
Les visiteurs du Musée du Louvre s’arrêtent net, intrigués par une scène aussi incongrue que déroutante. Sous une nature morte du peintre flamand Frans Snyders, célèbre pour ses étals foisonnants de gibier et de poissons, une dizaine de pigeons semblent avoir élu domicile.
L’illusion est parfaite : les volatiles paraissent salir sans vergogne ce perchoir d’exception. Mais en s’approchant, le regard bascule : ces oiseaux sont en réalité des colombes en verre de Murano, délicatement façonnées puis recouvertes d’encre Bic d’un bleu profond. Les coulures figées, elles aussi en verre, imitent avec une précision troublante les traces laissées par les oiseaux, détournant les codes de la nature morte classique avec un humour corrosif.
Cette œuvre, au titre volontairement provocateur, Colombes qui chient et rats qui volent (2008), s’inscrit dans le travail de Jan Fabre, figure majeure de la scène artistique européenne. Son profil ? A la fois plasticien, chorégraphe et homme de théâtre. Invité en 2008 à dialoguer avec les collections du Louvre, l’artiste belge déploie une trentaine d’interventions en écho aux maîtres du XVIIe siècle. Chez lui, la référence n’est jamais révérencieuse mais toujours vivante. Dans son atelier d’Anvers, Bosch, van Eyck ou Rubens cohabitent sous forme de reproductions. De quoi nourrir un imaginaire où le grotesque, le sacré et le trivial se mêlent sans hiérarchie.
Le projet est porté par la commissaire Marie-Laure Bernadac. Le principe est simple : faire dialoguer un artiste vivant avec les chefs-d’œuvre du passé. Mais ici, le dispositif dépasse la juxtaposition pour atteindre une véritable tension esthétique. Les œuvres de Jan Fabre introduisent un trouble, une friction, parfois un malaise, qui réactive le regard sur les tableaux anciens. En injectant du contemporain dans l’histoire de l’art, il rappelle que ces peintures, aujourd’hui muséifiées, furent elles aussi des gestes audacieux. Le résultat est saisissant : un contrepoint vif, irrévérencieux, qui redonne au musée une dimension presque expérimentale.
FAQ – Trompe-l’œil en sculpture
1. Qu’est-ce que le trompe-l’œil en sculpture ?
Le trompe-l’œil en sculpture désigne des œuvres conçues pour imiter le réel avec une telle précision qu’elles peuvent être confondues avec des objets ou des êtres vivants. L’artiste joue sur les matériaux, les textures et les proportions pour créer une illusion visuelle, parfois déstabilisante.
2. Quels artistes sont connus pour le trompe-l’œil sculptural ?
Plusieurs artistes contemporains sont associés à cette pratique, notamment Ron Mueck, Duane Hanson ou encore Carole Feuerman. Leurs œuvres hyperréalistes représentent des corps humains ou des scènes du quotidien avec un niveau de détail extrême.
3. Quels matériaux sont utilisés pour créer des sculptures en trompe-l’œil ?
Les artistes utilisent souvent la résine, le silicone, la fibre de verre ou la cire. Ces matériaux permettent de reproduire la peau, les vêtements ou les objets avec un rendu très réaliste. La peinture et les finitions sont essentielles pour renforcer l’illusion.
4. Comment le trompe-l’œil en sculpture est-il perçu par le public ?
Le public oscille entre fascination et trouble. L’effet de réalisme est tel que certaines œuvres créent une impression de présence réelle dans l’espace. Cette ambiguïté entre vivant et inerte est au cœur de l’expérience esthétique.
5. Comment Jan Fabre utilise-t-il le trompe-l’œil en sculpture ?
Jan Fabre détourne le trompe-l’œil en créant des objets qui semblent vivants à distance mais révèlent leur artificialité de près. Dans ses installations présentées notamment au Musée du Louvre, il utilise le verre de Murano, l’encre ou des matériaux inattendus pour brouiller les frontières entre illusion, matière et provocation artistique.









Oeuvre superbe. Fabre est un artiste très intéressant. Bravo pour ce post.
C’est plus fort que Karen Knorr au Musée de la Chasse, je trouve, plus poétique, moins facile…
C’est une tentative intéressante de désacralisation du musée, mais quelles seront les réactions des visiteurs, placer une caméra vidéo filmant leurs réactions pourrait s’avérer passionnant.
