Home IDÉES DÉBATS Pourquoi le crocodile “Les Dents de Juppé” a-t-il quitté la mairie de...

Pourquoi le crocodile “Les Dents de Juppé” a-t-il quitté la mairie de Bordeaux ?

2
7485

Depuis le 2 janvier 2012, la sculpture de crocodile baptisée “Les Dents de Juppé” a disparu des jardins de la mairie de Bordeaux. L’œuvre de Guillaume Renou se retrouvait au cœur d’un imbroglio juridique et financier avec la municipalité. Retour sur la fin brutale d’une exposition qui s’est terminée sous astreinte financière.

P1030366.jpgLa sculpture de Guillaume Renou a été retirée des jardins de la mairie de Bordeaux. Le désaccord financier persistait entre l’artiste et la ville concernant le coût de l’œuvre et des dégradations subies. Face à l’échec de la transaction amiable, la municipalité a sommé l’artiste d’évacuer l’œuvre sous peine d’une amende de 200 euros par jour de retard.

Le crocodile de Guillaume Renou

Installé depuis 2010 dans les jardins de l’hôtel de ville, le saurien de bronze était rapidement devenu une attraction pour les Bordelais. Ces derniers l’avaient affectueusement surnommé “Les Dents de Juppé”, un clin d’œil humoristique à l’ancien maire de la ville. Pourtant, derrière l’attachement du public se cachait une bataille administrative féroce. L’artiste bordelais de 34 ans, Guillaume Renou, attendait une délibération officielle du conseil municipal pour sceller le destin de sa création. L’exposition s’est ainsi enlisée dans un véritable conflit juridique, transformant le jardin de la mairie en terrain de discorde.

Un différend financier et des dégradations au cœur du conflit

Au centre de cette affaire se trouve un désaccord financier entre le sculpteur et la municipalité bordelaise. Deux points de friction cristallisaient les tensions. Le coût global de l’acquisition ou de la location prolongée de l’œuvre. Le dédommagement des dégâts que la sculpture aurait subis durant son exposition au public. La mairie de Bordeaux avait fini par formuler une proposition de transaction financière pour clore le litige et indemniser l’artiste. Cependant, jugeant l’offre insuffisante, Guillaume Renou a purement et simplement rejeté cet accord à l’amiable.

Une éviction sous astreinte de 200 euros par jour

Face à l’impasse des négociations, la municipalité a choisi la manière forte. La ville de Bordeaux a sommé l’artiste d’évacuer son crocodile dans les plus brefs délais. Pour s’assurer de sa coopération immédiate, une astreinte financière de 200 euros par jour de retard a été mise en place. N’ayant d’autre choix que de céder à la pression financière, le sculpteur a procédé au retrait de l’œuvre, le 2 janvier. C’est ainsi que s’achève l’histoire des “Dents de Juppé”, laissant les jardins de la mairie bien vides et les promeneurs bordelais assez nostalgiques.

2 COMMENTS

Comments are closed.