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lundi 21 septembre 2026
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Sollers : « Tous les arbres sont des Cézanne »

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Paul Cezanne, "La Montagne Sainte-Victoire au grand pin" Vers 1887 Courtauld Gallery, Londres

Pourquoi un écrivain comme Philippe Sollers est-il encore pertinent pour parler de Cézanne en 2026 ? La question se pose avec la parution, chez Gallimard, d’une nouvelle édition du Paradis de Cézanne. Raffiné, illustré de 60 reproductions couleur, le livre accompagne l’exposition « Cézanne et nous », présentée au Grand Palais à Paris du 23 septembre au 17 janvier.

L’enjeu dépasse le simple livre d’accompagnement. Philippe Sollers ne fut ni historien de l’art ni conservateur. Décédé en 2023, il fut un écrivain qui a fait de la peinture un territoire majeur de sa réflexion. C’est précisément cette position qui donne aujourd’hui son intérêt à son regard sur Cézanne.

Regarder autrement

Philippe Sollers s’est intéressé à de nombreux artistes, de Watteau à Picasso, de Fragonard à Francis Bacon ou Willem de Kooning. La peinture traverse ses essais et sa pensée. Il ne cherche pas à produire une lecture académique des œuvres. Ce sont des expériences personnelles du regard, du désir, du temps et de la pensée. Chez Cézanne, une montagne, un arbre, un visage ou une orange deviennent ainsi les éléments d’un monde à reconstruire. Cette lecture permet de sortir d’une vision souvent scolaire du peintre, réduit au rôle de Père de l’art moderne.

Cézanne contre les catégories

C’est ici que la voix de Sollers conserve sa force. Il se méfie des classifications qui enferment les artistes dans une succession de mouvements. Cézanne serait-il impressionniste, postimpressionniste, moderne ? Sollers déplace la question. Cézanne lui apparaît comme un peintre qui échappe aux catégories et oblige à modifier notre manière de voir. « Tous les arbres sont des Cézanne », affirme-t-il. La formule est moins une définition qu’une invitation à regarder. Elle dit aussi quelque chose de notre époque. En 2026, alors que les musées multiplient les expositions, les rapprochements et les lectures historiques, la parole d’un écrivain peut rappeler que l’œuvre ne se réduit pas à son classement. Elle demeure une expérience.

Une autre voix dans le débat

La pertinence du Paradis de Cézanne tient donc moins à une prétendue expertise de Sollers qu’à son point de vue. Il écrit depuis la littérature, avec ses outils et ses libertés. Son Cézanne n’est pas celui d’un catalogue raisonné. C’est celui d’un écrivain qui cherche ce que la peinture change dans notre rapport au réel. La nouvelle édition publiée par Gallimard intervient ainsi à un moment opportun. L’exposition du Grand Palais remet Cézanne au centre du regard public.

> www.gallimard.fr

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