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vendredi 16 octobre 2026
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Calder au Rivau : du dessin à la sculpture en action

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Le Grand cirque Calder de Jean Painlevé est le premier film tourné sur le célèbre cirque miniature fabriqué à Paris par Calder entre 1926 et 1931.
Le Grand cirque Calder de Jean Painlevé est le premier film tourné sur le célèbre cirque miniature fabriqué à Paris par Calder entre 1926 et 1931.

Au château du Rivau, à Lémeré, l’événement Calder s’inscrit dans le programme imaginé en Centre-Val de Loire pour célébrer le centenaire de la première arrivée de l’artiste américain en France, en 1926. Dans les anciennes écuries Renaissance du domaine sont réunies deux œuvres de jeunesse : Le Grand Cirque Calder et Animal Sketching. Leur rapprochement permet de revenir aux sources la pratique fondatrice de Calder, c’est-à-dire le mouvement et l’activation de l’œuvre. Du 15 octobre au 1er novembre 2026.

Le château du Rivau vu depuis les écuries - photo AG
Le château du Rivau vu depuis les écuries – photo AG

Le village se situe de Saché (Indre-et-Loire) à quelques dizaines de kilomètres du château du Rivau a accueilli Alexander Calder (1898-1976), de 1953 à 1976. Cette proximité donne à l’événement une résonance particulière. Elle inscrit les œuvres de jeunesse dans un territoire qui fut l’un des principaux lieux de création de l’artiste. Calder découvre Saché grâce à Jean Davidson, son gendre. Le fils du sculpteur américain Jo Davidson s’est installé à Saché depuis les années 1920.

En 1972, Jean Davidson traduit en français l’Autobiographie de Calder, publiée par Maeght. Ce travail de traduction donne une place centrale à celui qui est à la fois son plus proche collaborateur et l’un des témoins privilégiés de sa vie en Touraine. Le réseau amical de Calder contribue aussi à faire de Saché un foyer artistique singulier. L’artiste est notamment proche d’Aube Elléouët-Breton, fille d’André Breton. Elle s’installe à Saché en 1966, dans un environnement où se croisent artistes, écrivains et personnalités venues chercher en Touraine un espace de liberté et de création.

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Projection du film Le Grand Cirque de Carder dans les écuries du château du Rivau - photo AG
Projection du film Le Grand Cirque de Carder dans les écuries du château du Rivau – photo AG

Le Grand Cirque Calder, une sculpture qui se joue dans le temps

Au Rivau, Le Grand Cirque Calder est présenté à travers le film réalisé par Jean Painlevé. L’œuvre originale, commencée en 1926 et développée jusqu’en 1931, constitue l’une des expériences fondatrices de Calder. Elle appartient à cette période parisienne où l’artiste invente, avec des matériaux modestes, un théâtre miniature dont il assure lui-même la mise en mouvement. Le Cirque rassemble environ 160 personnages et animaux. Calder les fabrique à partir de fil de fer, de carton, de tissu, de bois, de liège et d’objets usuels. Lions, éléphants, chevaux, trapézistes, clowns, acrobates ou dompteurs composent une population miniature. La dimension essentielle du Cirque réside dans l’activation des figures. Certaines fument, d’autres soufflent dans un ballon… Elles existent pleinement lorsqu’elles sont manipulées. Les mains de l’artiste sont intégrées au décor. Avec le Cirque, Calder introduit dans la sculpture la durée, la performance et la relation directe au public.

Animal Sketching, l’animal réduit à son mouvement

Face au Cirque, Animal Sketching paraît dans un écrin sur un coussin de velours. Le recueil publié en 1926 rassemble 141 dessins réalisés à partir des observations de Calder au zoo du Bronx et à Central Park. Le Rivau en propose un feuilletage numérique permettant de considérer chaque page du manuel. Ces dessins s’avèrent essentiels pour comprendre la sculpture de Calder. L’artiste isole quelques traits suffisamment efficaces pour faire surgir la posture d’un animal, une attitude ou une dynamique. La ligne élimine l’anecdotique pour retenir ce qui caractérise le sujet.

Animal Sketching de Calder - édition numérisée
Animal Sketching de Calder – édition numérisée

Le titre même du recueil associe dessin et action. Calder observe les animaux en mouvement, mais aussi lorsqu’ils sont immobiles ou endormis. Dans tous les cas, il cherche ce qu’il appelle la « grâce alerte de la ligne ». L’observation devient donc une méthode. Il ne s’agit pas seulement de dessiner ce que l’on voit, mais de comprendre comment une forme porte en elle une énergie. Le fil de fer permettra bientôt à Calder de transformer la ligne dessinée en ligne spatiale. Le contour quitte le papier. Il se déploie dans les trois dimensions. L’animal, le visage ou la figure humaine peuvent alors être suggérés par quelques segments métalliques, comme si le dessin avait été libéré de sa surface.

De Paris à Saché, une même pensée du mouvement

Le château du Rivau permet ainsi de lire Calder à rebours de sa célébrité. Avant les grands mobiles et les sculptures monumentales, il y a cette attention au geste, à l’équilibre et à la dynamique des formes. Animal Sketching révèle l’origine graphique de la pensée caldérienne. Le Grand Cirque en constitue l’expérimentation théâtrale.

Le choix des anciennes écuries du Rivau qui datent de 1550 ajoute enfin une dimension presque scénographique à cette lecture. Dans ce bâtiment monumental lié à l’histoire du cheval et de l’élevage, Animal Sketching et le Cirque réintroduisent, à leur manière, des figures animales en action. Le lieu historique accueille ainsi les premières expérimentations d’un artiste dont la sculpture allait précisément rompre avec l’immobilité traditionnelle du volume.

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