L’inspiration a ses limites, la contrefaçon a ses lois. Quand les agences de publicité s’approprient l’univers d’artistes contemporains sans leur accord, le débat s’enflamme. Entre hommage maladroit et pillage pur et simple, la frontière est mince. Le cas récent du plasticien Philippe Ramette relance une polémique récurrente. Les créatifs de la pub manquent-ils cruellement d’idées ?
Philippe Ramette face aux pilleurs d’idées
L’affaire commence par une impression de déjà-vu. Un célèbre fournisseur de gaz naturel lance une campagne d’affichage massive. Sur les visuels, des individus posent dans des positions défiant les lois de la gravité. En découvrant ces images, l’artiste Philippe Ramette devient vert de rage. Ces postures légères et improbables constituent sa signature artistique depuis des décennies. Un cliché de la pub montre un homme adossé à un tronc, les pieds dans le vide. La ressemblance avec une œuvre célèbre de Ramette est frappante. L’artiste y grimpait à l’horizontale sur un arbre. La copie semble évidente.
Le combat du réel contre Photoshop
La ressemblance s’arrête pourtant à la technique. Philippe Ramette n’utilise jamais d’effets spéciaux numériques. Pour réaliser ses performances, il conçoit de complexes et périlleux systèmes techniques. Il baptise ces structures invisibles des « prothèses à attitudes ». L’artiste souffre physiquement pour tenir la pose. L’agence de publicité a choisi une voie nettement plus confortable. Pourquoi s’encombrer de prouesses physiques quand on possède des logiciels ? Les publicitaires ont simplement rentabilisé leur abonnement à Photoshop. L’effort artistique s’efface ici derrière le simple clic de souris.
Une troublante enquête de voisinage
Le hasard n’a pourtant pas sa place dans cette histoire. Une enquête rapide révèle les coulisses de la campagne publicitaire. Avant le shooting, l’agence de communication avait contacté la galerie Xippas à Paris. Cette galerie réputée représente justement le travail de Philippe Ramette. Les publicitaires cherchaient officiellement à se renseigner sur l’œuvre de l’artiste. Finalement, aucun contrat de collaboration n’a été signé. L’agence a préféré s’en passer. Elle a reproduit le concept de manière autonome, espérant sans doute l’impunité.
La justice frileuse face au droit d’auteur
Philippe Ramette et la galerie Xippas ont immédiatement réagi. Ils ont assigné les auteurs des images en référé pour contrefaçon. Malheureusement, le premier jugement ne leur a pas été favorable. La justice peine parfois à protéger une idée ou un concept artistique global. Cette décision surprend le milieu de l’art. Le droit moral des artistes semble ici bafoué. La publicité utilise régulièrement l’art contemporain comme un libre catalogue d’idées gratuites. Ce manque de reconnaissance fragilise le statut des créateurs.
Un précédent retentissant de l’affaire Dior
Pourtant, des précédents juridiques existent dans le monde de la mode et de l’art. En mars 2007, un géant de la haute couture avait été lourdement sanctionné. John Galliano, alors styliste de la marque Dior, avait été condamné par la justice.
Si la publicité était créative, ça se saurait… La recette des agences, c’est de copier – non pardon de se servir comme « référence » – les travaux des artistes, qu’ils soient photographes, réalisateurs, musiciens…
La publicité, c’est du marketing, de la transformation d’oeuvres à des fins commerciales, mais certainement pas de la création…
J
‘Soir
Que Philippe Ramette ne s’énerve pas trop non plus. Lui aussi, il pille allègrement. Un personnage en costume, en plein air, dans des poses surréalistes ? Ca ne vous rappelle rien ? Moi si, la peinture du belge René Magritte, ni plus ni moins. Est-ce que les ayants-droit de Magritte ont attaqué Philippe Ramette pour son travail à haute inspiration magrittienne ? Je ne pense pas. Ce n’est pas du pillage d’ailleurs, c’est plus un jeu d’influences, de confluences et de congruences. C’est bien connu, rien ne naît de rien. Rien ne se crée aussi en quelque sorte, tout se transforme (Lavoisier).
