La dessinatrice Wiebke Rauers est entrée dans le champ médiatique français avec un loup solitaire devenu le héros de la campagne publicitaire Intermarché. C’était fin 2024. Le Mal Aimé a largement été commentée. Portrait de sa créatrice.
L’émotion par le trait
Derrière cette figure se cache une illustratrice allemande née en 1986 (40 ans). Le parcours est solide, ancré dans l’illustration jeunesse et le design narratif. Formée au design de communication en Allemagne, Wiebke Rauers s’oriente très tôt vers la création de personnages. Son point fort : une attention particulière portée aux expressions, aux postures et à la psychologie visuelle. Après un passage en studio d’animation à Berlin, elle choisit l’indépendance. Elle développe un univers graphique reconnaissable. Lignes souples, volumes simples, couleurs chaleureuses, et une capacité rare à faire exister une émotion en quelques traits.
Un loup attachant
Le travail de Wiebke Rauers s’inscrit d’abord dans l’édition jeunesse, où elle s’impose comme une illustratrice inventive. Elle collabore avec plusieurs maisons d’édition. Elle illustre albums, séries et livres d’activités. Parmi ses projets les plus remarqués des figures marginales. Souvent, des monstres, insectes, dragons ou animaux maladroits… deviennent des héros sensibles et familiers. Cette inversion des rôles, constante dans son œuvre, repose sur une narration visuelle douce, jamais ironique, qui laisse au lecteur la liberté de s’identifier. Wiebke Rauers ne cherche pas l’effet graphique spectaculaire ; elle privilégie la lisibilité, le rythme et la cohérence émotionnelle. Ses personnages semblent toujours saisis dans un moment de vulnérabilité. C’est comme s’ils étaient surpris en train de douter ou de s’adapter.
Une rare qualité narrative
C’est précisément cette qualité narrative qui a conduit les studios d’animation français d’Illogic à s’appuyer sur son dessin. Wiebke Rauers en signe le design initial : une base graphique pensée comme un personnage de conte contemporain, ni caricatural ni réaliste, suffisamment neutre pour accueillir une histoire universelle. L’animation prolonge ensuite son trait sans le trahir, conservant cette expressivité contenue qui fait la force du personnage. Le succès de la campagne révèle l’importance croissante des illustrateurs dans l’écosystème visuel contemporain. Sans quitter le champ de l’illustration jeunesse, Wiebke Rauers démontre qu’un dessin issu de ce monde peut toucher un public bien plus large. Il suffit de rester fidèle à une exigence : raconter une histoire profondément incarnée.
