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Étiquette : VR

  • Guernica en immersion : au Musée Picasso-Paris

    Guernica en immersion : au Musée Picasso-Paris

    Au Musée national Picasso-Paris, l’expérience immersive consacrée à Guernica dépasse le simple dispositif technologique. Elle recompose, avec une précision saisissante, la naissance d’une œuvre-monument. Dans cette traversée en réalité virtuelle, une voix s’élève : celle de Dora Maar. Elle raconte. Elle se souvient. Et le visiteur, happé, entre dans l’année 1937. « Les métamorphoses de Guernica » est à arpenter, du 8 avril au 6 septembre 2026.

    Je suis Dora… Dans l’atelier des Grands-Augustins à Paris, je regarde Pablo Picasso travailler. La toile est immense, encore blanche par endroits. Tout est urgence. Les journaux s’empilent, les titres des journaux espagnols hurlent. Le 26 avril 1937, la ville basque de Guernica est bombardée par 44 avions de la légion Condor allemande nazie et 13 avions de l’Aviation Légionnaire italienne fasciste, en appui du coup d’État nationaliste contre le gouvernement de la Seconde République espagnole. Les images de désolation arrivent, fragmentaires. Des corps, des cris, des cendres. Picasso ne parle presque pas. Il peint. Il ajoute mon portrait, moi en pleurs, les bras levés vers le ciel, à la marge, à droite…

    La succession de tableaux immersifs a été rendue possible « grâce aux archives et à l’écriture du réalisateur Nicolas Thépot (Lucid Realities) et le conseil scientifique du musée », affirme Cécile Debray, Présidente du Musée national Picasso-Paris. L’auteur, Nicolas Thépot a travaillé sur la série « Orsay en Mouvements ». Il est également le créateur de la mini-série « Oubliez-moi » pour france.tv. ou du magazine « L’Oeil de links » pour Canal+. Il est récemment intervenu sur des dispositifs de médiation culturelle pour le MuséoParc d’Alésia.

    Les murs vibrent d’archives, de coupures de presse, de photographies. L’expérience immersive dans cette toile géante de 3,5 mètres de hauteur et 7,8 mètres de largeur, restitue cette tension. Le visiteur est immergé dans les ruines de la ville ravagée. Puis, retour à Paris, dans l’atelier de Picasso, là où la violence devient langage pictural. Chaque figure du tableau semble surgir sous les yeux. Le noir et blanc s’impose, évoque la photographie. Picasso tord les corps, arrache les visages à toute douceur. Le cheval hurle. Ici, tout accuse. Guernica est une onde de choc.

    « Le taureau représente la brutalité, ce cheval est le peuple. » Pablo Picasso, 1945

    Les métamorphoses de Guernica propose une nouvelle manière de comprendre l’histoire de cette œuvre à la portée universelle, en résonance avec les collections du Musée national Picasso-Paris, qui conservent des études préliminaires, des documents d’archives et un corpus d’œuvres en lien étroit avec la création du tableau.

    La narration alterne entre témoignage intime et mise en perspective historique. On traverse le pavillon espagnol de l’Exposition internationale de 1937, où l’œuvre est révélée au monde. Puis viennent les itinérances : Londres, New York, Madrid, où elle est conservée depuis 1992 au Museo Centro de Arte Reina Sofia. Ce qui frappe enfin, c’est la justesse du dispositif. Le visiteur pourrait bien avoir envie de poursuivre sa visite dans les collections à Paris et peut-être même de se rendre en terres madrilènes.

    Infos pratiques

    Lieu : Musée national Picasso-Paris
    Exposition : Les métamorphoses de Guernica
    Dates : du 8 avril au 6 septembre 2026
    Durée : 15 minutes
    Langues : français, anglais, espagnol
    Tarif : 7 €
    Accès : auditorium, aux horaires du musée (mardi–dimanche, 10h–18h)
    Âge recommandé : à partir de 10 ans

  • Cherbourg en 1937 : quand la réalité mixte ressuscite l’âge d’or transatlantique

    Cherbourg en 1937 : quand la réalité mixte ressuscite l’âge d’or transatlantique

    Première escale du paquebot Queen Mary à Cherbourg-en-Cotentin, le 14 avril 1937 : embarquez aux côtés des voyageurs de première classe, valises à la main et regards tournés vers l’Atlantique ! À La Cité de la Mer, depuis 2025, l’expérience se vit casque sur la tête, en réalité mixte, dans la spectaculaire Gare Maritime Transatlantique.

