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Paris Gallery Weekend 2025 : Un fil d’Ariane nommé sourire

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 La rive gauche à Paris devient le théâtre d’un itinéraire poétique. Le parcours d’art a été baptisé Un fil d’Ariane nommé sourire. Il a été imaginé pour la 12e édition du Paris Gallery Weekend. L’événement rassemble 75 galeries participantes, plus de 150 artistes. Du 23 au 25 mai 2025.

La philosophie du projet

Conçu par Alexia Guggémos, la fondatrice du Musée du sourire, ce parcours sensible propose une sélection de lieux et d’artistes où le sourire se donne à lire dans toutes ses nuances. En creux, il dessine une cartographie affective de la rive gauche, de la rue de Seine au carrefour de l’Odéon. Cette déambulation, loin d’un marathon d’expositions, invite à une forme de flânerie engagée. Au-delà des murs blancs des galeries, Un fil d’Ariane nommé sourire questionne : que reste-t-il du sourire dans une époque saturée d’images ?

La Danseuse bleue (1930) – Fernand Léger

Les 5 étapes du parcours sourire

• Musée du Luxembourg – Tous Léger
Dès l’entrée, La Danseuse bleue (1930) de Fernand Léger donne le ton. Sur son visage, un sourire discret, presque effacé, trace une ligne fragile entre modernité et mélancolie. On découvreKarel Appel (Le Cycliste), Niki de Saint Phalle et ses créatures bondissantes. Le mouvement, la couleur, l’humour graphique — tout y pulse d’une joie physique. Un remède à la grisaille.

• Rue Férou – L’instant poésie
La poésie s’invite dans le parcours. Rue Férou, entre le jardin du Luxembourg et Saint-Sulpice, les vers du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud s’affichent sur un mur. Gravés dans la pierre, ils résonnent autrement sous les pas du promeneur. Le poème est une ivresse, une fuite, un appel.

• Carrefour de l’Odéon – Jeux de rue
Ici, c’est un jeu d’observation. Une mosaïque d’Invader guette les passants au-dessus d’une porte : pixelisation du clin d’œil, détournement du quotidien. Plus loin, rue de l’Échaudé, le visage souriant de John Hamon, l’éternel candidat, nous rappelle que l’art, parfois, est simplement là — persistant, malicieux, imprévu.

Galerie Zidoun & Bossuyt – Summer Wheat
Première exposition française pour l’Américaine Summer Wheat. Sa peinture, filtrée à travers une grille métallique, évoque le tissage, la répétition des gestes. Figures puissantes, féminines, pleines d’humour et de vitalité. Le sourire n’y est jamais figé : il circule, il vibre, il résiste.

Galerie Berthet-Aittouarès – Sculpture rituelle
Un kulap papou en calcaire blanc. L’émotion change de registre. Le sourire de cette figure sacrée de Nouvelle-Irlande, figé dans la pierre, semble à la fois protecteur, mystique, intemporel. Un sourire qui traverse les âges et les cultures, et qui invite à la contemplation, au silence. La sculpture a appartenu à Georges Goldfayn, assistant et ami d’André Breton.

Invitation au sourire

Le sourire glisse entre les œuvres, s’imprime sur les murs, s’insinue dans les regards. Il crée un lien invisible entre des gestes artistiques lointains et des émotions très présentes. Ce parcours Un fil d’Ariane nommé sourire n’impose rien : il invite. À s’arrêter. À regarder. Et bien sûr, à sourire.

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