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jeudi 15 octobre 2026
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Le Large : L’art à plein régime sur l’île Seguin

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L'artiste ghanéen Paa Joe présente "Human - Machine, Renault Type B Palanquin" (2026) - photo AG
L'artiste ghanéen Paa Joe présente "Human - Machine, Renault Type B Palanquin" (2026) - photo AG

L’île Seguin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) remet le moteur en marche. Un nouveau centre d’art contemporain baptisé LE LARGE s’installe sur la pointe amont. Le projet roule sur les traces des anciennes usines Renault avec une exposition inaugurale d’envergure. Une centaine de chefs-d’œuvre de la collection Renault pour la plupart jamais montrés au grand public dialogue avec la création contemporaine. Moteur Imaginaire, à découvrir jusqu’au 7 mars 2027.

Le Large associe création, architecture et transmission dansun bâtiment de 5 000 m2 ouvert sur la Seine.
Le Large associe création, architecture et transmission dans un bâtiment de 5 000 m2 ouvert sur la Seine – photo AG

L’esprit de chaîne

L’ombre de la manufacture Renault plane encore sur le site. Engagé en 1934 comme photographe industriel chez le constructeur automobile, Robert Doisneau a capturé l’atmosphère brute de ces ateliers métalliques. À l’époque, une voiture y sortait toutes les 90 secondes de la chaîne d’assemblage. Laurent Dumas, président du Large, rappelle d’ailleurs « la joie et la fierté des ouvriers » qui façonnaient cette épopée industrielle.

Aujourd’hui, une nouvelle ère artistique commence. Le béton, le corten et les tôles d’aluminium sont sortis de terre pour raviver cette mémoire. Inauguré le 17 octobre 2026, le bâtiment LE LARGE conçu par le cabinet espagnol RCR Arquitectes épouse des courbes concaves et convexes. Elles évoquent directement les lignes fluides d’une carrosserie.

Un pilotage de précision et une direction chevronnée

Laurent Dumas agit en véritable maître d’œuvre de cette sortie de terre. Pour LE LARGE, il réunit un équipage d’experts. À la direction générale, Paula Aisemberg apporte un regard hors norme. Après 17 ans aux commandes de La Maison Rouge fondation Antoine-de-Galbert à Paris, elle a mûri cette aventure pendant 7 ans. Ensemble, ils passent à la vitesse supérieure.

Vue de l'atrium où fiurent la frise de Julio Le Parc et au premier plan, l'Estafette Renault de Romuald Jandolo, véritable "chapelle roulante".
Vue de l’atrium où figurent la frise de Julio Le Parc et au premier plan, l’Estafette Renault de Romuald Jandolo, véritable « chapelle roulante » – photo AG

Quand les artistes grippent la mécanique du monde

L’exposition inaugurale sort des réserves les chefs-d’œuvre de la collection Renault longtemps exposés uniquement au regard des ouvriers et des employés de la firme. Des œuvres dont bon nombre ont été restaurées se dévoilent dans un écrin spectaculaire. La création contemporaine accélère avec 17 commandes passées à des artistes. 82 % des œuvres sont originaires de France, 12 % d’Europe, le restant provenant du Ghana et des Etats-Unis. Parmi elles, la cinétique colorée de Julio Le Parc autrefois installée sur les murs de la cantine, Peintures en frise (1971-1974), ou encore la mécanique bien huilée de Jean Tinguely, Requiem pour une feuille morte (1967), dialoguent avec la Renault 12 « R12 cathédrale » revisitée par Mohamed El Khatib en 2026 et notamment la modélisation 3D de Valentin Ranger, L’Anatomie de l’ornementation, pensée comme une horloge dans laquelle le visiteur est invité à entrer.

Deux expositions par an sont au programme. L’artiste Eva Jospin a déjà été pressentie pour une carte blanche. LE LARGE s’impose dors et déjà comme le nouveau havre dynamique de l’art de l’Ouest parisien.

> Infos pratiques www.large-emerige.fr