Cinq Césars en 2024 pour Le Règne animal. Qu’est-ce que la profession a salué ? La meilleure musique originale, les meilleurs costumes, les meilleurs effets visuels, le meilleur son ou encore la meilleure photographie. Le film de Thomas Cailley, sorti en 2023, a ainsi marqué le cinéma français. Retour sur son esthétique particulière.
Les mutations au coeur du film
Le réalisateur Thomas Cailley prend le contrepied de cette vision de la mutation avec un univers dystopique. Les mutations fictives deviennent réelles par le jeu des acteurs. Les costumes et les effets spéciaux. Le Règne animal prend presque la forme d’une fable. À la manière dont Jean de La Fontaine confère des qualités humaines aux animaux pour critiquer la société de son époque, Thomas Cailley donne aux humains des caractéristiques animales pour dénoncer les dysfonctionnements de son temps. « C’est très important de les regarder dans les yeux », a déclaré Thomas Cailley
L’apport du numérique
Pour rendre les créatures hybrides crédibles, le film fait l’usage d’effets numériques de VFX pour modifier l’image filmée. Les effets spéciaux sont importants pour donner des ailes à Fix, un humain-oiseau. Ils ne priment pas sur le maquillage, les costumes et les prothèses. Le réalisme est renforcé par les décors. En effet, ils sont tous réels. Le film a été tourné en Nouvelle-Aquitaine.
Une musique de film puissante
La bande originale est composée par l’Italien, Andrea Laszlo De Simone. Elle transcrit l’idée d’un retour à l’état sauvage par des jeux de souffles, de silences, de bruits de la nature et de percussions. Les percussions et le souffle permettent d’incarner l’ambiance générale. Cette omniprésence du motif du souffle, commun aux êtres humains et aux animaux, est symbolique. La respiration ralentit progressivement avant de revenir au silence de la contemplation et de l’écoute.