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OPLINE PRIZE 2026 : 18 artistes face à l’IA

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Jeanne Morel & Paul Marlier - Art inSpace

Les 5 questions structurantes que soulève l’édition 2026 de l’Opline Prize

  1. Qui est l’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle ?
    >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Lorsque des œuvres sont co-produites par des algorithmes, des données ou des systèmes autonomes (Frederik De Wilde, Jeanne Morel & Paul Marlier), la figure de l’artiste se transforme : reste-t-il créateur, ou devient-il facilitateur de processus ?
  2. Peut-on encore distinguer le vivant de l’artificiel ?
    Les pratiques biomédiatiques et les écosystèmes hybrides (Alizée Armet, Yue Cheng, Aurèce Vettier) brouillent les frontières entre biologique et technologique. Le vivant devient-il un modèle, un matériau, ou un partenaire ?
  3. Les technologies numériques renforcent-elles ou subvertissent-elles les structures de pouvoir ?
    >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Entre critique du capitalisme de surveillance (Albertine Meunier), exploration des réseaux invisibles (Olivier Auber) et questionnement des deepfakes (Tamiko Thiel), les artistes interrogent : la technologie émancipe-t-elle ou contrôle-t-elle davantage ?
  4. Comment percevoir le réel dans un monde saturé d’images et de simulations ?
    >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Les dispositifs immersifs, illusions optiques et réalités augmentées (Marie Maillard, Mathieu Valade, Julie Stephen Chheng) posent une question centrale : que devient notre expérience du réel lorsque celui-ci est constamment médiatisé ?
  5. L’art doit-il expliquer le monde ou créer des expériences sensibles de sa complexité ?
    >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Face à des œuvres qui privilégient l’incertitude, la relation et l’expérience (Véronique Béland, Frederik De Wilde), une tension apparaît : l’art contemporain doit-il clarifier les enjeux ou, au contraire, maintenir leur opacité ?

Quels artistes façonnent l’art à l’ère de l’IA ? Le prix artistique Opline Prize 2026 réunit 18 artistes qui interrogent les nouvelles pratiques à l’ère de l’intelligence artificielle. Le lauréat sera révélé le 6 juin, à l’occasion de Nuit Blanche à Paris. Le vote public se déroule tout au long du mois de mai. Cette 18e édition est placée sous le signe de « l’IA : générative-génération ».

> Découvrez les artistes de la 18e édition OPLINE PRIZE et votez !

Les structures profondes et les imaginaires en question

Les frontières entre les médiums sont absorbées dans des dispositifs hybrides. Chez Alizée Armet, les œuvres prennent la forme d’écosystèmes sensibles où coexistent plantes, bactéries, capteurs et intelligence artificielle. Ses installations bio-médiatiques sont des milieux où humains et non-humains interagissent dans des processus ouverts.

Cette logique systémique se retrouve chez plusieurs autres artistes nominés :
Véronique Béland conçoit des machines génératives capables de traduire des phénomènes invisibles en récits poétiques. Ses dispositifs transforment des ondes cosmiques, des données physiologiques ou des signaux électromagnétiques en textes, en musique ou en images.
Frederik De Wilde, quant à lui, développe des environnements où la blockchain et l’intelligence artificielle deviennent des milieux vivants.
– Cette transformation de l’œuvre en système est également au cœur du travail de Primavera De Filippi. Avec ses Plantoids, l’artiste et chercheuse imagine des sculptures capables de se reproduire grâce à la blockchain. Ces formes hybrides interrogent les notions de propriété, d’auteur et de gouvernance à l’ère des technologies décentralisées.

La question de l’auteur est profondément re-configurée

L’artiste n’est plus le seul producteur de formes. Il partage ce rôle avec des algorithmes, des bases de données, des systèmes automatisés. Jeanne Morel et Paul Marlier illustrent ce déplacement en traduisant les ondes cérébrales d’une danseuse en apesanteur en sculptures numériques génératives. Le corps devient une interface, un capteur, un générateur de formes. De même, Sarah Silverblatt-Buser place le corps au centre de ses expériences immersives, où la danse devient un langage interactif, une manière d’habiter les environnements virtuels.