    À La Cité de la Mer à Cherbourg-en-Cotentin, la technologie immersive réactive un pan entier de l’histoire. Équipé d’un casque de réalité mixte, le visiteur entre dans la Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg et voit aussitôt le réel se transformer sans disparaître. La halle monumentale, saluée en 1933 comme la « plus belle gare maritime du monde », se peuple d’ombres et de vies retrouvées. En surimpression, les années 30 reprennent corps.

    Trains à quai, valises empilées, silhouettes élégantes et agitation contenue d’un départ vers l’Amérique. L’expérience, conçue par la société française Anamnesia joue sur cette frontière ténue entre présent et passé, sans jamais rompre l’ancrage physique du lieu. Très vite, la visite devient narrative. On avance dans la foule, on contourne les piles de bagages, on surprend des échanges. Un vendeur de journaux à la criée lance son « Cherbourg Éclair, 30 centimes ! », évoquant l’escale historique du Queen Mary mais aussi les tensions de l’époque, notamment la montée du nazisme. L’immersion tient à ces détails : un orchestre de jazz, des voyageurs impatients, des employés absorbés dans leurs tâches.

    La reconstitution fait émerger deux figures réelles, incarnées et accessibles : l’architecte René Levavasseur (1881-1962) et son décorateur Marc Simon (1884-1964). Le premier raconte la genèse du bâtiment, depuis un projet initial refusé en 1924 pour son coût, jusqu’à une version plus sobre, inspirée par l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, finalement acceptée en 1926. La gare, inaugurée en 1933, incarne alors l’esthétique Art déco : lignes géométriques, sobriété, élégance fonctionnelle. Cette précision historique, intégrée dans une expérience fluide et sensorielle, donne le sentiment rare de ne pas visiter un lieu, mais de le revivre.

    Informations pratiques
    Lieu : La Cité de la Mer (Cherbourg-en-Cotentin)
    Durée de l’expérience immersive : 35 minutes
    Technologie : casque de réalité mixte
    Public : accessible à partir de 8-10 ans
    Tarifs : Environ 11 € en supplément du billet d’entrée

  • VR, dispositifs immersifs, expériences mixtes : panorama des nouvelles écritures interactives

    VR, dispositifs immersifs, expériences mixtes : panorama des nouvelles écritures interactives

    VR, dispositifs immersifs, expériences mixtes, datavisualisations animées…. Les musées et les institutions publiques utilisent de plus en plus des œuvres numériques comme outil de médiation culturelle et d’expérience partagée avec le public. A l’occasion du 6e Forum Entreprendre dans la culture, les producteurs de l’Association des Producteurs d’Expériences Numériques (PXN) ont présenté vendredi 23 octobre des projets innovants tant dans leurs contenus que dans leurs modalités de production ou de diffusion.

    Data du futur, outil de data visualisation animée développé par Escalenta

    •    Isabelle Thomas et le vidéaste Pascal Goblot d’Escalenta ont présenté Data du Futur, une œuvre immersive multi-format qui nous projette dans le monde de demain. Initialement conçue pour une diffusion linéaire d’une vingtaine de minutes sur écran géant et planétarium en co-production avec La Cité des sciences, ce projet développe aussi une narration spécifique et complémentaire en réalité virtuelle ciblant une diffusion internationale notamment dans les centres arts et technologies et les musées scientifiques. Avec conviction, ils ont fait la démonstration d’un spectacle de datavisualisation animée autour l’évolution de la population mondiale.