OK, les pubards, plutôt crevards au niveau idées, ont pas mal pompé sur le travail (de qualité d’ailleurs de Ramette, j’ai été à Chamarande et son expo était vraiment… de haute volée !), pour autant, celui-ci n’est pas en reste pour lorgner du côté romantique de Caspar David Friedrich (l’homme ténébreux face au sublime de la nature) et du côté surréaliste de Magritte. La boucle est-elle bouclée ?
Eh oui, à part ça, ce n’est pas nouveau. Séguéla n’est rien à côté d’un Picasso ou d’un Magritte. C’est un pique-assiette, en aucun cas Picasso, voire un Picassien. Les pubards sont des créatifs quand ils sont bons, tout au moins, c’est à dire rarement, et ils ne sont jamais des créateurs. Ils se rêvent artistes mais ce sont des boutiquiers, des marchands de rêves à deux balles, des commerçants détournant l’expression artistique au profit de sa rentabilité financière. Tout autre, my men, sont les artistes qui parodient ou reprennent les codes du langage publicitaire à des fins mi-artistiques mi-commerciales au centuple, comme un Warhol par exemple. Andy est grand, Keith Haring aussi, pendant qu’un Séguéla est un artisan en culottes courtes à côté. Qu’il vende ses Pampers et qu’il arrête de penser qu’il nous sort tous les jours des ‘Joconde’, des Belles Jardinières, des ‘Tintin’, des montres molles, des oreilles coupées bandées ou des nymphéas. Arrêtons le nivellement par le bas.
enfin merde c’est quoi ces foutaises ! donc pour une pauvre pub peut etre inspirer par un stagiaire qui a fait quelque recherche, on vient nous faire un débalage sur la pub est l’art .?
demain c’est quoi une note de Beethoven chez un autre artiste
EHHH HOOOOOOOOOOOOO a quoi sert l’art ? a ….. INSPIRER enfin pour moi
Donc quel est le probleme ….. l’argent, bien évidement encore et toujours !
On nous colle un artiste qui se « trouve » victime de la pub alors qu’en fait il n’a fait que son job, inspirer !! Sauf qu’il n’irait jamais faire un scandale dans une classe de CM2 ou on ferait un cours pratique de surréalisme !
Bien entendu, la pub fait par le meme artiste n’aurait pas été contestée … bien entendu 🙂
Franchement à part quelques chanceux qui connaissent Ramette et son sens de l’improbable, je ne vois pas bien les téléspectateurs de TF1 s’indigner 🙂
De grace !
K
Bonjour,
Nous sommes le 28 avril 2009 et j’arrive sur cette page par hasard. Aussi, bien que cet article ne soit pas « toutàfaitnouveau », il a le mérite de soulever une question d’actualité. Cela ne sert à rien de faire comme si l’auteur de cet article dit n’importe quoi. C’est une partie de la vérité. Mais on peut aller + loin et dire que beaucoup trop de personnes, pas créatives à des postes de créatifs passent du temps à piller les blogs de personnes anonymes et créatives pour soutenir la rentabilité financière d’un artiste. A votre question, posée avec beaucoup de lyrisme, je peux juste dire que l’art sert autant à ce que notre inspiration aille un peu plus loin que le plagia qu’à influencer notre travail.
vu le peu de vécu de certains « artistes » recrutés par les professionnels de l’art jetable en 1ère année des beaux arts ou après 6 mois aux arts décos il est indéniable que la démarche inverse est vraie
c’est a dire que beaucoup d’entre eux nous « concoctent des resucées de campagnes publicitaires
et oui culturellement nous évoluons dans un environnement cyclique qui évoque le serpent se mordant la queue
quant a Philippe Ramette qu’il continue a faire ses petits dessins marrants et qu’il cesse de faire le pitre sur son escabeau
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