Une lune virtuelle pour point de ralliement, un avatar amnésique pour héroïne et le réseau pour atelier. Du 31 mars au 17 novembre 2010, le Jeu de Paume à Paris devient le théâtre d’une expérience interactive. Au cœur de cette performance, la plasticienne Agnès de Cayeux repousse les frontières de la création contemporaine.
Une défricheuse des relations à distance
À 44 ans, Agnès de Cayeux s’impose comme une figure avant-gardiste des interactions réseau. Son terrain de jeu ? Le virtuel. Sa nouvelle créature s’appelle Alissa. Alissa n’est pas un simple double numérique. C’est un « bot », un programme informatique autonome capable d’interagir avec un serveur comme un être humain. « Il m’a fallu 2 ans pour la concevoir », confie l’artiste.
Ce travail de recherche plastique s’inscrit dans la continuité de sa démarche de pionnière. En 2006, elle signait déjà « In my room ». Cette performance fondatrice reposait sur sept récits intimistes lus au sein d’une chambre de lecture virtuelle. Avec Alissa, elle franchit un cap technique et conceptuel majeur.
En route pour l’année 2066
Le dispositif scénaristique imaginé par la plasticienne est vertigineux. Pendant huit mois, Agnès de Cayeux va instruire son personnage, guider sa parole et façonner ses réactions face au monde. L’intrigue projette le spectateur dans le futur : « Nous sommes en 2066. Alissa est amnésique, elle doit se construire et trouver son identité », explique sa créatrice. Dans cette quête existentielle codée, Alissa va croiser la route de Miladus. Cet autre avatar de l’univers Second Life est animé par l’intellectuel Milad Doueihi, auteur du remarqué « La grande conversation numérique » (Éditions du Seuil). Cette rencontre au sommet entre art de pointe et théorie des réseaux pose les bases d’une nouvelle anthropologie digitale.
Le visiteur au cœur de l’œuvre d’art
La force de cette performance réside dans son ouverture totale au public. Durant toute la période de l’exposition, les dialogues en direct entre Alissa et les internautes seront captés. Cette matière brute et vivante fera l’objet d’un film, trace pérenne de cette aventure éphémère. Le rendez-vous est pris dans un décor hautement symbolique : la lune virtuelle modélisée par la NASA. Une destination parfaite pour une œuvre qui explore les nouveaux territoires de l’esprit humain.
> Plus d’infos sur www.jeudepaume.org
L’art abstrait dans le cadre du Salon Réalités Nouvelles,Parc Floral,Bois de Vincennes,du 04 au 11-04… pas tendance,mais gratuit pour cette année.En bon explorateur,le Capitaine fera le tour de cette île.
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