Accueil ARTS & CULTURE DESIGN & ARCHITECTURE Exposition Éva Jospin : forêts de carton et architectures oniriques au Grand...

Exposition Éva Jospin : forêts de carton et architectures oniriques au Grand Palais

0
36

Imaginez un silence feutré, l’odeur boisée du carton brut et, face à vous, une forêt de dentelle qui semble respirer… Sous la verrière majestueuse du Grand Palais à Paris, le temps s’arrête. L’artiste Éva Jospin nous convie à une traversée hors du réel : ici, le matériau le plus humble devient une architecture sacrée, faite de lianes sculptées et de falaises de papier. Du 10 décembre 2025 au 29 mars 2026.

Éva Jospin, « Duomo » (2025)

Sous la grande nef du Grand Palais, les sculptures d’Éva Jospin donnent l’impression d’avoir été ciselées dans la pierre. En réalité, le visiteur découvre une superposition de couches de cartons ondulés. Cette illusion d’optique est née d’une légende. Un Romain serait tombé dans une cavité oubliée où il aurait découvert les vestiges de la Domus Aurea ou Maison Dorée de Néron. Eva Jospin invite les visiteurs dans un voyage tout droit sorti de son imaginaire, entre des sculptures grandeur nature que le visiteur peut pénétrer et d’autres entre lesquelles le visiteur circule et qu’il surplombe.

Éva Jospin « Cité 1 » (2023)

Le nom de l’exposition, Grottesco, propose un jeu de mots entre grotte et grotesque. C’est annonciateur de la thématique de l’exposition où les formes architecturales faisant appel au rêve et au fantastique se mélangent avec des éléments naturels. Sur les falaises rocheuses se dessinent des bâtiments d’inspiration antique. Le puit de lumière de la construction architecturale centrale rappelle à celui qui se trouve au centre de la coupole du Panthéon à Rome. En avançant dans l’exposition, la pierre se transforme en bois pour nous plonger dans une forêt qui semble sortie d’un conte de fées. À la manière des habitations troglodytes, les rectangles lumineux, semblables à des fenêtres, transparaissent dans les troncs d’arbres sculptés.

Éva Jospin, « Duomo » détail

Des petites cavités surgissent dans ses paysages. Elle y mêle coquillages colorés et nacrés qui ornent les architectures en carton, à la manière des dorures dans les églises et les châteaux. Le carton est sublimé et devient précieux avec l’incrustation de coquillages d’ormeaux. Dans plusieurs de ses œuvres accrochées au mur, Eva Jospin mêle sa technique du carton à celle de la tapisserie. Elle représente toujours la nature avec des végétaux et des branches ainsi que l’architecture avec les colonnes antiques reconnaissables. De la toile jusqu’au cadre, l’ensemble est une œuvre composée par l’artiste puisque les cadres eux-mêmes sont en carton.

Salomé Raucoule