    Les quatre modèlesd’interactivité entre les quatre passagers – Les Produits frais

    •    Oriane Hurard, productrice pour Les Produits Frais a soutenu la création des « Passagers ». Une oeuvre multi-utilisateurs pensée pour le « in situ ». Une fiction interactive imaginée en quatre épisodes et conçue pour quatre spectateurs synchronisés. Les personnages ont été modelés en 3D temps réel repeints à la main. Plusieurs modalités d’interaction : au regard, à la voix, au toucher et au dessin. Les sièges de train sont espacés de deux mètres afin de respecter la distanciation sociale. « Nous soutenons la VR d’auteur », conclut-elle.

     

    Expérience des Nymphéas au musée de l’Orangerie

    •    Chloé Jarry, fondatrice de Lucid Realities, société de production spécialisée dans la réalité virtuelle, a présenté la création Claude Monet – L’obsession des Nymphéas de Nicolas Thépot, un exemple réussi de coproduction avec un musée, en l’occurence le musée de l’Orangerie et le musée d’Orsay. 11 000 utilisateurs en quatre mois d’exposition. Une série d’immersions créatives, de l’atelier de Giverny reconstitué, l’étang en toutes saisons, avec une séquence dans la pâte picturale du maître impressionniste.

    « The Enemy » est une expérience mixte, écrite par le journaliste photo-reporter Karim Ben Khelifa qui permet de provoquer une rencontre. Deux combattants se font face. La rencontre se vit avec un casque en réalité virtuelle. « C’est aussi une expérience sociale », témoigne Chloé Jarry.

    « L’Endodrome » (2019) de Dominique Gonzalez-Foerster

    « Endodrome » est une oeuvre de Dominique Gonzalez-Foerster présentée à la Biennale de Venise en 2019, première oeuvre en réalité virtuelle présentée à la biennale d’art contemporain. Les personnes entrent en même temps dans la salle. L’expérience cérémonielle à vivre multi-utilisateurs et en simultané. « Le musée devient diffuseur de ces oeuvres ne réalité virtuelle. »

    •    Anne-Sophie Braud, responsable du pôle Appui aux cultures numériques de l’Institut français – Médiation numérique dont la mission est de favoriser l’export des expertises françaises. L’Institut Français a présenté ses actions de soutien à l’export en faveur des professionnels français de la création numérique, et ceux de la médiation numérique en particulier. 

    Le Sélection VR référence une cinquantaine de structures privées et publiques exemplaires et représentatives des expertises que les professionnels français peuvent proposer dans le secteur de la médiation numérique afin de valoriser et promouvoir à l’international ces savoir-faire. Classées en trois thèmes – Fiction, Documentaire, Arts et Patrimoine -, les œuvres de la Sélection VR présentent par leur diversité de sujet et de forme une sélection représentative de la création française en matière de réalité virtuelle.

    Une rencontre à ne pas manquer avec Novembre numérique, un événement qui célèbre les cultures numériques sous toutes leurs formes. Spectacles, expositions, hackathons… déjà dans soixante pays et une centaine de villes en 2019. L’édition 2020 est consacrée à l’art numérique, en partenariat avec le festival Chroniques dédié aux imaginaires numériques.

    > Le forum Entreprendre dans la culture
    > L’Association des Producteurs d’Expériences Numériques (PXN)
    > culturevr.fr

  • L’éternité au coeur de la Biennale des imaginaires numériques

    L’éternité au coeur de la Biennale des imaginaires numériques

    A la Friche de Mai à Marseille et dans la ville d’Aix-en-Provence, les artistes du numérique livrent leur vision de l’éternité, du 12 novembre 2020 au 17 janvier 2021. L’île de Taïwan est le pays invité d’honneur avec onze talents émergents du Taiwan Contemporary Culture Lab (C-LAB). Des installations monumentales et des expériences collectives dans l’espace public. Des parcours liant spectacles, concerts et ouvertures d’expositions dans le centre aixois et marseillais.

    > Découvrez le programme Chroniques

    Singing Chen – Installation et réalité virtuelle