Home MASTERPIECE Le plafond de l’ONU à Genève : la “chapelle Sixtine du XXIe...

Le plafond de l’ONU à Genève : la “chapelle Sixtine du XXIe siècle” bouscule la diplomatie

8
7261

Au Palais des Nations Unies à Genève, l’art contemporain a littéralement pris de la hauteur. La salle du Conseil des droits de l’homme arbore depuis le 18 novembre 2008 un plafond spectaculaire. Cette œuvre de Barceló, initiée par l’Espagne, suscite autant d’admiration que de débats passionnés au cœur de la diplomatie mondiale.

Un défi artistique à 20 millions d’euros

Le projet affichait dès le départ des ambitions hors normes. Le gouvernement espagnol a confié un budget de 20 millions d’euros à l’artiste majorquin Miquel Barceló. À 52 ans, le peintre est une figure majeure de l’art contemporain. Les diplomates espagnols n’ont pas caché leur immense fierté lors de l’inauguration officielle. Ils ont qualifié cette création de “chapelle Sixtine du XXIe siècle”. Le cadeau d’exception de Madrid marque ainsi l’histoire culturelle des Nations Unies.

La méthode forte des travaux publics

Pour habiller cette immense coupole, Barceló n’a pas utilisé des pinceaux traditionnels. Miquel Barceló a emprunté des techniques issues du monde du bâtiment. Les ouvriers ont projeté la matière à l’aide d’un compresseur industriel surpuissant. Cet engin est identique à celui qui a servi à bétonner les parois du tunnel du Mont-Blanc. La quantité de matériaux utilisés donne le vertige. Près de 35 tonnes de peinture verte, jaune et rouge recouvrent la structure. L’artiste a également intégré des centaines de kilos de poudre de lapis-lazuli pour obtenir un bleu profond.

La métaphore visuelle des droits de l’homme

Le résultat final prend la forme d’une mer de stalactites colorées. Ce relief unique semble s’effondrer ou s’élever selon le point de vue du visiteur. L’œuvre change d’aspect en fonction de l’angle sous lequel on la regarde. À travers cette installation physique imposante, Miquel Barceló exprime de manière brute la diversité humaine. Les variations de textures rappellent les vagues de l’océan et les reliefs terrestres. Le plasticien illustre ainsi la richesse mais aussi le poids des cultures qui se croisent quotidiennement à l’ONU.

Comments are closed.