Home IDÉES DÉBATS La France moche : faut-il en finir avec l’art des ronds-points ?

La France moche : faut-il en finir avec l’art des ronds-points ?

22
7878

La France compte plus de cinquante mille ronds-points sur son territoire. Ces carrefours circulaires structurent désormais nos paysages quotidiens et nos entrées de villes. Depuis quelques années, un débat enflammé agite les automobilistes et les urbanistes. Certains y voient une expression de l’identité locale alors que d’autres dénoncent une agression visuelle. Au cœur de cette polémique, les sculptures géantes installées sur ces îlots routiers cristallisent toutes les tensions.

Le cas Jean-Luc Plé divise les automobilistes

L’émission Complément d’enquête a récemment mis en lumière le travail de Jean-Luc Plé. Ce concepteur de cinquante ans s’est spécialisé dans l’art dit giratoire. Installé à La Rochelle, cet entrepreneur détient près de vingt pour cent de ce marché spécifique. Il sillonne la Charente-Maritime pour proposer ses services aux collectivités locales. Ses détracteurs le qualifient de démarcheur du mauvais goût et dénoncent des œuvres jugées monstrueuses. Ils citent souvent le tonneau géant d’Archiac ou la main tenant une huître à l’Éguille. Ces objets massifs transforment les entrées de communes en zones commerciales permanentes. Pour les opposants, cette production industrielle défigure durablement la France périphérique.

Des arguments économiques face à la crise esthétique

Le créateur de la société Art Giratoires possède pourtant de solides arguments de vente. Il propose ses sculptures pour des tarifs allant de vingt mille à soixante-dix mille euros. Cette somme peut sembler élevée pour un simple aménagement de voirie. Cependant, l’entrepreneur garantit des structures sans aucun entretien et sans consommation d’eau. Les plaquettes commerciales affirment même que ces produits s’avèrent plus écologiques qu’un parterre de fleurs classique. Les maires des petites communes se laissent séduire par cette promesse d’économies budgétaires à long terme. Face aux restrictions d’eau et aux coûts du personnel municipal, l’art en béton devient une solution de facilité.

Un débat culturel entre art populaire et imposture

Cette prolifération pose la question de la définition même de l’art public. Les critiques les plus virulents parlent d’une véritable imposture artistique globale. Ils estiment que ces structures nivellent le paysage français par le bas. À l’inverse, les défenseurs de ces projets revendiquent un art populaire et accessible à tous. Ces monuments colorés permettent aux touristes d’identifier immédiatement la spécialité économique d’une région. Le rond-point devient alors un outil de communication territoriale pour des villages souvent oubliés. La frontière entre la mise en valeur du patrimoine local et le ridicule reste néanmoins extrêmement mince.

22 COMMENTS

  1. Qui passe commande ? Ce sont nos élus! Les horribles, les traîtres, croient-ils disposer de notre mandat pour cela : la question est politique. Mais laissons Jean-Luc de grâce.

  2. Ai vu le reportage… le bonhomme m’a pas spécialement plu… D’un autre côté si des maires sont assez cons pour acheter un truc digne d’une sculpture de bord d’autoroute au lieu de planter des petites fleurs ou de l’herbe sèche, cet homme aurait tort de se priver !

  3. A Charleroi,on peut voir des personnages de BD très connus à certains ronds-points (patrimoine de Wallonie oblige).Evidemment ça ne ravira pas les puristes de l’art,mais comme pour les fantaisies de Jean-Luc Plé c’est l’occasion pour un père de montrer à ses mioches “regardez,les enfants,le rond-point,au milieu il est rigolo” et pas de doute,ça les ravit.
    Maintenant s’il y en a un qui veut mettre du Soulages (que je ne déteste pas) ou un autre joyeux luron/plasticien reconnu au carrefour …

  4. et bien moi je trouve cela genial, et ceux qui disent le contraire sont de mauvaise fois,et la critique et toujours plus facile voila moi je suis pour l art populaire.

