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« Je dis oui », à la corbeille de la mariée de Lochan Upadhyay !

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Les Chaises de mariage de l’artiste indien Lochan Upadhyay attirent le regard dès l’entrée de la Galerie Albert Benamou à Paris. Majestueuses, colorées, elles imposent leur présence. Je découvre le 29 avril 2011 ces œuvres le jour du mariage princier de Kate Middleton et Prince William, un écho inattendu à la thématique nuptiale que l’artiste interroge, à sa manière, depuis son village natal.

Des Chaises de mariage réalisées à partir de saris recyclés

Ces Chaises de mariage sont conçues à partir de chutes de tissus de saris collectées auprès des femmes de Partapur, village situé dans l’ouest de l’Inde. Chaque fragment textile porte une mémoire intime. Assemblés, ils forment une structure monumentale qui évoque à la fois le trône, le rituel et la transmission. L’œuvre fait explicitement référence à la dot, pratique toujours répandue en Inde. La famille de la mariée doit verser une somme ou des biens à celle du futur époux. Cette tradition alimente depuis des décennies des déséquilibres sociaux profonds. Le pays affiche encore un ratio d’environ 93 femmes pour 100 hommes, révélateur d’inégalités persistantes.

En détournant le symbole du siège d’apparat, Lochan Upadhyay transforme l’objet en espace critique. La chaise devient tribune.

Lochan Upadhyay, une jeune figure soutenue par la FICA

Âgé de 27 ans, diplômé de l’Université des Beaux-Arts de Baroda, Lochan Upadhyay s’impose comme l’un des jeunes artistes indiens à suivre. Il a été remarqué par la Foundation for Indian Contemporary Art (FICA), acteur majeur du soutien à la création contemporaine en Inde.

« Ce qui compte pour moi, c’est l’esprit participatif. »

Au cœur de sa démarche : la relation avec les habitants de Partapur. Il réalise leurs portraits, souvent assis sur cette chaise-trône. Le contraste entre leurs vêtements et l’assemblage panaché des tissus colorés renforce la puissance visuelle de l’image. L’individu dialogue avec la communauté.

Art participatif et sculptures en plastique recyclé

La même logique collaborative structure la série Mobile Home. Ces sculptures sont composées de fils multicolores torsadés, réalisés à partir de plastiques 100 % recyclés. Ici, l’artiste aborde frontalement la question de la pollution en Inde, où les niveaux de contamination dépassent régulièrement les seuils sanitaires recommandés. Les matériaux récupérés deviennent matière à création. Le rebut se transforme en architecture fragile.

L’exposition à la Galerie Albert Benamou réunit une dizaine d’œuvres.
Toutes articulent trois axes forts :
* critique des traditions sociales liées à la dot
* valorisation du travail collectif et communautaire
* dénonciation de la pollution plastique en Inde

Avec ses Chaises de mariage, Lochan Upadhyay conjugue esthétique textile, art participatif et engagement sociétal. À Paris, son travail rappelle que l’art contemporain indien interroge autant les héritages culturels que les urgences environnementales.

Galerie Albert Benamou, 24, rue de Penthièvre Paris 8e. Jusqu’au 30 juin.
> www.benamou.net

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