Cécile Bonneau, autrice réalisatrice de 27 ans, a remporté le 3 novembre 2026 le Prix Audiens Générations – Émergences à Paris pour sa série animée « Puissances noires », produite par Le Monde. Animée avec les illustratrices Margot de Balasy et Mélody Da Fonseca, cette mini-série verticale retrace le parcours de quatre femmes noires oubliées de l’Histoire de France.
Une mini-série verticale née des archives du Monde
À seulement 27 ans, Cécile Bonneau, diplômée d’une école de journalisme, signe une œuvre ambitieuse qui réhabilite la mémoire nationale. « Puissances noires » s’attache à raconter le destin extraordinaire de quatre femmes noires ayant marqué l’Histoire de France, mais restées trop longtemps dans l’ombre. Réalisée au terme d’un minutieux travail d’investigation au cœur des archives du journal Le Monde, cette mini-série adopte un format vertical (4 x 3 minutes) parfaitement adapté aux usages mobiles. Portée par la narration envoûtante de la comédienne Aïssa Maïga, la production prend vie grâce à la direction artistique et aux illustrations de Margot de Balasy et Mélody Da Fonseca.
Un phénomène à 20 millions de vues et un déclic de cinéma
Remis au prestigieux hôtel Pereire, siège de la fondation Del Duca en bordure du parc Monceau, le Prix Audiens Générations – Émergences 2026 vient consacrer un triomphe populaire. La série comptabilise déjà plus de 20 millions de vues cumulées, en grande partie portées par la plateforme TikTok. « Je voulais toucher le plus grand nombre », confie Cécile Bonneau pour expliquer le choix de ce traitement visuel et dynamique. La jeune journaliste révèle que son véritable déclic créatif est survenu lors du visionnage du film Tirailleurs de Mathieu Vadepied, avec Omar Sy : une prise de conscience sur l’urgence d’incarner ces récits méconnus à destination des jeunes générations.
Mener « la bataille des récits » et questionner la mémoire collective
Fort de cette reconnaissance professionnelle, Cécile Bonneau entend poursuivre ce qu’elle nomme « la bataille des récits » à travers la création prochaine en collaboration avec une société de production. Son objectif : déconstruire les mécanismes de la mémoire et mettre en lumière la nuance conceptuelle « entre mémoire collective et mémoire sélective ». Comme le soulignait le sociologue Maurice Halbwachs pionnier de l’étude de la mémoire collective, la mémoire d’un groupe se reconstruit en permanence à partir du présent, entraînant parfois l’éviction de pans entiers de la réalité historique. En questionnant ces mécanismes d’oubli institutionnalisés, analysés également par des penseurs contemporains de l’altérité et du post-colonialisme, Cécile Bonneau propose un journalisme visuel engagé qui réintègre ces trajectoires féminines dans le roman national.
> Le Prix Fondation Audiens Générations