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jeudi 3 septembre 2026
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[Éd. Gallimard] « Lettres à André Breton » de Nadja

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Longtemps cantonnée au rôle de muse mythique du surréalisme, la figure mystérieuse immortalisée par André Breton en 1928 dans son récit Nadja se révèle enfin dans toute sa vérité, sa voix et sa complexité artistique. Le recueil « Lettres à André Breton » lève le voile sur l’identité réelle qui se cachait derrière ce pseudonyme : Léona Camille Ghislaine Delcourt.

Née près de Lille en 1902, Léona Delcourt mène à Paris une existence précaire et marquée par les difficultés économiques, travaillant tour à tour comme danseuse, actrice ou entraîneuse dans les bars. Lorsqu’elle croise André Breton au hasard des rues parisiennes en octobre 1926, elle se présente sous le nom qu’elle s’est elle-même choisi : Nadja. Ce prénom vient du mot russe signifiant « espérance » (nadiejda), qu’elle expliquait par ces mots : « parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement. » À ce moment-là, elle a 23 ans et est déjà mère d’une fille. De leur brève liaison de neuf jours, suivie d’une correspondance intense jusqu’en février 1927, naîtra le chef-d’œuvre du poète.

André Breton gardera le souvenir marquant de leurs échanges, notamment autour des visions artistiques de la jeune femme. À propos de leurs derniers moments partagés, il écrivait d’ailleurs : « Mais les derniers dessins, alors inachevés, que m’a montrés Nadja lors de notre dernière rencontre, et qui ont dû disparaître dans la tourmente qui l’a emportée, témoignaient d’une tout autre science. » Le destin de la jeune femme s’avère tragique : un mois après la fin de leur échange épistolaire, elle est internée à la suite d’une crise délirante et finira ses jours à l’asile de Bailleul, où elle meurt en 1941.

Ce volume paru dans la collection blanche rassemble 51 lettres et textes inédits, des cartes postales et une sélection exceptionnelle des dessins de Nadja. L’ouvrage restitue l’expression directe, lucide et profondément lyrique d’une créatrice dont l’univers dépassait le simple statut d’inspiration pour le chef de file des surréalistes.

En redonnant la parole à Léona Delcourt, le livre permet de dépasser le mythe littéraire pour découvrir une véritable artiste à la vision poétique singulière, troublante et bouleversante.

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