« Graphisme en France n°32 – Livre(s) » réunit les contributions de plusieurs graphistes d’avant-garde. Trois auteurs : Gabriele Čepulytė, Vincent Tuset-Anrès et Jérôme Knebusch, avec un design graphique confié à Sarah Fenrich. Publié par le Cnap en mars 2026, ce 32e numéro explore le livre comme objet graphique à part entière.
Qu’est-ce qui fait encore un livre ?
À travers les recherches de la designeuse Gabriele Čepulytė, le livre dépasse son simple rôle de support. Sa fabrication, sa forme et sa matérialité participent à son sens. L’édition revient notamment sur des formes réduites à l’essentiel comme A minima de Didier Decoux ou le livre blanc, objet paradoxal qui « nie autant qu’il revendique l’existence du livre ». À une époque dominée par les écrans, « Graphisme en France » rappelle que le livre garde une présence physique forte. Il continue de déplacer, reclasser et repenser sa propre forme, invitant à une forme d’expérience du livre.
Le petit format, une grande force éditoriale
Cette réflexion se poursuit avec Jérôme Knebusch qui revient sur son attachement aux petits formats éditoriaux. Entre pamphlets, livres de poche et souvenirs des petits livres jaunes de la collection Reclam, il montre comment des objets modestes peuvent porter une forte identité. Derrière ces formats réduits apparaît une autre manière de penser l’édition : éditer, designer, imprimer et publier deviennent autant d’étapes d’expérimentation. Comme le rappelle Roman Seban : « il faut que cela reste un terrain de jeu, et un plaisir ».
Un livre à lire autant qu’à manipuler
Directrice artistique de l’édition, Sarah Fenrich, diplômée en 2023 de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne, prolonge cette approche sensible du livre. Couverture ajourée, manipulation, texture et attention portée à l’objet transforment la lecture en expérience physique. Cette idée réapparaît aussi dans les recherches de Vincent Tuset-Anrès sur l’édition japonaise. Reliures, papiers spécifiques ou nouveaux usages rappellent qu’on ne vient plus seulement pour acheter un ouvrage, mais aussi pour vivre une expérience autour de lui. Ici, le livre se lit autant qu’il se manipule.
L’usage créatif de la police Louize
Le caractère Louize, réinterprétation contemporaine de l’Augustaux dessiné par Matthieu Cortat, s’inscrit dans l’histoire typographique française tout en la prolongeant. Son usage permet de construire une page harmonieuse, où le caractère Venus+Acier dessiné par Jonas A. Renaud intervient avec élégance comme contrepoint.