Home ARTIST PORTRAIT Christian Boltanski vend sa vie en direct à un collectionneur

Christian Boltanski vend sa vie en direct à un collectionneur

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Christian Boltanski lance son ultime défi artistique face à la mort. À partir du 1er janvier 2009, le plasticien français de 65 ans sera filmé jour et nuit dans son atelier de Malakoff. Ces images seront retransmises en direct dans une caverne en Tasmanie. L’acheteur de ce projet hors norme est David Walsh. Ce collectionneur australien est passionné par les œuvres macabres. Il ne pourra exploiter ces vidéos qu’après la disparition de l’artiste. Au départ, l’homme souhaitait acheter les cendres du créateur. Christian Boltanski lui a finalement proposé un morceau de sa mémoire vivante.

Une tradition d’œuvres ultimes vendues de son vivant

L’artiste français n’est pas le premier à commercialiser son dernier souffle créatif. Roman Opalka a déjà vendu sa toute dernière toile par anticipation. Ce peintre de 78 ans aligne des suites de nombres sur une toile. Chaque nouveau fond est un pour cent plus blanc que le précédent. Sa production s’arrêtera à sa mort, qu’elle soit achevée ou non. Christian Boltanski s’inscrit dans cette lignée de créateurs qui intègrent leur propre finitude au cœur de leur démarche sur le marché de l’art.

g_Monumenta10Boltanski01.jpgLe Grand Palais s’habille de mémoire pour Monumenta 2010

L’actualité du plasticien est particulièrement dense en ce début d’année. Du 13 janvier au 21 février, Christian Boltanski investit la nef du Grand Palais pour Monumenta 2010. Son installation intitulée « Personnes » propose un théâtre de la commémoration visuel et sonore. Une grue géante viendra puiser régulièrement dans un immense tas de vêtements. Cette création éphémère poursuit son travail universel sur le souvenir.

Les pulsations cardiaques s’exposent sur une île japonaise

Lors de cet événement parisien, le public participe activement à l’œuvre. Christian Boltanski invite chaque visiteur à enregistrer ses propres pulsations cardiaques dans une cabine. Ces fichiers sonores enrichissent la collection permanente des « Archives du cœur ». Dès 2010, ces enregistrements seront conservés sur l’île japonaise de Teshima. Un mécène local finance cet abri pour protéger ces témoignages du passage du temps.

L’art comme outil de compréhension historique et humaine

Christian Boltanski cherche d’abord à susciter la réflexion plutôt qu’à concevoir un objet esthétique. L’artiste explique qu’il veut faire comprendre des choses aux gens à un moment précis. Son installation « Monument Odessa » illustre parfaitement cette vision de l’art mémoriel. Cette œuvre emblématique met en scène les portraits de dix-sept enfants juifs déportés. Leurs visages souriants sont collés sur des boîtes de biscuits rouillées et reliés par une guirlande lumineuse. L’installation figure dans la collection du Musée du Sourire.

7 COMMENTS

  1. Etrange démarche de l’artiste mais aussi de l’amateur d’art.
    Il y a actuellement une superbe exposition au Musée d’Art Moderne intitulée Deadline. Y sont exposés plusieurs artistes décédés qui ont exprimés jusqu’au dernier moment l’angoisse, la perte d’autonomie, la souffrance dans un regard sur eux mêmes et sur le monde.
    Chaque oeuvre d’une mort annoncée semble résumer la mission de toute une vie, une sorte de testament.

  2. Il y aura également une exposition de C. Boltanski au MAC/VAL (Musée d’Art Contemporain de Vitry-sur-Seine) qui s’intitule “Après” du 15 Janvier au 28 Mars 2010. Il s’agira d’une installation de l’artiste incluant ses derniers travaux, les archives du coeur seront également présentées. Il y aura des navettes (gratuites) qui partiront du Grand Palais vers le MAC/VAL tous les Dimanches.

  3. LE MARCHE DE LA MORT
    Eh bien, Boltanski est partout !
    La mort, pour lui-même, en ce qui le concerne, personnellement, c’est pas pour maintenant bondiou !!

  4. Boltanski grand homme. Ses œuvres nous faire réfléchir sur beaucoup de choses. J’aimerais bien voir sa dernière œuvre, mais je pense qu’il n’est pas réaliste.

  5. Christian Boltanski représentera la France lors de la 54e Biennale internationale d’art contemporain de Venise en 2011

  6. J’ai découvert Boltanski il y 20 ans, tout a fait par hasard, dans une galerie à Tokyo. Je ne savais rien de lui mais j’ai tout de suite été frappé par l’étrange beauté de ses oeuvres: C’est un vrai grand artiste.

  7. La mort, la Shoah un fond de commerce qui s’use à l’ennui. Cette fois-ci elle s’étale dans un vacarme général, se répète dans un bégaiement décoratif dupliqué par des petites mains disciplinées. Heureusement le Grand Palais est là pour contenir le vide et le théâtraliser, offrant ses axes et ses trames pour ne pas faire d’erreur de composition.
    Le clou est une montagne de vêtements, une montagne creuse ! (ce n’est pas une blague, c’est dans la vidéo). Celle-ci est surplombée d’un dispositif à la Gaston Lagaffe, un système tremblotant servant de support à une pince carmin toute neuve sortant directement d’un catalogue de Batimat. Pince qui retombe inlassablement au même endroit. La technique n’est pas au rendez-vous, où sont la force, la violence et le hasard ? Les photos cadrées font de belles images pour les médias, mais n’ont rien à voir avec l’installation, il y a tromperie et surtout recherche d’esthétisme… un comble pour un tel sujet.
    Avoir la chance d’utiliser un tel lieu pour une création donne le devoir de ne pas se tromper et surtout de se dépasser. Là, je suis déçu, Monsieur Boltanski, à 65 ans on peut encore risquer, créer, vivre !

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