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  • Pour ou contre l’expo « Our Body / A corps ouvert » ?

    Pour ou contre l’expo « Our Body / A corps ouvert » ?

    our body.jpgUn juge des référés parisiens vient d’interdire l’exposition « Our Body / A corps ouvert » qui se tient actuellement à Paris jusqu’au 10 mai et devrait être ensuite présentée au Parc Floral de Paris. Les organisateurs, Encore Events, ont 24h pour suspendre la manifestation sous peine d’une astreinte de plusieurs dizaines de milliers d’euros par jour. Pour Pascal Bernardin, c’est l’incompréhension. Selon lui, sa démarche vise à « sensibiliser le grand public au besoin urgent de don d’organes ». Le 22 juin, à l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, Pascal Bernardin comptait marquer un grand coup. Face à la polémique – et à en juger par les nombreux commentaires laissés sur mon blog depuis le 30 janvier, date à laquelle j’annonçais l’arrivée de cette exposition – Our Body risque fort de finir ainsi sa tournée scandaleuse.

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  • Les fruits de Rob Kesseler,  à consommer cinq fois par jour

    Les fruits de Rob Kesseler, à consommer cinq fois par jour

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    Un masque végétal d’une ethnie lointaine exposée au Quai Branly ? Non. Voici « Calotis breviradiata », un fruit originaire d’Australie et couronné d’une aigrette, photographié par le britannique Rob Kesseler. C’est le magazine « Sciences et Avenir » qui nous livre cette pépite – et bien d’autres – dans son numéro de mai. Les images, réalisées en noir et blanc au microscope, ont été colorisées afin de mettre en évidence des détails qui échappent à l’œil nu. En effet, ces clichés pris en collaboration avec le botaniste britannique Wolfgang Stuppy, des célèbres Kew Garden, ont permis de percer le secret de la dispersion et de la reproduction des graines. Résultat : un festival de formes et de couleurs à découvrir aussi dans le splendide ouvrage « Fruit », qui vient de paraître aux éditions Papadakis (non encore traduit en français).

    > Plus d’infos sur Rob Kesseler www.robkesseler.co.uk

  • Neurosciences : Quand l’art des méninges !

    Neurosciences : Quand l’art des méninges !

    cerveau-neon-agnes-winter.jpgLa chasse et la cueillette à l’origine de nos différences de goût en art ?! Selon des scientifiques espagnols, dont les travaux ont été publiés dans la très sérieuse revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, le cerveau des femmes et celui des hommes ne réagiraient pas de la même façon face au beau en raison de la division du travail opérée dès les premiers âges de l’humanité. Aux hommes les grands espaces, aux femmes la minutieuse observation des baies ! Cette étude, menée auprès de 10 femmes et 10 hommes (pas de quoi parler d’une cohorte représentative tout de même…) grâce à des magnéto-encéphalographes a révélé que les femmes développent une activité neuronale dans les deux hémisphères face aux oeuvres pour lesquelles elles éprouvent une émotion esthétique, tandis que les hommes n’activent que l’hémisphère droit. Or, c’est bien connu, les aptitudes visio-spatiales sont souvent mieux réalisées par l’hémisphère droit. De l’art de transposer le désormais célèbre adage « Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières » en art ! La petite mysoginie ordinaire érigée en chef d’oeuvre.

    > En savoir plus sur l’étude www.pnas.org

    Illustration : Néon sur laque, de l’artiste Agnès Winter (1998)

  • Quand la Chine se copie elle-même !

    Quand la Chine se copie elle-même !

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    Pour quelques dizaines d’euros, offrez-vous un portrait inspiré des toiles de Yue Minjun (né en 1962), l’artiste contemporain actuellement le mieux coté en Chine – son tableau intitulé Gweong-Gweong (1993) montrant des Chinois aux visages rougeoyants hilares s’est vendu en mai 2008 près de 4 millions d’euros chez Christie’s ! Pour ce faire, il suffit de vous promener dans le grand bazar de la vieille ville de Shanghai. Les petites échoppes les proposent sans scrupules entre des portraits de Mao et des dragons volants.

    Yue-Minjun-2.jpgLa Chine, championne du monde du plagiat ? Elle en a fait son cœur de business dans l’industrie comme dans la sculpture. Dans la région de Quyang, au Sud-Ouest de Pékin, 50 000 ouvriers sculptent à la chaine chevaux de la Dynastie Han (202 -220), éphèbes grecs, bustes romains, anges et Christ en croix par millions. Les 2500 ateliers travaillent pour le marché de l’exportation qui représente 60% de leur activité.
    Mais la copie n’est ni une nouveauté ni une réelle spécialité chinoise. Le Louvre n’a t-il retiré en 2001 de ses vitrines la « Tête bleue », longtemps considéré comme un chef-d’oeuvre de l’Egypte ancienne. La tête en pâte de verre bleue surmontée d’une coiffe violette, riche en plomb et en arsenic, datait en réalité des années 1920. Les musées du monde entier en sont pleins !

