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mardi 14 juillet 2026
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Raoul Dufy à Deauville : La mélodie du bonheur

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Les courses à Deauville, vers 1929. Dufy remporte un grand succès avec ses champs de courses à Deauville, où il séjourne régulièrement dans les années 1930.
Les courses à Deauville, vers 1929. Dufy remporte un grand succès avec ses champs de courses à Deauville, où il séjourne régulièrement dans les années 1930.

Les Franciscaines à Deauville présentent une exposition consacrée à Raoul Dufy (1877-1953), qui invite à découvrir l’artiste bien au-delà de l’image familière du peintre des régates et des plages. À découvrir jusqu’au 20 septembre 2026, elle marque un événement important : c’est la première collaboration entre Les Franciscaines et le Centre Pompidou. Le parcours rassemble près de 100 œuvres, dont plus de 60 peintures, provenant en grande partie des collections du musée d’art moderne. Dufy ne se limite pas à ses toiles les plus connues. Ses dessins, gravures, céramiques, créations textiles et aquarelles, tout comme sa relation à la musique, révèlent l’étendue de sa palette.

La mélodie du bonheur. Le titre de l’exposition fait penser à une référence de film : « il est à prendre à contrepied sinon avec humour », souligne Christian Briend, son commissaire, qui rappelle la joie qui, par-dessus tout, caractérisait Dufy. Son œuvre est habitée de musique, un thème essentiel, puisqu’il a représenté des violons, des orchestres, des concerts, des instruments ; de couleur, de fêtes baignées de soleil. Ses régates, ses plages normandes, ses courses hippiques, à Deauville, illuminent son univers.

Raoul Dufy, enfant. Autoportrait
Raoul Dufy, enfant. Autoportrait

Une enfance baignée de musique

Raoul Dufy est né au Havre, en 1877, comme Claude Monet, trente-sept ans après lui. Son enfance est la clé de toute son œuvre. Né, deuxième enfant d’une fratrie de neuf, la musique est omniprésente. Son père, employé dans une entreprise, dirige une chorale, et plusieurs de ses frères sont musiciens. Il grandit entre les quais du port, la lumière de la mer et les sonates de Mozart et de Beethoven, dans un milieu modeste. Contraint d’abandonner l’école, adolescent, pour devoir gagner de l’argent, il commence tôt à travailler et suit, néanmoins, des cours de dessin, le soir, à l’École municipale des beaux-arts de la ville. Son talent est rapidement remarqué par ses professeurs.

De cette enfance, il conservera toute sa vie trois sources d’inspiration : la Normandie, la musique et le bonheur de peindre la vie. Le charme solaire de cette exposition tient au fait d’avoir mis en lumière ce dialogue voluptueux entre peinture et musique, dans un parcours à la fois chronologique et thématique.

Trois baigneuses, 1919. Une peinture spectaculaire présentée par Dufy au Salon des Indépendants de 1920.
Trois baigneuses, 1919. Une peinture spectaculaire présentée par Dufy au Salon des Indépendants de 1920.

Des scènes de plages, de courses hippiques, de régates et de fêtes

Dès 1906, les débuts de Raoul Dufy sont influencés par l’impressionnisme et le fauvisme. Il met en avant des couleurs éclatantes, pour traduire une vision subjective du réel. Au fil de la déambulation, apparaissent les scènes de plages au Havre ou dans le Midi, de courses hippiques, de régates et de fêtes. Pour les portraits, Dufy fait poser des modèles ou des personnes de son entourage, exécute des commandes, comme cette fameuse scène d’une famille britannique – la famille du comte Harry Kessler qu’il fait poser à cheval – un portrait monumental, commandé en 1930.

Dans une salle de l’exposition, nous découvrons toute une production pour les arts décoratifs – vases, plats, carreaux de faïence – commencée dès 1924, avec le céramiste espagnol, Joseph Llorens Artigas (1892-1980). Installé à Paris à cette époque, ce dernier avait ouvert un atelier devenu rapidement un lieu de rencontres pour les artistes d’avant-garde. C’est là qu’il collaborait avec Raoul Dufy : Artigas façonnait les formes en grès ou en faïence et maîtrisait les émaux, tandis que Dufy créait les décors peints au dessin libre et coloré.

Série de carreaux en céramique (1ère en haut, gauche : Madame Dufy, au collier de perles, en 1924)
Série de carreaux en céramique (1ère en haut, gauche : Madame Dufy, au collier de perles, en 1924)

Deauville, un moment décisif dans la construction du langage pictural de Raoul Dufy

À Deauville, Dufy ne trouve pas seulement un sujet, il trouve le décor idéal où son langage pictural atteint sa maturité. La station balnéaire réunit tout ce qui nourrit sa peinture. Loin d’être juste un motif de villégiature, la station normande devient pour lui, à partir des années 1920 (il est à mi vie) un laboratoire pictural où convergent les recherches engagées depuis le fauvisme : l’autonomie de la couleur, la simplification du dessin, la recherche du mouvement. Lorsque Dufy revient sur la côte normande après la Première Guerre mondiale, Deauville est devenue l’une des plus belles capitales européennes des loisirs. La ville rassemble en un même lieu, régates, champs de courses, casinos, automobiles, élégances parisiennes et bords de plages.

Amphitrite, vers 1925. L’inspiration de Dufy se focalise souvent sur les rivages marins qu’il peuple de figures féminines allégoriques
Amphitrite, vers 1925. L’inspiration de Dufy se focalise souvent sur les rivages marins qu’il peuple de figures féminines allégoriques

Les Franciscaines de Deauville

Installées dans un ancien couvent de Sœurs franciscaines de la fin du XIXᵉ siècle, réhabilité par la Ville, et inauguré en 2021 – à quelques minutes à pied de la plage de Deauville -, les Franciscaines réunissent, dans un même espace élégant, outre le musée, une médiathèque, des salles d’exposition, un auditorium, des collections patrimoniales.

Infos pratiques  : L’exposition « Raoul Dufy : la mélodie du bonheur » est à voir jusqu’au 20 septembre 2026. 145 Bis avenue de la République, 14800 Deauville.Horaires : 10h30-18h30.
Réservations lesfranciscaines.fr
Commissariat : Christian Briend. Partenariat : Centre Pompidou.