J’adore l’inventivité de Jan Fabre…
Ridicule… Déjà qu’en vrai c’est horrible, si en plus on se met à immité les pigeons…
” Ridicule… Déjà qu’en vrai c’est horrible, si en plus on se met à immité les pigeons… ”
on n’imite pas un pigeon, on EST pigeon…
Il ne faut pas s’arrêter au pigeon, il y a autre chose à voir. Le pigeon hérite d’une image de marque pas toujours heureuse, on peut rêver à autre chose.
Pffffffffffff…….
Manque de génie créateur l’aujourd’hui….
On applaudit à de la merde de pigeon: tout va bien… Continuons…
Une fois, en plein hiver de neige à la Gustave Caillebotte, un pigeon parisianiste, légèrement snob, en provenance d’un toit de zinc polanskien, m’a chié dessus. J’avais alors sur mon par-dessus style ‘Colombo’ un mini-Pollock blanc nacré, noir d’ivoire et caca d’oie. De l’action pigeonne painting pour pas un rond, yo ! Alléluia ! J’ai regardé alors le petit pigeon bad painter s’envoler de plus belle dans le bleu azuré sarkoziste et je lui ai crié : ” Petit Pollock, petit chenapan !! “. Je me trouvais très drôle mais, à l’arrêt de bus, tous me regardaient avec un air consterné. Consternant, non ?
Au secours, Hitchcok est de retour, la malédiction se réalise, les pigeons nous visent, cherchent à nous cannarder, pauvres citoyens bien propres des grandes villes que nous sommes; leurs chiures dégoulinantes et nauséabondes nous collent, on ne peut se nettoyer sans passer le costard au pressing, sans compter que pour le rendez vous hyper important où l’on devait se rendre c’est foutu.
Ils visent les cranes chauves ou rasés parce que la chiure glisse jusqu’à l’oeil; ils se régalent lorsqu’ils atteignent un belle et oppulente chevelure, parfaitement alignée à la sortie du coiffeur histoire de nourir les racines frichement recolorées.
Mais en Belgique ils ont la parade, les faucons qui nichent dans un clocher se font des ventrées de pigeons, le faucon meilleur ami du citadin !
Prenez gare, il y a pire : les étourneaux !
Ca se regroupe en vols magnifiques, ils fondent sur des platanes accueillant et vous pourrissent une terrasse de café en cinq minutes, ou les voitures garées dessous pour le plus grand ravissement de l’élephant bleu.
Il faut dépasser, sans doute ces basses considérations ménagères pour apprécier le message de Frans Snyders lorsqu’il a placé son oeuvre au dessus d’une corniche habitée par des colombes qui chient dans l’enceinte du Louvre.
Répugnant et même pas original.
Pour ce qui est des pigeons ch… Les inconnus l’avaient fait depuis longtemps. Mais ils étaient drôles, au moins.
Gyl nous parle plus haut de désacralisation du Louvre. Il y a une certaine honnêteté naïve de sa part. L’objectif est inverse. En plaçant des “oeuvres” contemporaines au Louvre, on cherche à sacraliser les “artistes” présentés.
Mais pourquoi cette sacralisation? Ce qui vient immédiatement à l’esprit est la recherche du lucre. Mais ne peut-il pas y avoir aussi la volonté cryptée de déstabilisation de notre société…
Fabre, c’est exceptionnel ce qu’il propose au Louvre.
Le reste ne sera que discours de vieux cons…
Que la France est vieux jeu quant aux recherches passionnantes des plasticiens contemporains !
Pas étonnant qu’on soit, nous et nos artistes sur le marché de l’art et la plate-forme institutionnelle de la monstration de l’art sous TOUTES ses formes, à la traîne des anglais, des allemands, des belges, des italiens, des chinois et des américains. Réveillons-nous ! L’art ne s’arrête pas à la Joconde et à Monet !
Au cas où cela vous intéresserait, ou intéresserait l’un de vos lecteurs, j’ai moi aussi rendu compte de cette exposition au Louvre, en essayant d’être le moins directif possible.
Me permettez-vous d’en proposer ici le lien ?
http://egyptomusee.over-blog.com/article-18642342.html
Richard LEJEUNE
Le délire fécal, intestinal, vertébral, féodal, bestial !… Indiscutablement flambant tout ça. Un ver dans la pomme, hmmm, François aurait adoré !
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