Home FUTURS SOCIAL MEDIA Notoriété vs Pertinence : Le dilemme de l’artiste à l’ère numérique

Notoriété vs Pertinence : Le dilemme de l’artiste à l’ère numérique

0
6630

La notoriété et le chiffre ne garantissent plus la qualité artistique. Selon Alexia Guggémos, critique d’art et sociologue du numérique, la course aux “likes” transforme la création en un enjeu de réputation numérique, au risque de sacrifier la pertinence du fond.

Ce que disent les chiffres de la création actuelle

Dans une tribune pour Le Figaro, la sociologue du digital Alexia Guggémos pose un constat sans appel. Aujourd’hui, la notoriété et le quantitatif ne sont pas corrélés à la pertinence d’une création. Avoir des milliers d’abonnés ne signifie pas que l’œuvre est majeure. Pourtant, la plupart des créateurs sont désormais engagés dans une course effrénée à l’e-réputation. Cette quête de visibilité modifie profondément le rapport à l’art.

L’interaction : le nouvel atout des artistes

Tout n’est pas sombre dans cette mutation numérique. Le passage au digital offre des opportunités inédites. La diffusion directe : Un musicien peut publier ses albums sur Deezer, SoundCloud ou Spotify sans intermédiaire. Le feedback instantané : Les retours sont directs. Les artistes reçoivent des avis et des commentaires en temps réel. L’interactivité : L’art n’est plus une contemplation passive. Il devient un échange vivant entre le créateur et son public.

Pourquoi la pertinence est-elle menacée ?

Le danger réside dans la confusion entre le succès statistique et la valeur artistique. Si l’artiste crée uniquement pour satisfaire l’algorithme, il risque de perdre sa singularité. Alexia Guggémos souligne que l’interactivité est une force. Cependant, elle ne doit pas devenir une boussole unique. La création doit rester une démarche de fond, et non une simple stratégie de communication pour booster son e-notoriété. En résumé, le numérique est un outil de diffusion exceptionnel. Mais pour rester pertinent, l’artiste doit savoir distinguer l’applaudissement numérique de la véritable profondeur de son œuvre.

Source : D’après les propos d’Alexia Guggémos, Le Figaro daté du 14 juillet 2020.