Le tableau Olympia d’Édouard Manet se retrouve au cœur d’une campagne de sensibilisation choc contre l’anorexie aux États-Unis. L’agence de publicité Ogilvy a choisi de modifier cette œuvre pour alerter sur les ravages des troubles du comportement alimentaire. Ce détournement publicitaire d’un chef-d’œuvre soulève un vif débat sur l’utilisation de l’art à des fins de santé publique et sur l’impact de ces images sur les personnes malades.
Le scandale artistique au service d’une cause médicale
En 1863, la nudité sensuelle de l’Olympia provoquait un immense scandale au Salon des Refusés à Paris. Aujourd’hui, les créatifs de l’agence Ogilvy utilisent cette même nudité pour susciter une réaction radicalement différente. La silhouette généreuse peinte par le maître impressionniste laisse place à un corps décharné par la maladie. L’écrivaine Marie Darrieussecq décrit cruellement cette transformation dans le magazine Beaux-Arts en expliquant que le ruban devient un garrot et que les pétales du bouquet semblent plus charnus que ce qu’il reste de chair sur le modèle. Ce contraste violent vise à provoquer une prise de conscience chez les jeunes filles touchées par ce fléau.
L’efficacité des campagnes choc en question
Selon les chiffres du ministère de la Santé, près de 40 000 personnes souffrent d’anorexie en France. Les concepteurs de la campagne espèrent que ce miroir artistique horrifiera les malades afin de déclencher un déclic thérapeutique. Cependant, de nombreux spécialistes des troubles du comportement alimentaire doutent de l’efficacité de cette méthode basée sur l’électrochoc visuel. Les détracteurs craignent que la vision de ce corps extrêmement maigre ne produise l’effet inverse en renforçant la dysmorphophobie des patientes ou en servant de modèle involontaire.
L’art doit-il soigner ou célébrer la vie ?
Ce débat interroge profondément le rôle et le statut de la création artistique dans la société. Certains observateurs regrettent la manipulation d’une œuvre pour illustrer la déchéance physique d’un personnage historique. À l’origine, le tableau de Manet constitue un vibrant appel aux sens, au désir et à l’appétit de vivre. L’utilisation d’une telle œuvre pour une campagne de prévention montre que l’art possède une force visuelle capable de bousculer les consciences.

L’anorexie est une maladie atroce qui pourrait se passer du conditionnement féminin par toutes sortes de médias. Quand les publicitaires feront déjà un effort là-dessus, un grand pas sera fait aussi.
Ca ne marchera pas, en effet tout (e) anorexique ne trouve pas la maigreur laide et cette image renvoyée ne fait que renforcer son impression de trop de grosseur.
Si une image ou une pub était thérapeutique le soin psy serait facile !
L’anorexie comme la boulimie, comme nopmbre d’addictions sont très résistantes à tous les processus et écoles de soins psy.
Il y a fot à parier que l’image ait l’effet inverse de celui souhaité
Avant de rejeter, pensez qu’ils ont au moins le mérite d’essayer, ces gens-là.
Je suis anorexiques & boulimique depuis plus de 2 ans et C’est en partie grâce à ce genre de campagne qu’aujourd’hui j’ai envie d’aller mieux.
Après chaque personne ne réagira pas de la même façon face à ce tableau mais personellement, Je trouve que c’est une excellente idée.
Quand Je sent que je rechute, Je regarde toujours la campagne “no-li-ta” (Si qqn ne connait pas tapez : no-li-ta sur google image).
Maintenant, je pourrai aussi regarder celle-ci.
L’anorexie est un suicide qui ne se dit pas. REVEILLEZ-VOUS chez une ou un anorexique, LE CHOC A DEJA EU LIEU. Alors, au lieu de vouloir les faire manger à tout prix, il faut d’abord comprendre ce qui les a amené à ne plus manger. Bien souvent le choc se trouve en période intra-utérine ou à la naissance, aux premières tétées, ou aux premiers repas, et il est réactivé par un choc, deuil, séparation, abandon, licenciement, agression, etc. Ce n’est pas la peine de les culpabiliser, elles (ils) se sentent déjà coupables de vivre. Ce genre de campagne ne donne rien, sauf donner bonne conscience à ceux qui sont impuissants autour, dont le corps médical. Je reçois des personnes qui souffrent de leur anorexie toutes le semaines. ELLES SOUFFRENT, elles ne sont pas (sauf exceptions) en mesure de retourner le processus seules. Que le corps médical essaye de comprendre, évidemment ça ne se résout pas à coup de médocs, alors…
Courage, Pomme!Ton avis est particulièrement bienvenu, car, toi, tu vis cette pathologie de l’intérieur.
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