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Salon du dessin 2026 : Murmures de graphite, du maître ancien au contemporain

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Eugène Isabey, "La Rade de Toulon" (1830), huile sur papier marouflé sur toile, 30 x 43 cm, Demish Danant

Au Palais Brongniart, le Salon du dessin 2026 confirme son statut de rendez-vous majeur du marché et de l’histoire des arts graphiques. Pour sa 34e édition, la foire parisienne réunit 39 galeries internationales. Porté par une Semaine du dessin toujours plus dense, l’événement affirme une ligne claire : défendre le dessin comme médium autonome, à la fois champ d’expérimentation et objet de collection. Du 25 au 30 mars.

Le Salon du dessin, entre rareté et redécouverte

L’édition 2026 illustre une dynamique double : d’un côté, la rareté extrême de certaines feuilles historiques ; de l’autre, une relecture active du dessin à travers ses supports et ses usages. Collage, découpe, papiers colorés ou photographie témoignent d’un élargissement du médium, amorcé au XXe siècle et pleinement assumé aujourd’hui. L’invitation faite au MuMa du Havre, riche de plus de mille dessins, renforce cette approche trans-historique, tandis que l’arrivée de nouvelles galeries confirme l’attractivité du salon sur un marché mondialisé mais exigeant.

Exposition Eugène Isabey sur le stand Demisch Danant

Demisch Danant : Eugène Isabey et la redécouverte du romantisme graphique

Autre moment fort, le solo show consacré à Eugène Isabey (1803-1886). Plus connu pour ses marines romantiques, l’artiste révèle ici une maîtrise subtile de la marine. Une feuille comme La Rade de Toulon (vers 1830) capte une lumière vibrante, presque instable, où le ciel et la mer semblent se confondre. Isabey travaille la transparence autant que la densité, ourlant les formes d’un blanc incisif. Ce dialogue entre fluidité et structure donne à ses œuvres une présence immédiate, presque atmosphérique, qui explique leur redécouverte actuelle par le marché et les institutions.

Le Prix Guerlain, baromètre du dessin contemporain

Le Salon du dessin reste aussi un observatoire du présent avec le 19e Prix de dessin contemporain de la Fondation Daniel & Florence Guerlain. En lice, trois lauréats 2026, Cathryn Boch, Simon Schubert et Renie Spoelstra incarnent trois approches radicales du dessin : couture et cartographie chez Cathryn Boch, pliage du papier chez Schubert, paysages monumentaux au fusain chez Spoelstra. Depuis sa création en 2007, ce prix joue un rôle structurant en affirmant le dessin comme un médium contemporain à part entière, capable de rivaliser avec les pratiques les plus conceptuelles.

Coup de cœur : un Picasso rare, Galerie Jean-François Cazeau

Parmi les œuvres marquantes, un masque de Pablo Picasso attire l’attention. Réalisé en 1958, ce très rare papier découpé sur support photographique appartient à la période expérimentale menée avec le photographe Villiers. L’œuvre, d’une grande économie de moyens, conjugue découpe, assemblage et dessin à la plume, révélant une approche sculpturale du papier. Sa provenance (Succession Picasso) renforce son importance sur le marché. La majorité de ces pièces étant restée dans les collections familiales, leur apparition demeure exceptionnelle. Présentée dans l’exposition Picasso: Cut Papers au Hammer Museum en 2022, elle est certifiée par Maya Picasso et l’Administration Picasso. Une œuvre charnière qui rappelle combien le dessin, chez Picasso, dépasse le simple support pour devenir acte de transformation.

> Pour en savoir plus salondudessin.com