Business Art : les coulisses d’un système

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La Gare Saint-Lazare est une série de douze toiles représentant la gare parisienne de Saint-Lazare, réalisées en 1877 par Claude Monet.

Dans un essai de 56 pages aussi pertinent qu’iconoclaste, le marchand d’art Pascal Naulet-Pallard décortique les rouages d’un monde où la création artistique se confronte aux impératifs du marché. A travers le livre « L’art et le fric », paru aux éditions Panthéon, l’auteur explore les dynamiques complexes qui régissent la création artistique et sa valorisation dans notre société contemporaine.

La préface signée par Véronique Grangé-Spahis, critique d’art et commissaire d’expositions, donne le ton de cet ouvrage singulier. Avec une plume incisive, elle rappelle que l’acte d’acheter de l’art transcende la simple acquisition d’un objet : « c’est une invitation à plonger dans un univers où la beauté, l’émotion et la réflexion se rencontrent. » Chaque œuvre devient « une fenêtre ouverte sur l’âme de l’artiste, un écho de ses pensées, de ses luttes et de ses triomphes. »

Fort de son expertise dans l’achat et la vente d’œuvres d’art, l’auteur offre au lecteur les clés pour comprendre comment les mouvements picturaux ont suivi « d’une manière quasi automatique l’évolution du chemin de fer en France en partant de Paris », des gares peintes par Caillebotte, Monet, Renoir ou Turner, jusqu’aux écoles de Barbizon, Chartres, Pont-Aven, et l’école de Collioure à Perpignan.

L’ouvrage démontre comment la révolution mécanique et artistique s’est achevée par la création de galeries et de galeristes qui ont canalisé ces différents styles, donnant naissance à l’époque du « business art ». À partir de ce moment-là, explique Pascal Naulet-Pallard, il n’y eut plus de limites à l’achat et à la vente de tableaux, à la spéculation artistique et au marketing moderne de la promotion d’œuvres.

Comme le souligne Véronique Grangé-Spahis, les pièces que nous choisissons de collectionner « deviennent des témoins de notre histoire personnelle, des souvenirs tangibles que nous transmettrons aux générations futures. » En achetant de l’art, nous n’acquérons pas qu’un objet : nous investissons dans une mémoire collective, une continuité qui transcende le temps.

INFORMATIONS PRATIQUES
Titre : L’art et le fric – Monet is money
Auteur : Pascal Naulet Pallard
Préface : Véronique Grangé-Spahis
Éditeur : Éditions du Panthéon www.editions-pantheon.fr