L’exposition François Morellet. 100 pour cent se déroule du 3 avril au 28 septembre 2026 au Centre Pompidou-Metz. Conçue par le commissaire Michel Gauthier pour célébrer le centenaire de la naissance de l’artiste (1926-2016). La rétrospective réunit une centaine d’œuvres couvrant plus de 70 ans de création. Elle met en lumière une œuvre fondée sur une tension fertile entre rigueur mathématique et dérision visuelle.
“Morellet, fils monstrueux de Mondrian et Picabia”
François Morellet, le fils monstrueux de Mondrian et Picabia
Dès les années 1950, François Morellet adopte un vocabulaire géométrique élémentaire. L’artiste met en place des protocoles de création stricts destinés à neutraliser totalement la subjectivité du geste artistique. Ses œuvres résultent alors de systèmes rigoureux comme des grilles, des trames, des calculs. Et parfois même des tirages aléatoires à partir d’annuaires ou des décimales du nombre n. Cette stratégie conceptuelle vise à déconstruire le mythe de l’artiste inspiré au profit d’un art programmé où la règle devient le seul moteur esthétique. Mais chez François Morellet, cette rigueur s’accompagne toujours d’un humour discret. L’absurde et l’imprévisible viennent perturber les structures établies.
Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, AM 1985-494 © Adagp, Paris, 2026 Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. GrandPalaisRmn
De l’art optique et cinétique aux installations de néons lumineux
François Morellet rejoint le Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) en 1960, aux côtés du célèbre plasticien Julio Le Parc. Ensemble, les membres du collectif explorent les possibilités infinies de l’art optique et cinétique. Les trames géométriques produisent des interférences visuelles dynamiques. La lumière électrique devient un matériau privilégié de création. Les néons clignotants, les structures métalliques ou les dispositifs lumineux complexes transforment la surface picturale traditionnelle en un environnement perceptif. L’œuvre d’art cesse d’être un tableau pour devenir une expérience immersive. Cette orientation novatrice fait de François Morellet l’un des précurseurs du minimalisme et de l’installation.
L’Esprit d’escalier : Le chef-d’œuvre discret de Morellet au Musée du Louvre
Parmi les interventions architecturales de François Morellet, celle du Musée du Louvre à Paris. En 2010, dans le cadre de la politique de commande publique du ministère de la Culture, l’artiste conçoit L’Esprit d’escalier. Il s’agit d’un ensemble de vitraux installés de manière pérenne dans l’escalier Lefuel de l’aile Richelieu. Cet escalier monumental, édifié entre 1852 et 1858 par l’architecte Hector Lefuel, constitue l’un des témoignages de l’architecture officielle du Second Empire. François Morellet intervient avec une extrême retenue dans cet espace baigné de lumière naturelle. Il fragmente les vitrages existants en superposant un dessin inversé de la grille métallique originelle. Il a utilisé une technique traditionnelle des maîtres verriers. Le motif géométrique se dédouble, se décale et trouble imperceptiblement la perception du visiteur attentif. Cette intervention résume l’essentiel de son parcours avec un équilibre rare entre précision formelle, intelligence architecturale et pur plaisir du regard.
© Archives François Morellet / Adagp, Paris, 2026
100 pour cent : Un dialogue durable avec l’architecture et la ville de Metz
L’exposition du Centre Pompidou-Metz souligne la dimension architecturale du travail de François Morellet. Dès les années 1970, le créateur investit l’espace urbain avec des interventions qu’il qualifie lui-même de désintégrations architecturales. Fidèle à cette approche d’art public, la rétrospective se prolonge hors les murs du musée avec la réactivation d’une œuvre protocolaire monumentale sur la façade du technicentre SNCF voisin. Ce geste fort inscrit l’exposition dans la ville de Metz et rappelle combien l’œuvre globale de François Morellet dialogue en permanence avec l’architecture et le paysage environnant. En inaugurant le programme du centenaire, la rétrospective Morellet invite à reconsidérer l’influence durable de l’artiste sur les pratiques actuelles.
Infos pratiques
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi : de 10 h à 18 h du lundi au jeudi et jusqu’à 19 h du vendredi au dimanche. Un catalogue illustré de 224 pages, publié par les éditions du Centre Pompidou-Metz, accompagne l’exposition (35 €).
Accès : 1 parvis des Droits-de-l’Homme, 57000 Metz.
Informations et billetterie : centrepompidou-metz.fr