  5. Les goûts et les couleurs sont propres à chacun. Alors critiquez tant que vous voulez, si cela ne vous plait pas, cette forme d’art, ou encensez-la si elle est à votre goût, mais que diable dispensez-vous d’attaquer les personnes !
    Pour ma part je trouve cela mieux que nombre de compositions florales plus ou moins bien entretenues, coûteuses et souvent pillées par tout un chacun… Et comme l’a écrit “Capitaine” ça a au moins le mérite de divertir nos chérubins, et cela permet également à nombre de communes de transmettre un message à prix modique (par rapport à une œuvre d’artiste).
    Et à toute nouvelle forme d’art il y a toujours plus de détracteurs que d’amateurs.

  6. Sans déconner, il faut pas être exigeant pour appeler ça de l’art. Moi aussi j’aime l’art populaire mais populaire ne signifie pas médiocre et dépourvu de qualités esthétiques. Les sujets sont tout droit sortis d’une vision fantasmée de la France (et plus niaise que nature) qui n’a plus cours aujourd’hui, c’est juste bon pour les touristes qui croiront y reconnaître la “french touch”. Quant à la facture, elle est digne de décors de parcs d’attractions; au moins ça fait rire les mioches… Je ne prône aucun élitisme culturel, que du contraire, mais il faut reconnaître que ce type a trouvé un filon pour vendre et il cherche juste à l’exploiter (il est loin d’être le seul, ni le pire). Il est probable qu’il croit sérieusement à son affaire puisqu’on l’y conforte mais, par pitié, défendez-vous de cette idée qui voudrait que populaire rime avec médiocrité. Comment revendiquer cela comme une nouvelle forme d’art??? Comme le dit bien Capitaine, on n’attend pas forcément du grand art au milieu d’un rond point, seulement ça se veut de l’art. Pourquoi ne pas faire des appels à projets et promouvoir de jeunes artistes régionaux qui en ont tant besoin?

  7. vous dite ! pollueur visuel déjà qui vous êtes, pour juger. Cela ne vous plais pas c’est votre droit, mais rien d’autre.Quand au jugement de nos élus, ils sont élus point si vous n’etes pas d’accord avec leurs choix présentez vous soyez élus on verra vos actes. Je connais trés bien jean luc plé, a savoir que c’est un véritable artiste que pour faire un rond point il touche pas le moindre centimes avant 45 jours aprés la livraison. et une fois qu’il a payé les études les scuplteurs les peintres les matières premieres il ne lui reste pas 10000€ pour lui mdr a juger vous etes tous fort .Jean luc plé n’est juste qu’un artiste qui essai de gagner sa vie avec ce qu’il sait faire. Regardez vous et juger vous

  8. Au rond-point? Des jardins et tout ira bien.
    Naturel,écologique,esthétique, (relativement) peu onéreux,consensuel et il ne manque pas de paysagistes capables de signer de petits bijoux.De plus rien n’interdit d’y adjoindre quelque pièce d’art.

  9. Beau ou pas, c’est à chacun d’apprécier. Le problème c’est qu’on parle d’art. Forcément çà fâche les plus exigeants. Sculpteur à mes heures je n’ai jamais revendiqué le statut d’artiste, c’est à chacun de voir. Quand on me qualifie d’artiste et qu’on apprécie mon travail, çà fait plaisir. Quand on apprécie pas, je comprend. On ne peut pas plaire à tout le monde. Le tout c’est de rester courtois! Ce monsieur essaie de vivre. Il ya pire comme arnaque!

  10. Le problème de ce type c’est qu’il se prétend “artiste plasticien” (oui oui !) alors qu’il est commercial. Tracer un trait sur une feuille blanche n’est pas le plus difficile, surtout quand une équipe d’inconnus qu’il exploite (eux sont de véritables artistes) continue derrière lui. Plé est un mythomane qui a réussi à embobiner des élus avec de bonnes bouteilles et ramasse les honneurs sans être capable de rien. Là-dessus, on peut saluer un vrai talent !

Comments are closed.