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Paul McCartney, photographe, 1963-1964

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Paul McCartney. Autoportrait. Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Paul McCartney. Autoportrait. Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Ils étaient si joyeux, si ensemble, si doués… On connaît Paul McCartney comme compositeur, chanteur, bassiste des Beatles et figure de l’histoire du rock : on le découvre aujourd’hui photographe. À Aix-en-Provence, le musée Granet accueille pour la première fois en France l’exposition « Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm », une immersion dans les premiers mois de la Beatlemania, à travers plus de 250 clichés réalisés par le musicien lui-même.

Les photographies, prises entre décembre 1963 et février 1964, témoignent d’un moment charnière : celui où quatre jeunes Britanniques du nord de l’Angleterre passent du statut de groupe prometteur à celui de pur phénomène planétaire. Elles nous offrent un regard de l’intérieur, loin des images officielles qui ont façonné la légende des Beatles. « On était tous tellement soudés, seul l’un d’entre nous pouvait prendre ce genre de clichés », confiait Paul Mc Cartney. Présentée par le Musée Granet, MPL Communications et la National Portrait Gallery de Londres – en collaboration avec Paul McCartney -, cette exposition met également en lumière des archives et des documents qui replacent ces images dans leur contexte historique. Récit d’une époque où tout semblait possible…

Paul McCartney derrière l’objectif : une plongée intime dans le quotidien des Beatles

À l’époque, Paul McCartney ne photographie pas pour exposer. Il fonctionne par intuitions, immortalise simplement son quotidien. Son appareil l’accompagne dans les voyages en train, en avion, les chambres d’hôtel, les foules en délire, les conférences de presse ou encore, les instants complices. Les clichés, souvent spontanés, révèlent l’effervescence des premiers succès, mais aussi les moments de calme entre deux concerts. Les visages sont détendus, parfois fatigués, souvent amusés. « Ils étaient drôles, s’amusaient énormément. C’était comme des frères, ils partageaient tout, même leurs chambres dans les grands hôtels. Ils passaient beaucoup de temps ensemble », explique Rosie Bradley, conservatrice en chef des collections du XXe siècle à la National Portrait Gallery, à Londres, et commissaire de l’exposition. John Lennon, George Harrison, Ringo Starr, Paul Mc Cartney y apparaissent sans artifice, dans une proximité rarement offerte au public. L’exposition dévoile une facette intime du groupe, avant que la célébrité ne transforme définitivement leur quotidien.

Une fenêtre ouverte sur les années 1960

Paul McCartney s’est passionné pour la photographie. « Il jouait avec son appareil photo, même avant les Beatles », souligne Rosie Broadley. Adolescent, il utilisait déjà un appareil photo pour immortaliser ses amis et sa famille. Pendant la période des Beatles, il emportait un appareil avec lui, prenant des centaines de photos des tournées, des coulisses et de leur vie quotidienne. Ces images sont restées inédites pendant des décennies avant d’être redécouvertes en 2020, dans les archives personnelles de Paul Mc Cartney, d’être publiées dans son livre 1964 : Eyes of the Storm, et de faire l’objet d’une première exposition, à Londres, en 2023.

Le parcours de l’exposition entraîne les visiteurs de Liverpool à Londres, puis de Paris à New York, Washington et Miami, retraçant le premier grand tour international des Beatles. Chaque photographie devient un fragment d’histoire, une fenêtre ouverte sur les années 1960 et sur une révolution culturelle. Il est probable que le fait de vivre avec Linda Mc Cartney, photographe de renom qu’il épousa en 1968, avec qui il forma un couple iconique pendant plus de trente ans, ait entretenu et enrichi son intérêt pour cet art. « Il y avait près de 1000 photographies dans les archives. On voyait vraiment un artiste, il inventait une nouvelle technologie. Les Beatles étaient déjà connus », précise la commissaire de l’exposition.

Il partageait avec Linda (1941-1998) un goût pour les images naturelles, les animaux, la famille et la vie quotidienne, bien plus que pour les mises en scène sophistiquées. Leur union a été une source d’inspiration pour de nombreuses chansons, dont le célèbre Maybe I’m Amazed et Silly Love Songs – ses déclarations d’amour à sa femme.

Qui était Paul Mc Cartney avant les Beatles ?

Il n’était pas encore membre des Beatles lorsqu’il rencontre John Lennon (1940-1980), en 1957, mais un adolescent de Liverpool, passionné de musique. Né en 1942, Paul grandit dans une famille ouvrière. Son père, Jim McCartney, est passionné de jazz, joue du piano et l’encourage à apprendre plusieurs instruments. Paul apprend le piano en grande partie à l’oreille, commence par la trompette, mais la remplace par une guitare, afin de pouvoir chanter en même temps. Dès ses seize ans, il compose ses propres chansons, et notamment, « When I’m Sixty-Four », imaginant avec tendresse la vieillesse en musique – chanson qui deviendra un standard des Beatles.
Le 6 juillet 1957, lors d’une fête paroissiale, il assiste à un concert du groupe de John Lennon, The Quarrymen. Après avoir impressionné John par son talent à la guitare et sa connaissance des chansons de rock’n’roll, il est invité à rejoindre le groupe. C’est cet ensemble qui évoluera progressivement pour devenir The Beatles.

Paul McCartney, George Harrison, Miami Beach, février 1964© 1964, Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Paul McCartney, George Harrison, Miami Beach, février 1964
© 1964, Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Du noir et blanc à la couleur : la photographie, des fragments de mémoire

Les images de Paul McCartney ne documentent pas seulement la naissance de la Beatlemania ; elles racontent aussi l’intimité d’un groupe confronté à une célébrité sans pareil. En observant le monde à travers son objectif, Paul McCartney capture autant les visages de ses partenaires que ceux des admirateurs, des journalistes ou des anonymes croisés au fil des voyages. Chaque photographie devient un fragment de mémoire. Le caractère moderne de ces clichés réside également dans leur esthétique. Plus de soixante ans après leur réalisation, ces images conservent une force documentaire intacte, tout en séduisant par leur dimension artistique.

« Les photos en couleur commencent lorsque nous arrivons à Miami… »

1964 et les Beatles : une période qui a bouleversé l’histoire de la musique

Il a une capacité à saisir l’émotion, le mouvement, l’effervescence de son époque. De façon étonnamment moderne. Loin de la mise en scène des photographes de presse, Paul McCartney saisit ses compagnons de route dans des instants de spontanéité : un regard échangé, un moment de fatigue entre deux concerts, une attente dans un aéroport ou encore l’effervescence des foules qui les entourent. Il a vingt et un ans et vit, presque malgré lui, une révolution culturelle. Longtemps conservés dans ses archives personnelles, ces clichés ont été redécouverts il y a quelques années avant d’être présentés par la National Portrait Gallery, à Londres. Leur arrivée au musée Granet constitue un événement : l’exposition “Eyes of the Storm” revisite la naissance d’un phénomène culturel mondial.

Informations pratiques
“Paul McCartney Photographs 1963-64 : Eyes of the Storm”
Lieu : Musée Granet, 18, rue Roux-Alphéran, Aix-en-Provence
Commissariat : Rosie Broadley, National Portrait Gallery, Londres ; Sarah Brown, MPL Communications Limited.
dates : Du 4 juillet au 1er novembre, du mardi au dimanche de 10h à 18h. Du 3 novembre 2026 au 3 janvier 2027, du mardi au dimanche de 12h à 18h.