NABAZ’MOB est un opéra pour objets connectés composé par Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé, spécialement conçu pour 100 lapins Nabaztag. L’événement artistique a été honoré du Prix Ars Electronica en 2009.
Un chef-d’œuvre de l’art numérique pour 100 lapins connectés
Créé à une époque où l’Internet des objets (IoT) faisait ses premiers pas, NABAZ’MOB s’est rapidement imposé comme un événement historique de la création contemporaine. Plutôt que d’utiliser des musiciens traditionnels, les compositeurs Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé ont choisi de confier la partition à une armée de 100 Nabaztags, ces célèbres lapins intelligents qui ont marqué le début des années 2000.
Une performance marquante au Lentos Art Museum
C’est au cœur de la prestigieuse nuit de concerts intitulée « Pursuit of the Unheard » (La poursuite de l’inouï), organisée au musée d’art moderne Lentos à Linz (Autriche), que ces lapins ont livré l’une de leurs performances les plus mémorables. Disposés en une chorale robotique parfaitement orchestrée, les Nabaztag ont alterné mouvements d’oreilles synchronisés, variations de lumières colorées et compositions sonores électroniques pour captiver un public de passionnés d’art contemporain et de nouvelles technologies. La force conceptuelle et la réalisation technique de NABAZ’MOB ne sont pas passées inaperçues. L’œuvre a reçu une consécration internationale majeure. L’opéra a remporté le prestigieux Prix Ars Electronica en 2009.
Antoine Schmitt ou l’art de programmer le chaos
Antoine Schmitt aborde la création par le prisme de la science. Cet ingénieur de formation né en 1961 commence sa carrière dans le développement informatique. Il se spécialise rapidement dans l’intelligence artificielle. Ce background technique solide nourrit une démarche artistique très plastique. Le logiciel devient alors son matériau principal. Dès les années 90, il s’impose comme un pionnier de l’art programmé. L’artiste crée des œuvres dynamiques et totalement autonomes. Ses installations interrogent les notions de déterminisme et de comportement. Ses performances visuelles mettent en scène des pixels dotés d’une vie propre. Il cherche constamment à matérialiser les forces invisibles des systèmes informatiques.
Jean-Jacques Birgé ou la quête de l’inconnu sonore
Jean-Jacques Birgé incarne une figure historique de la musique expérimentale. Ce multi-instrumentiste né en 1952 est aussi compositeur et cinéaste. Il cofonde dès le milieu des années 70 un collectif marquant. Il devient alors un ardent défenseur de l’improvisation libre. Toujours à l’affût des mutations technologiques, il saisit vite l’arrivée de l’informatique grand public. L’homme devient un créateur incontournable de CD-ROM interactifs. Ses œuvres reçoivent un accueil chaleureux pour leur inventivité sonore. Son travail cherche sans cesse à bousculer la position du spectateur. Il transforme le public en acteur de l’expérience acoustique.
Une fusion parfaite entre le code et la musique
La réunion de ces deux trajectoires trouve son accomplissement dans des projets hybrides. La rigueur algorithmique de l’un s’accorde avec la folie improvisatrice de l’autre. Le duo associe la sensibilité musicale de Birgé aux systèmes de Schmitt. Ils réussissent ensemble à donner une âme à la matière technologique. De simples microprocesseurs deviennent les interprètes d’un opéra moderne.