La presse quotidienne régionale nous offre parfois des moments de solitude journalistique absolument grandioses. Le collectif d’artistes Taroop & Glabel a décidé de transformer ces instants de gêne en une œuvre d’art hautement satirique. Leur petit livre vert compile le pire des légendes locales pour un résultat aussi cruel que salvateur.
Le chef-d’œuvre de la vacuité journalistique locale
L’ouvrage s’intitule « Aucune photo ne peut rendre la beauté de ce décor ». Ce titre résume à lui seul l’absurdité des deux cents images de presse détournées par les artistes. Toutes ces pépites proviennent du journal Le Pays Briard, une institution de Seine-et-Marne. Les auteurs compilent des clichés mal cadrés, flous et désolants de banalité. On y croise des fins de courses cyclistes anonymes, des inaugurations barbantes et des lotos de village pathétiques. Le génie réside dans les légendes d’origine qui frisent le néant absolu. On ressent presque de la compassion pour le correspondant local qui a sué sang et eau pour meubler le vide.
Dix ans de découpages pour un pavé d’art conceptuel
Ernest a passé dix années entières à éplucher scrupuleusement la presse de sa région. Membre actif du collectif, cet artiste de cinquante ans adore égratigner notre société par l’image. Il garantit ses trouvailles sans aucune retouche ni recadrage visuel. Le résultat prend la forme d’un bel objet carré de seize centimètres de côté. Ce projet dépasse la simple compilation de perles rigolotes. Il s’agit d’un véritable pavé d’art conceptuel au regard cru et revigorant. Ce détournement sublime la réalité brute de nos campagnes sans aucun commentaire superflu.
Une exposition parisienne et une réédition
Ce livre truculent s’impose désormais comme un incontournable de votre bibliothèque contemporaine. Vous pouvez découvrir ces morceaux de bravoure à la galerie Semiose située au trois rue Montibœufs à Paris. L’exposition des belles images de Taroop & Glabel s’y tient jusqu’au dix octobre. L’établissement présente à cette occasion la réédition enrichie de l’ouvrage vendue au prix de dix-sept euros. Les amateurs d’art pointu pourront également admirer ces tirages uniques lors de la foire de la FIAC. Une occasion parfaite pour savourer la bêtise humaine érigée au rang de chef-d’œuvre.
![[Éd. Actes Sud] « Le rêve inachevé de Jack Kerouac » de Pierre Adrian Jack Kerouac à Brest en 1965 – Le rêve inachevé Pierre Adrian Actes Sud](https://great-artmag.com/wp-content/uploads/2026/04/1-218x150.avif)
Je cours l’acheter de ce pas.
Oh oui moi aussi.
C’est vraiment excellent ! Faut voir les photos nulles avec les commentaires en dessous :))
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