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vendredi 16 octobre 2026
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Animal culte : entre croyances, art et science, notre rapport aux animaux en question

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Qu’ils soient de compagnie ou offerts en sacrifice, les animaux occupent nos vies, nos imaginaires. L’exposition Animal culte au Musée des Confluences, à Lyon, réussie, nous fait réfléchir à la manière dont nous, humains, les regardons, les aimons ou les utilisons, leur donnons une place dans nos sociétés. Jusqu’au 15 août 2027.

Par Corinne Amar

Ours blanc est une peinture à l’huile sur toile réalisée par Gilles Aillaud en 1981.

Partager un monde, un territoire, ne va pas de soi. Savoir comment vivent les animaux ne suffit pas : encore faut-il vouloir leur faire une place ? L’exposition spacieuse rassemble plus de 330 objets et spécimens, associés à des œuvres visuelles et sonores. Elle croise plusieurs disciplines : histoire naturelle, art et histoire des sociétés, anthropologie, et nous donne à comprendre pourquoi les humains entretiennent avec eux des relations aussi différentes, parfois affectueuses, parfois spirituelles, voire utilitaires ou conflictuelles.

Pourquoi certains animaux sont-ils aimés et d’autres exploités ? C’est l’une des contradictions centrales du parcours. Un chien peut être considéré comme un membre de la famille, tandis qu’un animal d’une espèce différente peut être élevé pour son alimentation ou chassé ? La déambulation dans les différentes salles nous fait comprendre comment ces distinctions se construisent selon les cultures, les habitudes et les contextes historiques.

Comment les animaux deviennent-ils des symboles ? Prenons le tigre, le lion. En Asie, ils sont très représentés, parce que le félin symbolise, la force et la protection. En Chine, au Japon, ces valeurs sont tôt transmises aux enfants. Un animal peut représenter une divinité, un ancêtre, une communauté ou une puissance particulière. Il peut aussi être associé à des interdits, à des cérémonies ou à des récits fondateurs. Il arrive même qu’on aille jusqu’à lui consacrer une urne funéraire, lorsqu’il meurt. L’enjeu scientifique ici consiste à appréhender ces significations dans leur contexte, sans les réduire à de simples superstitions, ni supposer qu’elles sont identiques d’une culture à l’autre.

 « Il n’y a pas d’hécatombes brutales, pas de cadavres d’animaux qui jonchent le sol, mais de générations de moins en moins abondantes qui s’éteignent peu à peu », analyse Bruno David, naturaliste et biologiste de l’évolution, à propos des races d’animaux sauvages en voie de disparition, évoquées dans l’exposition. Que nous apprennent les zoos et les collections naturalistes ? On est saisi par un tableau de l’artiste Gilles Aillaud qui date de 1981, intitulé « Ours blanc », aux nuances de blancs presque hypnotiques : un ours blanc couché de tout son long, dans un espace de brume froide qu’on pourrait prendre pour une banquise. C’est hélas, les parois d’un zoo, le chant triste et compassionnel d’un humain devant la vision d’un ours enfermé. Si les zoos et les musées ont contribué à la connaissance des espèces, l’histoire nous rappelle qu’ils ont aussi une histoire faite de captures, de commerce, d’expositions. Le parcours permet d’aborder le rôle des zoos et la vivisection.

Au fond, jusqu’où pouvons-nous comprendre les animaux ? Souvent, nous leur prêtons des intentions et des émotions humaines. Comment reconnaître les capacités et les comportements propres aux autres espèces, sans leur attribuer automatiquement nos propres façons de penser ? La scénographie joue également un rôle important : tapisserie immense de l’entrée évoquant le conte japonais de la princesse Mononoké, mobilier coloré évoquant la paille, dessins de chimères mêlant silhouettes humaines et animales, récits sonores et biographies d’animaux. Elle nous dit que l’exposition va bien au-delà des croyances et des animaux sacrés, malgré son titre.

> Réservations https://museedesconfluences.fr