La sculpture de poche est un concept artistique créé par le plasticien Jean-Christophe Robert. Il s’agit de reproductions d’objets du quotidien jetables comme le ticket de métro, le coton-tige ou l’étui de préservatif. Ces œuvres sont moulées à l’échelle 1 en bronze ou en or 18 carats. Ces créations miniatures proposent une critique ironique et tendre de notre société de consommation.
L’art du détournement : le quotidien transformé en or
Plus chic et snob qu’un ticket de métro en or ? Impossible. Le plasticien Jean-Christophe Robert réinvente nos objets jetables. L’artiste de 42 ans, connu comme peintre conceptuel, devient un sculpteur déroutant. Son nouveau concept s’appelle la sculpture de poche. L’idée est aussi novatrice que risquée. Ces œuvres sont spécialement pensées pour les sacs à main ou les jeans. Le créateur reproduit à l’échelle 1 des objets insignifiants. Des coton-tiges et des étuis de préservatifs complètent sa collection de luxe. Sur la pièce maîtresse du ticket de métro, la barre centrale magnétique est imitée avec de l’or attaqué par un produit à base d’argent. Cette œuvre unique affiche un prix de 1 200 euros. Une telle somme permet de voyager bien au-delà de la station Porte des Lilas.
“La féérie du banal” : des œuvres invisibles qui font parler
Ces sculptures précieuses possèdent une propriété insolite. Elles passent totalement inaperçues lorsqu’elles sont exposées. L’artiste joue avec le public et bouscule les codes des galeries. Son travail est visible à Annonay dans le cadre de la Biennale de Lyon. L’exposition s’intitule “La féérie du banal”. Sur place, un cartel surprenant guide les visiteurs. Il indique ainsi de demander la sculpture au gardien pour pouvoir la trouver. Cette démarche originale remplit un objectif social. Elle crée enfin un véritable dialogue entre les gardiens de musée et les visiteurs. Jean-Christophe Robert avoue s’amuser de cette situation. Il aime profondément l’idée que l’on retrouve ses sculptures par pur hasard.
Une critique ironique de la société de consommation
Ce penchant pour le détournement ne date pas d’hier. Il y a une dizaine d’années, Jean-Christophe Robert s’attaquait déjà aux produits de consommation de masse. L’artiste créait alors des natures mortes en trois dimensions. Il choisissait de représenter des objets reproductibles à l’infini comme des torchons, des meubles Ikea ou des flacons d’Ajax vitres. Il allait jusqu’à peindre des logos de grandes marques comme Nike ou McDonald’s. Son audace consistait à les intégrer sur fond des célèbres Nymphéas de Claude Monet. Aujourd’hui, avec ses objets en or, le plasticien poursuit la même quête. Il livre une critique à la fois ironique et tendre de notre quotidien.
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