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L’œil irrévérencieux d’Erwin Olaf réinvente le Siècle d’Or

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Le passé et le présent se percutent avec une grâce infinie sur les murs de la galerie Magda Danysz à Paris. Pour sa nouvelle série photographique, Erwin Olaf s’est plongé dans le Siècle d’or espagnol. Ses modèles possèdent l’élégance intemporelle des Ménines de la cour d’Espagne. À travers cet hommage aux grands maîtres du XVIe et du XVIIe siècle, l’artiste néerlandais livre une réflexion puissante sur la permanence de la beauté et de la provocation.

02-emmaus.jpgLe secret des grands maîtres à l’ère moderne

Vélasquez, El Greco ou encore Zurbarán reprennent vie sous l’objectif du photographe. Erwin Olaf reproduit avec une fidélité troublante la finesse du trait et la richesse des détails propres à cette époque artistique révolue. Le spectateur se retrouve immédiatement captivé par des scènes réalistes et intimes. Le tombé lourd d’un tissu précieux, le clair-obscur dramatique d’un décor et la délicatesse d’un visage rappellent instantanément l’art pictural classique. Le photographe prouve ici sa maîtrise absolue de la lumière et de la mise en scène.

Des anachronismes volontaires et ironiques

Le classicisme apparent des clichés cache pourtant des surprises de taille. Erwin Olaf a disséminé dans ses images des petits clins d’œil discrets à notre époque contemporaine. Ces détails anachroniques viennent bousculer la solennité de la peinture historique pour mieux souligner la modernité de ces chefs-d’œuvre. La reine Marie-Anne d’Autriche se retrouve ainsi affublée d’écouteurs iPod blancs. Plus loin, le célèbre Bouffon de Vélasquez arbore fièrement des baskets Adidas aux pieds.

La provocation comme passerelle temporelle

Cette ironie visuelle atteint son paroxysme avec le traitement du « Souper d’Emmaüs ». Le mur de cette scène inspirée du Caravage est ici décoré d’une mosaïque colorée de Joan Miró. Ce choix constitue un hommage direct au peintre italien, connu pour son esprit provocateur et son réalisme cru. Erwin Olaf partage cette même volonté de bousculer les codes établis de la beauté. À 50 ans, l’artiste choisit ses modèles parmi les vrais gens, incluant des nains, des vieillards ou des personnes handicapées. Cet ancien photographe de mode démontre une fois de plus sa capacité unique à détourner l’histoire pour interroger notre regard contemporain.

4 Commentaires

  1. Belles en effet les photos, presque trop et comme « léchées », mais j’aimerais qu’on m’expllique pourquoi Erwin Olaf est retenu et pas Guillaume Bresson, qui pose sur les grands classiques un autre regard que celui du « détournement », mot magique qui justifie tous les emballements, mais tout aussi intéressant et novateur me semble-t-il car il y intègre pleinement les éléments de la quotidienneté contemporaine.

  2. Erwin Olaf et la reconstitution de peintures classiques en photographies, mixant tradition et modernité, ça marche mais c’est beaucoup vu, tant en art que dans la publicité (les pubards étant des pilleurs de première !!!).
    On a vu ça au cinéma chez Greenaway (« Meurtres dans un jardin anglais », « Le Ventre de l’architecte », « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant »…) ou chez Godard (« Prénom Carmen », « Passion », « Je vous salue Marie »…). Dur d’innover en partant de l’ancien sans éviter la redite et le « comique de répétition ».

  3. Dans la même mouvance,on peut apprécier les Portraits Flamands de la normande Eléonore Saintagnan,vidéos,mais en fait vraies « photographies prolongées » et qui disent « après tout, on a bien le droit d’apprécier la peinture de l’âge d’or espagnol et les maîtres flamands et de leur rendre hommage » Olaf comme Saintagnan ont réussi leur pari.

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