La 35e édition de L’art dans les chapelles invite à prendre les chemins du Morbihan. De Pontivy à Saint-Barthélemy, le parcours se découvre au fil de trois circuits balisés, sur près de 150 kilomètres. Ici, l’art contemporain se mérite aussi à vélo ou en voiture, entre petites routes, traversées de forêts domaniales, et paysages agricoles. Une manière inspirante de passer d’une œuvre à l’autre, sans jamais perdre le contact avec le paysage. Du 3 juillet au 31 août 2026.
L’art dans les chapelles fait dialoguer le patrimoine religieux et la création contemporaine. Les artistes conçoivent leur intervention en tenant compte de l’architecture, de l’histoire, du mobilier et du caractère sacré de chaque chapelle. Cette confrontation entre l’ancien et le contemporain constitue le fil rouge de la manifestation, qui rassemble en 2026 onze artistes dans onze communes. L’ensemble attire chaque été plus de 40 000 visiteurs, soit environ une centaine de visites par jour et par chapelle.

Parmi les 11 propositions, certaines sont particulièrement remarquables. À la chapelle du château de Pontivy, notamment, Nathalie Junod-Ponsard déploie sa majestueuse Chute autour de la lumière, capable de modifier la perception et déstabiliser les repères. À Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy, Sara Chang Yan compose la toile comme une expérience de dépouillement, laissant le vide faire émerger une dimension invisible. À la chapelle Notre-Dame-de-Joie, au Gohazé, Clémence Mauger transpose dans une fresque sa recherche sur les végétaux et la frontière entre réalité et abstraction. À Notre-Dame-du-Moustoir, à Malguénac, François Maurin propose des formes organiques et abstraites, qui demandent une observation patiente. Quant à Julie Bertrand, elle enchante la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs, à Moric, avec ses extraordinaires compositions florales, faites de lumineuses pétales de céramique et tiges en verre filé et soufflé.
Enfin, à Saint-Barthélemy, Luisa Jacinto brouille les frontières entre peinture, sculpture et installation en associant notamment caoutchouc synthétique et tubes LED. La chapelle Saint-Adrien est habitée par une spectaculaire cascade de couleur. Différents mouvements sont à l’oeuvre aussi bien dans les dégradés des teintes que dans la composition qui traverse la nef. Au bout du circuit, on repart avec des images fortes en tête, mais aussi avec le sentiment d’avoir redécouvert une campagne bretonne que l’art contemporain oblige à regarder autrement.
![[Éd. Actes Sud] « Le rêve inachevé de Jack Kerouac » de Pierre Adrian Jack Kerouac à Brest en 1965 – Le rêve inachevé Pierre Adrian Actes Sud](https://great-artmag.com/wp-content/uploads/2026/04/1-100x70.avif)