Modélisations 3D, jumeaux numériques, jeux de fumées et lasers… L’Atelier des Lumières à Paris a franchi une nouvelle étape dans l’art immersif avec sa création 2026, « Renaissance : De Vinci, Raphaël, Michel-Ange ». L’ancienne fonderie du 11e arrondissement se métamorphose en un plateau vivant où les représentations des chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne prennent corps dans l’espace. Jusqu’au 28 juin.
Sous l’impulsion du directeur de création Jean-Baptiste Hardoin, l’expérience immersive de 52 minutes propose un dialogue entre son spatialisé et architecture. L’approche scénographique, héritée de son expertise au sein de l’agence Moment Factory puis de son propre studio, s’inscrit dans la continuité de ses réalisations où la technologie s’efface au profit de l’émotion. Reconnu pour sa capacité à métamorphoser des sites emblématiques, Jean-Baptiste Hardoin a précédemment marqué les esprits avec des projets tels que le parcours nocturne « Alta Lumina » aux Gets (Haute-Savoie). Son savoir-faire repose sur une maîtrise précise de la narration visuelle couplée à une ingénierie sonore de pointe, permettant de briser le « quatrième mur » entre l’œuvre et le spectateur. Dans l’expérience immersive pour l’Atelier des Lumières, Jean-Baptiste Hardoin mobilise son expérience des spectacles de grande ampleur pour faire de la Renaissance une chorégraphie de pixels et de fréquences.
La dimension sonore occupe une place centrale où chaque séquence est rythmée par une temporalité musicale précise. La bande-son originale, enrichie de morceaux contemporains, instaure des résonances inattendues : le spectateur est ainsi accueilli par les sonorités modernes de Rosalía et Björk, créant un lien direct entre le passé et le présent. Plus loin, les portraits de Léonard de Vinci s’accompagnent de la voix de Billie Eilish avec « When the Party’s Over », tandis que les scènes de bataille de Raphaël s’intensifient au rythme des « Mythologies » de Thomas Bangalter. Et, pour incarner la voix de l’historien Giorgio Vasari (1511-1574), celle du narrateur Féodor Atkine.
Le designer lumière Thomas Dechandon a conçu une installation qui donne corps aux ambiances musicales. L’utilisation de lasers, de faisceaux lumineux motorisés et d’effets atmosphériques comme la fumée lourde ou le brouillard transforme la halle en une expérience tridimensionnelle. Qu’il s’agisse de déambuler dans une carrière de marbre de Carrare au son d’un arrangement minimaliste de Vivaldi ou de contempler la voûte de la Chapelle Sixtine, le visiteur est plongé dans un spectacle sensoriel où l’image, le son et la lumière fusionnent pour réinventer notre regard sur les maîtres de la Renaissance.
> En savoir plus sur le spectacle « Renaissance : De Vinci, Raphaël, Michel-Ange » atelier-lumieres.com













