Le Musée des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles accueille une exposition exceptionnelle réunissant Salvador Dalí et René Magritte. Jusqu’au 10 février 2019, ce face-à-face rassemble 80 œuvres majeures. L’événement met en lumière les liens secrets et l’influence mutuelle de ces deux géants de la peinture moderne.
La rencontre historique de 1929 à Cadaqués
Les deux icônes du surréalisme se croisent à Paris au printemps 1929. Très vite, Salvador Dalí invite René Magritte à passer l’été à Cadaqués, en Espagne. Dans ce village catalan, le peintre belge rencontre Joan Miró, Paul Éluard et le cinéaste Luis Buñuel. Durant ce séjour, les idées fusent et s’hybrident entre les artistes. Leurs approches artistiques divergent pourtant radicalement. Magritte cherche le mystère de l’objet et affirme que toute chose ne saurait exister sans lui. De son côté, Dalí développe un univers complexe et obsessionnel, où la mâchoire devient un moyen de connaissance. Cette double exposition offre un contraste saisissant entre ces deux génies.
René Magritte : le peintre du paradoxe et du mystère
Issu d’une famille modeste, René Magritte mène une vie d’apparence bourgeoise et tranquille avec son épouse Georgette. Cependant, son adolescence est tragiquement marquée par le suicide de sa mère lorsqu’il a 14 ans. L’artiste belge devient alors un homme introverti, subversif et profondément libre. Il s’amuse constamment à souligner le décalage entre l’objet réel et sa représentation. En 1964, il peint ainsi une pomme accompagnée de la célèbre mention indiquant que ceci n’est pas une pomme. Plus tard, dans son œuvre Variante de la tristesse, Magritte se fait philosophe. Il place une poule au centre de la toile juste après la ponte d’un œuf, interrogeant le spectateur sur le paradoxe des origines.
Le Fils de l’homme : les secrets d’un chef-d’œuvre
Commandé en 1964, l’autoportrait Le Fils de l’homme soulève directement la question de l’identité. Le titre de l’œuvre évoque explicitement l’appellation de l’homme dans la Bible, le sauveur des justes. Pourtant, Magritte adore brouiller les pistes avec des titres volontairement énigmatiques. Tout paraît lisse dans l’existence du peintre, à l’image de cette pomme séduisante et appétissante. Le fruit flotte dans l’espace et masque le visage de l’artiste. À travers ce jeu visuel, Magritte se cache et prouve qu’il reste un grand joueur d’échecs intellectuel.