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Brancusi : le fabuleux destin d’une Danaïde

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Brancusi - "Danaïde" (1913-1918) UPI/ABACA

La sculpture La Danaïde (1913-1918) de Constantin Brancusi a été adjugée le 1er juin 2026 pour 107,6 millions de dollars chez Christie’s à New York. Cette vente record propulse l’œuvre au rang de deuxième sculpture la plus chère de l’histoire des enchères. Elle bouscule ainsi le monopole d’Alberto Giacometti sur le marché de l’art de la sculpture moderne.

Un séisme sur le marché mondial de l’art

Le marché de l’art vient de vivre un véritable bouleversement. Le 1er juin, à New York, la maison Christie’s a adjugé La Danaïde de Constantin Brancusi pour la somme de 107,6 millions de dollars. L’acheteur anonyme a remporté la mise par téléphone. Jusqu’à présent, le sculpteur suisse Alberto Giacometti dominait seul le sommet du classement mondial. Ses œuvres occupaient les trois premières places historiques. Désormais, Brancusi brise ce monopole. Seul L’homme au doigt de Giacometti devance encore la création franco-roumaine, avec un record à 141,3 millions de dollars en 2015. La Danaïde s’empare de la deuxième place, reléguant L’homme qui marche I à la troisième position.

Le contexte de création : l’histoire derrière le bronze doré

Pour comprendre la fascination autour de cette œuvre, il faut remonter au Paris des années 1910. À cette époque, Constantin Brancusi (1876-1957) travaille dans son atelier parisien. C’est là qu’il rencontre une jeune artiste hongroise nommée Margit Pogany. Elle prête ses traits à La Danaïde. Brancusi conçoit alors un visage extrêmement stylisé. Les yeux de la figure sont formés par de grands arcs de cercle parfaits. Le sculpteur roumain décide de recouvrir le visage d’une délicate feuille d’or, créant un contraste saisissant avec la patine noire de la chevelure. Selon l’experte Marielle Tabart, cette esthétique s’inspire directement de l’art bouddhique extrême-oriental. Brancusi admirait beaucoup ces œuvres qu’il avait étudié au Musée Guimet à Paris.

Une valeur financière multipliée par six en 24 ans

Entre 1913 et 1918, Brancusi réalise plusieurs tirages en bronze. On retrouve des « sœurs jumelles », à la fois au Centre Pompidou à Paris, à la Tate de Londres ou encore au Philadelphia Museum of Art. Selon Christie’s, il s’agissait du tout dernier exemplaire doré encore conservé dans des mains privées. L’histoire de ce tirage, coulé en 1913, est liée à des collectionneurs américains. En 1914, le banquier Eugene Meyer et son épouse Agnes achètent l’œuvre à New York. La famille conserve la sculpture pendant près d’un siècle. En 2002, le magnat des médias S.I. Newhouse Jr. acquiert la précieuse sculpture pour 18,2 millions de dollars. À l’époque, ce montant établit déjà un record mondial. En l’espace de 24 ans, la valeur financière de La Danaïde a été multipliée par six. Cette progression spectaculaire confirme le statut de valeur refuge absolu pour les chefs-d’œuvre de l’art moderne.

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