Longtemps cantonnée au rôle de muse mythique du surréalisme, la figure mystérieuse immortalisée par André Breton en 1928 dans son récit Nadja se révèle enfin dans toute sa vérité, sa voix et sa complexité artistique. Le recueil “Lettres à André Breton” lève le voile sur l’identité réelle qui se cachait derrière ce pseudonyme : Léona Camille Ghislaine Delcourt.

André Breton gardera le souvenir marquant de leurs échanges, notamment autour des visions artistiques de la jeune femme. À propos de leurs derniers moments partagés, il écrivait d’ailleurs : « Mais les derniers dessins, alors inachevés, que m’a montrés Nadja lors de notre dernière rencontre, et qui ont dû disparaître dans la tourmente qui l’a emportée, témoignaient d’une tout autre science. » Le destin de la jeune femme s’avère tragique : un mois après la fin de leur échange épistolaire, elle est internée à la suite d’une crise délirante et finira ses jours à l’asile de Bailleul, où elle meurt en 1941.

En redonnant la parole à Léona Delcourt, le livre permet de dépasser le mythe littéraire pour découvrir une véritable artiste à la vision poétique singulière, troublante et bouleversante.