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dimanche 31 mai 2026
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David Hockney à la fondation Louis Vuitton

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La fondation Louis Vuitton à Paris consacre une rétrospective au Britannique David Hockney. Plus de 400 œuvres retracent 70 ans de création. Un accent est porté sur les 25 dernières années. Le regard du peintre se fait témoin de la lumière, et surtout, de la joie de peindre. Jusqu’au 30 août 2025.

La nature normande

En s’installant dans le Pays d’Auge normand en 2019, David Hockney entame un nouveau chapitre de son œuvre. Il s’inscrit dans la tradition du paysage anglais, de Constable à Turner. Ses grandes frises conçues sur iPad, rappellent les Nymphéas de Monet par leur déploiement immersif et narratif. Dans cette fresque longue de 80 mètres, la campagne normande devient le théâtre d’un cycle de métamorphoses. Mais Hockney ne peint pas seulement la nature. Il donne à voir le regard qui s’éveille à ses rythmes. Les saisons passent, les motifs évoluent, mais la peinture reste, comme une manière de capter le vivant dans sa respiration même.

La couleur est vibration

Roses saturés, verts acides, bleus électriques, jaunes éclatants… La palette de David Hockney transpose l’émotion visuelle. Chaque teinte devient un acte de résistance à la fadeur, à la grisaille, au désenchantement. Les bouquets de fleurs, motif intime et récurrent dans son œuvre, condensent cette énergie. Peints à l’huile, dessinés au crayon, composés sur iPad ou sur iPhone. Rien de spectaculaire, mais une attention extrême à la variation. Parfois, les fonds se font neutres pour faire éclater les masses colorées. Chaque bouquet devient une recherche sur la perception, la lumière et la composition.

Une nuit colorée

Les paysages nocturnes occupent une place (et une salle) à part. Hockney explore une palette plus sourde. Les cieux indigo, les feuillages noirs aux reflets violets, les ombres bleues et les halos lumineux percent l’obscurité. Loin du romantisme noir, ses nuits vibrent d’un calme habité. Il y a là une poésie discrète du silence. Un arbre solitaire sous un ciel mauve, une route vide baignée d’un halo jaune, une maison faiblement éclairée derrière un bosquet. Ce n’est pas la nuit en soi qu’Hockney peint, mais ce qu’elle rend possible. L’artiste renouvelle ici le genre du nocturne sans jamais tomber dans l’abstraction ni le décoratif.

Les maîtres du passé, toujours présents

Hockney n’a jamais renié ses racines. Il revendique l’influence des grands maîtres. Van Gogh avant tout, dont l’ombre plane sur ses paysages récents. De l’artiste néerlandais, il retient la puissance du trait, l’audace des perspectives, la foi dans la nature et surtout cette idée que « la couleur a une dimension morale ». Il dira d’ailleurs : « Van Gogh l’a compris mieux que quiconque. » Ses filiations sont multiples : la rigueur spatiale de Piero della Francesca, les intérieurs silencieux de Vermeer, la liberté de Matisse, la fulgurance de Picasso. Hockney regarde, démonte, réinvente. Il ne copie pas, il dialogue. Il engage une conversation visuelle à travers les siècles avec ces figures tutélaires, nourrissant son œuvre sans jamais la figer dans un héritage.

Informations pratiques
• Dates : du 9 avril au 31 août 2025
• Lieu : Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris
• Horaires : 11h–20h (fermé le mardi), nocturne le vendredi jusqu’à 21h
• Tarifs : 16 € (plein tarif), 10 € (moins de 26 ans), 5 € (moins de 18 ans)
• Réservations : fondationlouisvuitton.fr