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Saturday 25 April 2026
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Hommage à Martin Parr, chroniqueur acidulé du quotidien

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Martin Parr n’est plus. Le photographe britannique est décédé le 6 décembre 2025, à l’âge de 73 ans. Il laisse derrière lui 50 années d’images tendres et cruelles à la fois. Il n’aura cessé de raconter l’Angleterre puis le monde en jouant du kitsch comme d’une arme. Avec ses clichés, il révèle l’absurde dans nos loisirs, nos vacances ou nos supermarchés. On retiendra un œil attentif, jamais moralisateur. Et surtout, un humour sec qui faisait mouche sans filtre.

Zoom sur la comédie humaine

Né en 1952 dans le Surrey, encouragé jeune par son grand-père photographe amateur, Martin Parr étudie au Manchester Polytechnic avant de devenir l’une des figures majeures de Magnum. Il rejoint l’agence en 1994 et préside de 2013 à 2017. Plus de 120 livres publiés, des œuvres dans les collections du MoMA, du Centre Pompidou ou de la Tate. Ce que l’on retient ? Son influence majeure sur la photographie documentaire couleur. Avec les séries The Last Resort et Common Sense, il a imposé un style : flash franc, couleurs denses, situations ordinaires? La Martin Parr Foundation est créée à Bristol en 2017 scellant son rôle de passeur et d’archiviste du réel. Jusqu’à la fin, il photographiait le Royaume-Uni chaque été, comme une « thérapie » disait-il.

“I am Martiun Parr” : Un documentaire sur Martin Parr, intime

La disparition de Martin Parr donne un relief particulier au film I Am Martin Parr, réalisé par Lee Shulman et produit par Haut et Court Doc (2024). Le documentaire dévoile un Martin Parr drôle, parfois bourru, toujours curieux. Lee Shulman raconte leur rencontre à Arles en 2019, leur amitié, puis l’accès offert aux archives du photographe. L’objectif : comprendre ce qui animait cet « éternel rebelle et outsider » et comment son regard a façonné un langage visuel devenu incontournable .

Le film suit Martin Parr sur la route, retourne à New Brighton, revisite ses séries clés avec ses commentaires en voix off. Il donne aussi la parole à ses proches, à des artistes comme Harry Gruyaert, Grayson Perry ou Bruce Gilden, et à des acteurs de la photographie comme François Hébel ou Clémentine de la Féronnière. L’ensemble compose un portrait vibrant, un hommage vivant à celui qui n’a jamais cessé de photographier les gens avec « une affection égale » qu’ils soient lords ou ouvriers.

Martin Parr a documenté nos excès, nos dérives comme nos joies minuscules. Il laisse une archive monumentale de ce que furent les classes moyennes britanniques, les dimanches de friture, les touristes brûlés au soleil et l’élégance improbable des fêtes locales. Un miroir, parfois cruel, souvent tendre, toujours drôle. À l’heure où son œuvre rejoint l’histoire, revoir I Am Martin Parr s’impose. On y retrouve ce regard vif, cette ironie généreuse et cette manière de rappeler que le banal est souvent la plus grande scène.