  • Sur les pas de l’artiste chinois Ai Wei Wei

    Sur les pas de l’artiste chinois Ai Wei Wei

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    C’est par hasard, au détour d’une luxueuse cage d’escaliers de l’un des 2000 buildings que compte Shanghai, que j’ai découvert Ai Wei Wei. L’artiste chinois y présente une installation permanente intitulée « Very Yao » (2008) : près d’une centaine de vélos soudés et superposés sur une hauteur de plus de 12 mètres. Un impressionnant amas de rayons et ferraille évoquant une absurde succession sans fin ni utilité, chaque vélo ayant perdu toute autonomie. Quelques jours plus tard, au dernier étage du Moca, le Musée d’art contemporain de la ville, dans un espace d’expérimentations artistiques appelé LabArt, je suis tombée cette fois nez à nez avec un boa de près de 10 mètres de long, constitué de 350 sacs en bâche plastique recyclé. Toujours signé Ai Wei Wei… Il était donc dit que je devais découvrir cet architecte et designer de 51 ans, dont les œuvres sont à la fois une évocation et une dénonciation de la production en série. Installé dans son atelier de Pékin, Ai Wei Wei s’est notamment fait connaître en Occident au moment des Jeux olympiques en août dernier en dénonçant, à ses risques et périls, les messages d’ouverture envoyés par la Chine à cette occasion. ai-weiwei.jpg

    Aujourd’hui, l’artiste est engagé dans un autre combat à l’occasion de la fête des morts, la « Quingming », qui aura lieu le 4 avril. Le plasticien veut rendre hommage aux 2 735 écoliers morts dans le tremblement de terre de Wenchuan, le 12 mai 2008. Il souhaite pousser les autorités chinoises, qui s’y sont toujours refusé, à communiquer officiellement le nom de chaque petite victime. Lors du séisme, 14 000 écoles de 159 districts ont été détruites, dont 91% étaient des écoles publiques. Avec une équipe de bénévoles, Ai Wei Wei s’est lancé dans une dénonciation de la « construction en tofu » des bâtiments. Il a également mis en ligne une « enquête citoyenne » sur son blog, fermé depuis par les autorités chinoises. « Tous ces enfants ont des parents, et possèdent leurs rêves, leurs rires et leur nom. Les noms leur appartiennent, leurs noms deviendront leur souvenir », explique l’artiste.

     

  • Space Invader s’est posé chez 20 Minutes

    Space Invader s’est posé chez 20 Minutes

    space.jpgSpace Invader a encore frappé ! C’était le 18 mars dernier à la rédaction du quotidien 20 Minutes, boulevard Haussmann à Paris où, invité par Délire de l’Art pour rencontrer les journalistes du délirant cahier du week-end 2.0, il a collé l’une de ses créatures au dessus de la porte d’entrée ! Space Invader est cet artiste français recherché par toutes les polices et qui avance toujours masqué. Depuis 1998, le mosaïste taggueur parcourt le monde suivant un redoutable plan d’invasion : déjà près de 3 000 mosaïques mutantes ont été posées dans 40 pays sur les 5 continents. Soit, une moyenne d’une quarantaine de space inviders par ville.

    Inspirés des jeux vidéos, ses personnages – Pac Man, Mario,… – sont toujours installés en toute illégalité sur un pont, dans le métro, à l’angle d’une rue, sur un monument, au Louvre… A Paris, l’artiste s’apprête à poser son 800e « compagnon ». Il y a quelques jours, surpris en haut d’une échelle à 2 heures du matin boulevard Saint-Germain à Paris, il a prétexté chercher à atteindre un bout d’affiche à décrocher… Pour cette fois, il s’en est sorti sans amende. « En 10 ans, les flics m’ont emmené plusieurs fois au poste… », confie Invader. Sous son masque, l’on devine un sourire !

    Space Invider vient de publier un album de son invasion parisienne : plans par arrondissement, images in situ, système de numérotation, scores. « J’ai choisi la Bourse pour installer le space 404 en raison de la page d’erreur 404 sur Internet », explique t-il amusé. Trois petits spaces colorés Rue des Trois frères, et de nombreux clins d’oeil à découvrir. Soyez attentifs !

    > En savoir plus sur Space Invader www.space-invaders.com