À l’occasion de ses 70 ans, la Maison du Danemark de Paris a célébré son rôle d’ambassadeur culturel à travers une exposition rétrospective “Présence danoise”, du 10 avril au 2 mai 2025. Loin des discours politiques, l’institution montre comment le design danois, l’art et l’architecture ont servi une diplomatie fondée sur l’attractivité culturelle.
Sur les Champs-Élysées, au 142 de l’avenue parisienne, à deux pas de l’Arc de Triomphe, se dresse un bâtiment discret, élégant, dont les murs abritent une ambition autrement plus vaste que sa surface : celle de faire rayonner le Danemark par la culture. Depuis 70 ans, la Maison du Danemark agit comme une ambassadrice atypique. Elle ne parle pas politique, mais elle expose. Elle ne négocie pas de traités, mais présente du mobilier, des céramiques, des tableaux ou encore fait connaître la gastronomie. Elle incarne ce qu’on appelle aujourd’hui le « soft power », un pouvoir d’influence camouflé par l’attractivité culturelle et les valeurs partagées.
« C’est une vitrine, mais aussi un pont. Un lieu où les cultures dialoguent »
La diplomatie douce a été célébrée pendant l’exposition « Présence danoise – 70 ans de la Maison du Danemark », co-organisée avec l’ambassade du Danemark, invitant à redécouvrir les liens étroits qui unissent la France et le Danemark par le biais de l’art, le design et l’architecture. Car ici, depuis 1955, se joue une autre forme de dialogue international. Dès l’inauguration de la Maison, le roi Frederik IX a pour objectif que les objets parlent autant que les discours. Surtout dans une relation franco-danoise marquée par un attachement commun à la culture et à l’innovation.
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Le soft power de la diplomatie danoise toujours actif
Un dialogue qui continue aujourd’hui sa programmation ouverte sur l’architecture, le design durable ou la gastronomie mais aussi sur d’autres facettes d’une culture danoise qui s’exporte. « Jouez avec des LEGO, essayez la réalité virtuelle avec Heka VR et dégustez gratuitement des bières Mikkeller », invitait VisitDenmark pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024. Collée et construite pendant la même année, Frederikskirken, l’église danoise de Paris, rappelle qu’une influence culturelle peut passer aussi par les traditions et la communauté.
Alors que les diplomates des différents pays ont de plus en plus de mal à communiquer et que la mondialisation vacille sous le poids de ses propres limites. Depuis 1955, la Maison du Danemark démontre que la culture peut être un outil politique, et que l’art peut être une forme de langage diplomatique. Comme le disait Joseph Nye, politologue américain à l’origine du concept de soft power : « Le soft power, c’est la capacité d’obtenir ce que l’on veut par l’attraction plutôt que par la contrainte. »
Tim Maubon
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