Il est des livres références, celui-ci en est un : cette édition en octobre 2026 du « Château de Versailles » publiée conjointement par l’Etablissement public du château de Versailles et Glénat est une invitation à la (re)découverte de ce joyau de l’architecture mondiale. Guidé par la plume de l’historien Guillaume Picon, le lecteur se laisse porter par quelque 220 photographies.
Pourquoi un tel ouvrage aujourd’hui ? Tout d’abord parce qu’avec plus de 8 millions de visiteurs par an, le domaine reste un monument à part, qui touche directement au coeur, l’un des plus visités au monde. Puis, comme l’explique dans sa préface Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, l’ensemble architectural vit « un moment privilégié ». Après des décennies « d’effort gigantesque de conservation (…) jamais le château et ses jardins n’ont été aussi beaux, jamais la magie n’a si bien opéré qu’aujourd’hui. »

L’iconographie permet d’admirer la somptuosité de certains détails comme la rampe en fer forgé et bronze du Trianon, réalisée par le serrurier François Brochois, le petit satyre endormi sur la cuisse du dieu Bacchus enivré dans la sculpture du bassin imaginé par les frères Marsy ou la somptueuse charpente en chêne de la chapelle Royale. On survole également les toitures d’ardoise et de plomb du château ou la mosaïque des sols de l’Orangerie en se laissant gagner par l’émerveillement.
Des lieux méconnus ou récemment restaurés sont également exposés au regard, en particulier la chambre de Louis XVI dans l’Appartement intérieur du roi, inauguré en avril 2026 : la recréation du lit à l’identique a nécessité plus de quarante ans de recherche et de travaux. Le Salon de Diane, qui ouvre les Grands appartements, offre également au regard, depuis juin 2026, ses marbres vert, rouge-brun et blanc entièrement réhabilités. Et comment ne pas admirer le Théâtre de la Reine, au Petit Trianon, le seul théâtre du XVIIIe siècle entièrement conservé avec sa machinerie ? Pour donner l’illusion du luxe, les décorateurs de l’époque ont fait preuve d’une virtuosité exceptionnelle en créant tous les décors en carton-pâte et bois. « Aujourd’hui, le visiteur peut réellement succomber à l’illusion que les châteaux de Versailles et de Trianon n’ont jamais souffert, jamais été vidés, et que le temps a simplement été suspendu depuis la fin de l’Ancien Régime », écrit Laurent Salomé. Le lecteur aussi.
Aude Seyssel
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