À Art Paris 2026, le stand du Fonds d’art contemporain – Paris Collections s’impose comme l’un des points d’ancrage critiques de la foire. En écho à la thématique de la « réparation » portée par la commissaire invitée Alexia Fabre, l’institution municipale propose un accrochage où les œuvres de Chéri Samba dialoguent avec un ensemble historique revisité. Le geste curatorial interroge les angles morts de la collection et tente d’y répondre par une mise en tension des récits. Jusqu’au 12 avril.
Ce travail de « réparation institutionnelle » s’incarne d’abord dans une relecture des œuvres orientalistes produites par des artistes français entre les années 1920 et 1950. Longtemps regardées sans distance critique, ces représentations sont ici confrontées à celles d’artistes originaires d’Afrique, de la Caraïbe ou d’Amérique du Sud, actifs à la même période. Ce rapprochement fait apparaître des écarts de perception, des tensions narratives, mais aussi des formes de résistance visuelle face à l’imaginaire colonial. Dans ce dispositif, les toiles de Chéri Samba, avec leur frontalité et leur puissance textuelle, agissent comme des révélateurs : elles exposent, dénoncent et reconfigurent les récits dominants.
À cette stratification historique répond une sélection d’artistes contemporains et contemporaines, souvent issu·e·s de trajectoires migratoires ou appartenant à des minorités racisées. Leurs œuvres prolongent la réflexion en explorant des stratégies de résilience, d’affirmation identitaire et de soin. La temporalité large du corpus – de pièces antérieures à 1915 jusqu’à des créations de 2022 – permet de mesurer la persistance de certains motifs et la transformation des regards. Ce dialogue intergénérationnel inscrit la collection dans une dynamique critique, loin de toute fixité patrimoniale.
Cette présence à Art Paris s’inscrit dans une politique plus large de valorisation et d’ouverture du Fonds, héritier du FMAC fondé en 1816. Avec plus de 23 000 œuvres, dont 15 % relèvent du soutien direct à la création contemporaine, la collection municipale continue de s’enrichir selon un modèle participatif associant galeristes et artistes actifs à Paris. Sous l’impulsion de Julie Gandini, et grâce à des initiatives comme le programme « Jeunes collectionneurs », le Fonds développe une approche inclusive de l’art, diffusé dans les écoles et les structures médico-sociales. La mise en ligne, en 2022, d’un site dédié prolonge cette ambition : faire de la collection un espace vivant, critique et partagé.
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