Comment des centaines de chefs-d’œuvre de Picasso, Rembrandt ou Niki de Saint Phalle ont-ils pu disparaître des musées ? Dans son livre Le Musée invisible, le journaliste Nathaniel Herzberg dévoile les coulisses stupéfiantes des vols et destructions d’œuvres d’art à travers le monde.
Les secrets du musée des œuvres disparues
Le journaliste au Monde Nathaniel Herzberg dresse un inventaire captivant. Son ouvrage recense les vols et les destructions de quelque 120 tableaux et sculptures de maîtres. Le livre explore des pièces archéologiques inestimables et des créations contemporaines. Ces œuvres ont été pillées, spoliées, brûlées ou ravagées. Pablo Picasso détient le triste record de cet inventaire. En effet, 642 œuvres du maître espagnol demeurent toujours introuvables aujourd’hui.
L’auteur raconte des histoires dignes des meilleurs films policiers. Il évoque les exploits d’amateurs kleptomanes. Il retrace aussi le célèbre casse du Gardner Museum de Boston en 1990. Deux faux policiers y avaient dérobé plusieurs toiles de Rembrandt. Ces récits captivants forment une trame à la fois drôle et terrible.
Heureusement, une note d’optimisme tempère ce constat. Les vols d’œuvres d’art ont diminué de 70% au cours des six dernières années. Une meilleure coopération internationale entre les polices explique ce succès. Cependant, les trafiquants se replient désormais vers d’autres marchés lucratifs et moins surveillés. Ils ciblent maintenant les instruments de musique rares ou les objets de science.
Le braquage le plus stupide de l’histoire
Le vol le moins digne d’un amateur d’art s’est déroulé à Paris. Le 1er février 2008 au matin, des malfaiteurs cagoulés ont braqué la fondation Cartier. L’institution présentait alors une rétrospective de l’artiste américain Gary Hill. Les voleurs visaient une œuvre précise nommée Frustrum. Cette installation contenait un véritable lingot d’or. Les malfaiteurs ont ignoré la valeur artistique pour ne voler que le métal précieux. Les coupables courent toujours dans la nature.
Le mystère de la statue broyée par erreur
La destruction la plus absurde concerne le Centre Pompidou. La première Nana créée par Niki de Saint Phalle en 1964 mesurait trois mètres de haut et pesait cent kilos. Cette sculpture monumentale a pourtant disparu des réserves du musée en 1999. Une simple confusion dans l’étiquetage semble être à l’origine du drame. L’établissement traversait alors une phase de réorganisation complète. Les équipes ont probablement broyé la statue par erreur avec des emballages vides. Les conservateurs ont découvert une caisse de transport désespérément vide à l’ouverture.
Le casse Express d’un bronze de deux tonnes
Le vol le plus spectaculaire s’est produit en Grande-Bretagne. En décembre 2005, des voleurs ont dérobé une sculpture en bronze de l’Anglais Henry Moore. L’œuvre monumentale pesait deux tonnes et demie. Les malfaiteurs ont réalisé leur opération en dix minutes seulement à l’aide d’un camion-grue. L’œuvre se trouvait dans les jardins de la fondation Henry Moore à Much Hadham. Les caméras de surveillance ont filmé trois hommes masqués.
Scotland Yard a reconstitué le parcours de la sculpture après le délit. Un cargo a transporté l’œuvre en Asie pour y être débitée et fondue. Les criminels ont détruit cette pièce estimée à 135 000 euros. Ils l’ont simplement vendue au cours du bronze pour la somme dérisoire de 1 350 euros.
“Le Musée invisible. Les chefs-d’oeuvre volés“, Nathaniel Herzberg. 39,90 euros. Edition du Toucan.
Bonne année Alexia!
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