Accueil ARTS & CULTURE EXPOSITION « Mémoires du paysage » : une odyssée gravée au Musée Louis Selnecq

« Mémoires du paysage » : une odyssée gravée au Musée Louis Selnecq

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Ariane Fruit, "Piscine" - Pastel sec (2025)

Le Musée d’Art et d’Histoire Louis Senlecq, à L’Isle-Adam (Val d’Oise), sous l’impulsion de sa directrice Caroline Oliveira, devient le théâtre d’une rencontre entre deux artistes en résidence : Caroline Bouyer et d’Ariane Fruit. L’exposition « Mémoires du paysage » dévoile une centaine d’œuvres gravées et dessinées, du 12 avril au 20 septembre 2026.

Une réflexion croisée sur la transformation du territoire de l’intime.

Les univers de Caroline Bouyer et d’Ariane Fruit se rejoignent dans une mise en dialogue orchestrée par une résidence commune à L’Isle-Adam en 2025. Ce face-à-face artistique s’incarne notamment autour de la plage fluviale : tandis qu’Ariane Fruit explore le fond de la piscine au pastel sec, Caroline Bouyer en immortalise l’architecture emblématique. La scénographie, pensée dans une salle tout en longueur rappelant un wagon, souligne leur intérêt commun pour la linéarité du chemin de fer. Leurs œuvres se répondent avec une synchronicité troublante, comme lorsqu’elles représentent, sans s’être concertées, le même tronçon de la Petite Ceinture parisienne, saisissant ainsi la mutation des paysages et le passage du temps.

Née de la volonté de capturer l’éphémère, la pratique d’Ariane Fruit repose sur une technique singulière : le dessin d’après photographie. Née à Rouen en 1975, Ariane Fruit est diplômée de l’Ecole des Gobelins à Paris – section photographie. Utilisant le fusain ou le marqueur, elle recrée des paysages perçus depuis la fenêtre d’un train, donnant à ses œuvres une illusion photographique saisissante. Son travail semble figer le défilement du monde. Sa série majeure, Transe canadienne (2022), composée de 17 gravures sur bois, illustre le voyage qu’elle a effectué entre Toronto et Vancouver, où la rugosité de la fibre de bois vient souligner la densité des forêts traversées lors de ses périples personnels.

Caroline Bouyer, ‘Aux confins du monde I » (2019)

Pour Caroline Bouyer, née en 1972, professeure de gravure à l’École Estienne, à Paris, le paysage est une matière onirique et mémorielle. À partir de ses carnets de croquis remplis de végétaux et de cours d’eau, elle réinterprète le réel pour créer des « témoignages graphiques ». Son travail sur la zone portuaire de Dunkerque, mêlant ses propres gravures aux récits des habitants, souligne sa volonté d’ancrer l’art dans une mémoire collective. Sa série Relique, imprimée sur tissu, montre comment elle altère les formes et les couleurs pour transformer un lieu tangible en une vision abstraite et poétique. Très attachée à la proximité avec la nature, elle utilise notamment la technique de la gravure au carborundum pour donner de la matière et de la profondeur à ses explorations territoriales.

Informations pratiques
Exposition : Caroline Bouyer et Ariane Fruit : « Mémoires du paysage »
Lieu : Musée d’Art et d’Histoire Louis Senlecq, L’Isle-Adam
Dates : Du 12 avril au 20 septembre 2026
Techniques à découvrir : Linogravures (gravure sur linoléum souple) et gravures au carborundum (matière texturée à base de résine et de poudre abrasive).