Le Théâtre du Châtelet à Paris accueille une création scénique d’exception : La Fin des temps, un spectacle adapté du roman culte d’Haruki Murakami par Philippe Decouflé. Cette rencontre entre la poésie visuelle du chorégraphe français (64 ans) et l’univers fantastique du romancier japonais (77 ans) insuffle une véritable féerie scénique au récit nippon. Du 16 au 21 octobre 2026.
“Ce qu’offre le mouvement, c’est un regard augmenté sur le personnaGe.” Decouflé
Decouflé / Murakami : La rencontre entre deux géants de la création contemporaine
Séparés par leur discipline mais unis par une même poésie hors du commun, les deux artistes se rejoignent dans un univers d’une originalité et d’une beauté esthétique frappantes. Philippe Decouflé, révélé au grand public mondial par la féerie visuelle des cérémonies des Jeux Olympiques d’Albertville en 1992, retrouve ici le style fantastique et surréaliste d’Haruki Murakami, devenu un phénomène littéraire international grâce au succès de La Ballade de l’impossible (1987) puis de 1Q84. Sur la scène du Théâtre du Châtelet, la danse contemporaine, les illusions optiques et l’humour burlesque du chorégraphe français épousent la mélancolie mystérieuse de l’écrivain japonais. Ce dialogue artistique donne naissance à une œuvre hybride où la magie des tableaux vivants transcende le texte original pour créer un enchantement de chaque instant.
Un voyage hypnotique entre deux mondes parallèles et une identité éclatée
Sur scène, l’action se déploie dans deux mondes parallèles métamorphosés par la magie du plateau. D’un côté, une cité étrange où les habitants vivent séparés de leur ombre et de leurs émotions. De l’autre, un Tokyo futuriste, souterrain et inquiétant, peuplé de figures énigmatiques (informaticien en pleine cyberguérilla, vieux professeur et sa petite-fille Pink, liseur de rêves sans ombre, licornes et bibliothécaire). Entre ces deux espaces circule un homme confronté à la perte, au souvenir d’un amour éteint, et à la perspective d’une disparition de soi. Neuf acteurs et dix danseurs évoluent dans un espace mouvant, traversé de métamorphoses poétiques. L’une des trouvailles les plus fécondes de l’adaptation consiste à fragmenter le personnage principal en plusieurs incarnations : le « je », le « moi » et l’ombre deviennent autant de projections d’une identité éclatée. La danse devient alors un langage privilégié pour réenchanter l’instabilité du rêve, la fragmentation du souvenir et la porosité entre les mondes.
Une polyphonie scénique vibrante… réservée aux spectateurs avertis ?
Pour parfaire ce voyage féerique au cœur de la littérature nippone, la voix et le verbe occupent une place centrale : les acteurs s’expriment en japonais, ce qui apporte une indéniable authenticité et une musicalité envoûtante au récit. Cependant, cette radicalité linguistique constitue un piège pour le spectateur non averti. Si l’on n’a pas lu les 700 pages du roman ou pris le soin d’étudier minutieusement le synopsis avant la représentation, on risque de se retrouver perdu dans le fil de l’histoire malgré les petits écrans de sur-titrage en français. Cet enchantement scénique fera l’objet d’une tournée internationale de Tokyo à Londres.
> Réservations chatelet.com

