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Picasso convie les Maîtres anciens au Grand Palais

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L’exposition “Picasso et les maîtres au Grand Palais” est un événement culturel majeur qui rassemble près de 210 œuvres mondiales. Elle démontre comment Pablo Picasso a copié, transposé et réinventé les chefs-d’œuvre de Greco, Vélasquez, Goya, Delacroix ou Manet. Ce dialogue pictural met en lumière le génie et l’inventivité du peintre catalan à travers ses influences artistiques majeures.

duo-picasso.jpgUn dialogue esthétique et cannibale avec l’histoire de l’art

Le Grand Palais se transforme en un temple de l’art jusqu’au 2 février 2009. Les visiteurs peuvent admirer près de 210 œuvres majeures venues des plus grands musées du monde. Cet accrochage exceptionnel met en lumière un dialogue passionné, admiratif et cannibale. Picasso a entretenu cette relation intense toute sa vie avec les maîtres anciens. La confrontation des toiles révèle une dynamique fascinante entre respect et subversion. Le peintre espagnol ne se contente pas d’imiter ses prédécesseurs. Il s’approprie leur génie pour nourrir sa propre révolution visuelle.

L’art de la déconstruction par les commissaires de l’exposition

La transposition, le mimétisme, le détournement et la dénaturation qualifient parfaitement ce travail de réinterprétation. Les commissaires de cette exposition signent une réussite totale. Ils ont su rendre un hommage exceptionnel et sensible au destructeur acharné des formes établies. Le parcours offre une démonstration implacable de l’inventivité du peintre catalan pour les derniers sceptiques. Le public peut observer son tableau « Le Nain » de 1969 en regard du « Portrait du nain Sébastian de Morra » peint par Vélasquez en 1644. L’effet de miroir s’avère saisissant. Picasso convoque aussi « Les Demoiselles des bords de la Seine d’après Courbet ». Il invite même la célèbre « Olympia » de Manet à quitter temporairement le musée d’Orsay pour rejoindre cette réunion de génies.

Une obsession créative sérielle sans précédent

L’audace de Picasso culmine dans ses appropriations sérielles. Sa série de quinze toiles sur « Les Femmes d’Alger » constitue une variation monumentale sur le tableau de Delacroix. Picasso applique la même méthode obsessionnelle pour « Le Déjeuner sur l’herbe » de Manet. Il décline ce chef-d’œuvre de l’impressionnisme en un cycle impressionnant de vingt-sept peintures. Cette exposition prouve que la copie peut devenir le sommet de la création. Ce cannibalisme pictural reste totalement sans précédent dans l’histoire de l’art.

 

> Le catalogue de l’exposition “Picasso et les Maîtres anciens” chez Gallimard est signé de Marie-Laure Bernadac

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