bouchra-3-1068x604.png 1068w\" sizes=\"(max-width: 525px) 100vw, 525px\" \/>Nicolas de Sta\u00ebl : couleur, attachement et solitude<\/h3>\n<p>Certaines compositions \u00e9voquent les aplats de couleurs de Nicolas de Sta\u00ebl : blocs chromatiques denses, structurants, qui organisent l\u2019\u00e9motion avant m\u00eame le r\u00e9cit. Chez de Sta\u00ebl, la couleur semble tenir debout par la seule force de son intensit\u00e9, comme si chaque surface peinte \u00e9tait un effort pour rester au monde. Mais derri\u00e8re cette vibration chromatique, la solitude progresse, jusqu\u2019au retrait radical. Le parall\u00e8le avec de Sta\u00ebl se joue moins dans la forme exacte que dans la tension int\u00e9rieure. L\u00e0 o\u00f9 de Sta\u00ebl, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9clat, finit par laisser la solitude l\u2019emporter, Bouchra tente autre chose : le film utilise la couleur comme tentative obstin\u00e9e de reconqu\u00eate du lien. Les gammes pop, les aplats vifs, les compositions presque graphiques fonctionnent comme des accroches, des points d\u2019attache au r\u00e9el, aux autres, \u00e0 soi, \u00e0 la m\u00e8re m\u00eame lorsque la parole s\u2019est rompue. On pourrait dire que de Sta\u00ebl peint l\u2019impossible apaisement de l\u2019attachement car l\u2019\u00e9cart se creuse malgr\u00e9 tous les efforts , tandis que Bouchra explore une autre hypoth\u00e8se : et si, malgr\u00e9 la rupture, malgr\u00e9 les ann\u00e9es, un autre type de lien pouvait se tisser ? Non plus un lien soumis \u00e0 la morale et aux traditions, mais un lien choisi, r\u00e9invent\u00e9, assum\u00e9.<\/p>\n<h3><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-8959 alignleft\" src=\"https:\/\/great-artmag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/images.jpg\" alt=\"\" width=\"211\" height=\"377\" \/>Une \u201cjungle \u00e9motionnelle\u201d plut\u00f4t qu\u2019une violence frontale<\/h3>\n<p>Les personnages de Bouchra sont incarn\u00e9s par des animaux. Ce choix pourrait sembler anecdotique, mais il rel\u00e8ve en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une m\u00e9taphore tr\u00e8s pr\u00e9cise. Il ne s\u2019agit pas de mettre en sc\u00e8ne une violence spectaculaire, mais une forme de \u00ab sauvagerie \u00bb familiale et \u00e9motionnelle : ce qui d\u00e9borde, ce qui \u00e9chappe au contr\u00f4le, ce qui ne trouve pas sa place dans les cadres \u00e9tablis.<br \/>\nCette faune int\u00e9rieure fait penser \u00e0 une jungle \u00e9motionnelle : rivalit\u00e9s, loyaut\u00e9s invisibles, amour et rejet m\u00eal\u00e9s, tout ce qui traverse les relations familiales lorsque l\u2019exil, la diff\u00e9rence, l\u2019homosexualit\u00e9 viennent heurter les attentes. Le film accueille cette sauvagerie au lieu de la nier. L\u00e0 o\u00f9 la morale chercherait \u00e0 la dompter, Bouchra l\u2019expose, la laisse parler, l\u2019\u00e9coute.<br \/>\nL\u2019homosexualit\u00e9 de cette femme de 35 ans traverse le film au c\u0153ur de ces enjeux. Elle n\u2019est ni pr\u00e9texte \u00e0 scandale, ni motif de victimisation. Elle appara\u00eet comme un fait de vie, une mani\u00e8re d\u2019habiter son d\u00e9sir et son corps au milieu d\u2019autres fractures : l\u2019exil g\u00e9ographique, la distance familiale, la morale int\u00e9rioris\u00e9e. \u00catre lesbienne n\u2019est ni tout ce qu\u2019elle est, ni un simple d\u00e9tail : c\u2019est une composante d\u00e9cisive de son rapport \u00e0 l\u2019attachement, au risque et \u00e0 la libert\u00e9, et de la conflictualit\u00e9 mais aussi du d\u00e9sir de lien avec la m\u00e8re.<\/p>\n<h3>Rupture, attachement et invention de soi<\/h3>\n<p>Au fond, Bouchra raconte comment on survit \u00e0 une rupture longue (ces dix ann\u00e9es de distance) sans renoncer totalement \u00e0 l\u2019attachement. L\u00e0 o\u00f9 Nicolas de Sta\u00ebl fait un choix radical, le film tente autre chose : il imagine que de la fracture peut na\u00eetre une forme nouvelle de relation, moins id\u00e9ale, moins pure, mais peut-\u00eatre plus juste.<br \/>\nEn filigrane, le film interroge notre capacit\u00e9 \u00e0 accueillir ce qui est en marge : les parcours d\u2019exil, les identit\u00e9s dissonantes, les choix de vie qui s\u2019\u00e9cartent de la trajectoire attendue. Le cadre moral y appara\u00eet tour \u00e0 tour \u00e9touffant et structurant, mais c\u2019est dans la confrontation \u00e0 ce cadre que naissent des formes nouvelles de subjectivit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 travers son langage visuel et symbolique, la jungle animale, les aplats de couleur, les post-it mentaux sur la nuit, Bouchra ne cherche pas tant \u00e0 d\u00e9noncer qu\u2019\u00e0 d\u00e9placer : d\u00e9placer le regard, d\u00e9placer la fronti\u00e8re entre le normal et l\u2019acceptable, d\u00e9placer aussi la place que chacun s\u2019autorise \u00e0 prendre dans le monde. L\u00e0 o\u00f9 Nicolas de Sta\u00ebl semble se retirer, le film, lui, tente de revenir au monde, autrement, maladroitement parfois, mais avec la conviction que l\u2019attachement, m\u00eame r\u00e9invent\u00e9, reste possible.<\/p>\n<p>Hafida Jemni Di Folco \u00a9 2026<\/p>\n<p><iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mWuaMWWNlZc?si=uVpVtnCNvUecWia4\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir fait sensation avec la mini-s\u00e9rie 2 Lizards (2020), le duo de r\u00e9alisatrices Orian Barki et Meriem Bennani est de retour sur grand \u00e9cran. Disponible en salles depuis le 3 juin 2026, leur long-m\u00e9trage \u00ab Bouchra \u00bb dresse le portrait d&#8217;une cin\u00e9aste de 35 ans install\u00e9e \u00e0 New York. 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