Plusieurs artistes adoptent une posture critique. Albertine Meunier s’attaque frontalement aux dérives du numérique contemporain, en particulier à la pollution informationnelle. Ses œuvres révèlent les mécanismes du capitalisme de surveillance, en transformant les données personnelles en matériau artistique. Elle expose ainsi l’intimité capturée par les plateformes, tout en utilisant l’humour et le détournement comme stratégies de résistance.

Quels sont les dangers des deepfakes ? Tamiko Thiel aborde la question à travers des installations participatives. Les visiteurs voient leur propre visage manipulé par des réseaux neuronaux. L’expérience est troublante, car elle confronte directement chacun à la fragilité de son identité. Olivier Auber, pionnier des réseaux numériques, interroge les structures invisibles qui organisent nos interactions en ligne. Ses travaux sur les « perspectives anoptiques » mettent en lumière les dimensions politiques des architectures numériques. Il suggère ainsi que le pouvoir réside moins dans la surveillance que dans l’invisibilité des systèmes.

Les potentialités créatives de l’intelligence artificielle

Alessandro Bavari produit des univers visuels hybrides, où les références classiques se transforment en visions futuristes. Aurèce Vettier (nom d’un projet artistique fondé par Paul Mouginot) dessine des formes organiques impossibles, transposées en peintures, sculptures ou tapisseries.

La question du vivant traverse en effet une grande partie de la sélection. Chez Yue Cheng, elle prend la forme d’écosystèmes spéculatifs inspirés de la crise écologique. Son installation Sphère 3 imagine un refuge post-apocalyptique, où humains, champignons et machines coexistent dans un environnement artificiel. Les signaux biologiques y sont traduits en sons, créant une forme de communication inter-espèce.

Illusions optiques et mises en abîme

Mathieu Valade intègre des écrans dans ses sculptures. Ses installations jouent avec la répétition pour créer des espaces instables, où le regard vacille entre réalité et illusion. Marie Maillard, de son côté, infiltre les institutions avec des œuvres en réalité augmentée, invisibles à l’œil nu et activées par le regard via un smartphone. Elle transforme ainsi les lieux en espaces fictionnels, où se superposent différentes couches de réalité.

La dimension immersive est présente dans le travail de Julie Stephen Chheng, qui mêle livre, illustration et dispositifs interactifs. Ses œuvres invitent le spectateur à entrer dans des récits ouverts, à activer les images, à explorer des univers inspirés du conte et du monde animal. La technologie y est utilisée de manière discrète, comme un outil poétique permettant de révéler l’invisible.

Plusieurs artistes développent des dispositifs capables de générer des récits à partir de données ou d’interactions. Mathilde Soares-Pereira mêle ainsi enquête sociologique et fiction. Son travail, nourri par une expérience personnelle du monde de la nuit, interroge les rapports de pouvoir, les dynamiques de genre et les représentations sociales. En articulant réalité et fiction, elle propose des récits situés, ancrés dans des expériences vécues.

Sébastien Loghman, quant à lui, explore les questions d’identité et de représentation à travers des dispositifs vidéo hybrides. Ses œuvres jouent avec les codes du cinéma, de la réalité virtuelle et de l’animation pour créer des images instables, où les frontières entre réel et fiction se brouillent.

Au-delà de la compétition, c’est cette diversité cohérente qui fait la force de cette 18e édition. Elle dessine les contours d’une génération qui ne cherche plus à représenter le monde, mais à en re-configurer les conditions d’existence. Le lauréat, dévoilé le 6 juin, à la Sorbonne à Paris, viendra incarner cette dynamique, sans en épuiser la richesse.

> Votez pour l’artiste qui vous parle le plus (mai 2026) oplineprize.com